Le sionisme : Théologie de la conquête et de la terreur 1
Par Lakhdar Ydroudj
Conformément aux lois de ‘Etat fédéral et qui exerce de façon publique, a l’oppose des activités des groupes de pression. Le point le plus important à notre sens est celui du lobbying politique et diplomatique qui combine avec les efforts sionistes à faire ressentir au monde occidental un sentiment de culpabilité pour la persécution des juifs, a abouti à une sympathie hypocrite des pays occidentaux.
Le lobbying est une mission dédiée à toutes les institutions sociopolitiques, économiques où para militaires entretenus par l‘Etat israélien dans les capitales occidentales les plus influentes sur la decîsion internationale. Nous avons déjà évoque le travail mobilisateur des associations juives et sionistes dans nos précédents études et son alliance avec les groupes de pouvoir au Etats Unis d’Amériques, notamment depuis l’arrivée des néocons et qui a commence avec l’ère du président Roland Reagan. Durant le mandant du précèdent Sénat au moins onze membres étaient juifs sur les cent membres au total, alors que la population juive ne dépasse guerre les 20/o de la population américaine. Un des plus important rédacteur des discours du président Georges Bush est un « Think Tanker » très proche des thèses sionistes. Il s’agit de Davîd Frum a qui beaucoup de chercheurs attribue le mérite de réinventer la notion de l’axe du mal. Sur le même plan des visites sont organisées par les associations sionistes pour les membres du Congres et du Sénat afin de pouvoir mobiliser la décision politique en faveur de ‘Etat sioniste.
Les outils du lobbying sioniste
Le sionisme est à la fois une doctrine et une stratégie de colonisation et d’expansion aux dépens des pays de la région moyenne-orientale puisqu’elle cherche à établir un foyer pour tous les juifs éparpillés dans le monde. La notion de stratégie exige, donc, la mise en œuvre de moyens adéquats pour atteindre les objectifs tracés. Pour les besoins de cette étude, on retiendra les points suivants pour illustrer le travail de cette doctrine et sa puissance mondiale à dominer les institutions les plus redoutables du monde.
Lobbying associatif
Il faut peut-être éclairer le lecteur sur la notion de lobby au Etats-Unis et qui est une véritable institution à caractère politique, économique, industriel ou scientifique qui exerce conformément aux lois de l’Etat fédéral et qui exerce de façon publique, à l’opposé des activités des groupes de pression. Le point le plus important à notre sens est celui du lobbying politique et diplomatique qui combine avec les efforts sionistes à faire ressentir au monde occidental un sentiment de culpabilité pour la persécution des juifs, a abouti à une sympathie hypocrite des pays occidentaux. Le lobbying est une mission dédiée à toutes les institutions sociopolitiques, économiques où paramilitaires entretenues par l’Etat israélien dans les capitales occidentales les plus influentes sur la décision internationale. Nous avons déjà évoqué le travail mobilisateur des associations juives et sionistes dans nos précédents études et son alliance avec les groupes de pouvoir au Etats-Unis, notamment depuis l’arrivée des néocons et qui a commencé avec l’ère du président Roland Reagan. Durant le mandant du précèdent Sénat, au moins 11 membres étaient juifs sur les 100 membres au total, alors que la population juive ne dépasse guère les 2% de la population américaine. Un des plus importants rédacteurs des discours du président Georges Bush est un « think tanker » très proche des thèses sionistes. Il s’agit de David Frum à qui beaucoup de chercheurs attribuent le mérite de réinventer la notion de l’axe du Mal. Sur le même plan, des visites sont organisées par les associations sionistes pour les membres du Congrès et du Sénat afin de pouvoir mobiliser la décision politique en faveur de l’Etat sioniste. C’est ainsi que, sous l’influence, de l’AIPAC et d’autres institutions que des lois contre ont été signées et adoptées par le pouvoir législatif américain, notamment le classement du gouvernement palestinien issu du Hamas comme gouvernement terroriste, tout en imposant un embargo international sur l’aide aux Palestiniens y compris celles de l’Europe. Il est indispensable d’éclairer le lecteur que les efforts sionistes aux USA ont abouti en 2005 à la création d’une énième association, en l’occurrence Christian’s United for Israël (CUFI), dédiée à l’encadrement et à la mobilisation des chrétiens pour la cause sioniste, soit par le soutien financier, moral et religieux. Cette association a pour objectif le lobbying religieux au sein des évangéliques et l’implication des plus hautes autorités américaines pour mettre en route la nouvelle caravane religieuse sioniste-chrétienne. Cette union a abouti, suite aux efforts déployés depuis longtemps par les faiseurs de décisions, qui ont poussé à une collaboration entre le Pentagone et Tsahal pour fédérer plus de 50 millions d’évangéliques en militants de la cause de l’Exodus par des célébrations annuelles pour la collecte de fonds. Selon le site de cette union, les donations américaines, en octobre 2006, durant la messe de la première nuit pour honorer Israël, sous la généreuse protection du pasteur John Hagee, la collecte de fonds a dépassé le seuil de 7 millions de dollars. On n’a pas besoin de deviner la location du siège de cette association religieuse, puisque c’est la ville du Texas, un gouvernorat faisant partie de la ceinture biblique extrémiste. Sur le plan politique, plusieurs décideurs dans les institutions américaines, en général sont acquis aux thèses les plus extrémistes des sionistes. On cite à titre d’exemple, un expert de la désinformation et du racisme, un décideur et concepteur des théories de la déportation des Palestiniens et, enfin, un éradicateur des territoires arabes et l’humiliation des Arabes et des musulmans : Daniel Pipes, partisan de l’écrasement des Palestiniens, rejette l’idée d’un Etat palestinien, qui serait un « cauchemar » pour ses habitants. Selon lui, cette solution « ferait plus de tort aux Arabes qu’aux Israéliens », car les Palestiniens seraient contraints de vivre sous le joug d’une organisation terroriste, l’OLP de Yasser Arafat. Sur un autre registre, il affirme « que les musulmans sont inassimilables aux USA et préconise leur exclusion de la fonction publique et des armées. Organisateur de la « chasse aux sorcières intellectuelles » sur les campus, il a fait exclure des universitaires favorables aux droits des Palestiniens, ce qui lui a valu d’être nommé par le président Bush membre du conseil d’administration du United States Institute for Peace (USIP), un autre think tank à la mesure des ambitions des néocons, financé par le Congrès pour des objectifs belliqueux tels que « promouvoir la prévention (il faut comprendre la guerre permanente), la gestion et la résolution pacifique des conflits internationaux (ici, il s’agit de l’intervention militaire directe ou indirecte) ». Son racisme antiarabe lui a valu d’être sélectionné comme un des 50 juifs américains les plus influents, selon le journal juif The Forward. C’est un partisan du contrôle systématique des Américains de confession musulmane par le biais du bracelet électronique et de la mise sous écoute de toutes leurs conversations. Ils encouragent les Etats européens à faire la même chose contre la communauté musulmane établie sur le Vieux Continent. Daniel Pipes a inculqué aux médias étasuniens le corps d’analyse désinformateur qui consiste : « Tous les musulmans ne sont pas des terroristes mais tous les terroristes sont musulmans. » • Richard Perle, conseiller de Benjamin Netanyahu, puis de Donald Rumsfield, directeur du Jérusalem Post et homme d’affaires, milite pour la déportation des Palestiniens en Irak. Collaborateur des administrations républicaines, il est une véritable source de la haine contre les Arabes. Surnommé le « prince des ténèbres » pour son travail persuasif des coulisses au sein des instances internationales. Soviétophobe de renom, il est le forgeron du consensus de la guerre contre l’Irak et un fervent défenseur de l’idée d’anéantir la Syrie et l’Iran pour sécuriser le front antisioniste qui résiste à l’hégémonie américanosioniste dans toute la région. Il est passé par 12 think tanks conçus pour proposer les solutions sécuritaires pour l‘Etat sioniste le Jewish Institute for National Security Affaires. Il est aussi cosignataire de la lettre pour le président Clinton pour démembrer l’Irak, en 1998, avec le groupe qui comprenait des néocons actuellement dans le cabinet bushiste. (Elliott Abrams, John Bolton, Zalmay Khalilzad, Peter Rodman, Donald Rumsfield, Robert Zoellick et Paul Wolfowitz). Elève studieux du sionisme mondial, il adhère volontiers à la thèse de l’épuration ethnique contre les Palestiniens en particulier et les musulmans en général. Convaincu de la mission sioniste, il apporte son appui à toutes les entreprises pour accentuer le terrorisme de l’Etat. Douglas Feith lauréat de l’Organisation sioniste américaine (ZOA). Sous-secrétaire à la Défense, partisan de l’annexion par Israël de tous les territoires palestiniens et de la déportation des populations de Ghaza et Cisjordanie en Irak. Il est coauteur d’un document de stratégie en 1996, commandé expressément par le sioniste Benjamin Netanyahu et intitulé Rupture franche Une nouvelle stratégie à même de garantir l’empire ; (Clean Break : A new strategy for securing the realm) (disponible sur le sitehttp://www.israeleconomv.org/stratl.htm). C’est un document très audacieux mais surtout arrogant au point où il remet en cause l’existence même de la Syrie il propose aussi de la détruire, de rejeter la paix contre la terre, de salir les musulmans par l’attribution des mauvais coups dans le monde à l’Islam et d’installer un gouvernement « ami » dans les pays limitrophes d’Israël. Il est aussi l’auteur du rapport mensonger sur la relation entre le régime baâthiste en Irak et le groupe d’Al Qaîda. Il a travaillé dans les cabinets successifs des présidents américains depuis Ronald Reagan. Son concept de « guerre totale » de la dernière décennie du XXe siècle fut adopté par le cabinet Bush sous le vocable de guerre contre le terrorisme, dans lequel il préconise de détruire tout Etat qui manifeste une quelconque opposition contre les intérêts établis des Etats-Unis. La liste est très longue pour énumérer tous les noms de responsables américains favorables à l’extermination des Palestiniens et l’humiliation des Arabes et des musulmans, mais ce qui nous intéresse dans cette étude, c’est aussi la portée de l’influence sioniste sur la France notamment, puisque celle-ci a reconquit un peu le rôle fédérateur de l’Europe. Le dernier résultat du lobbying sioniste est sans doute la plus grande réussite après la création de cette entité en Palestine. Il concerne le projet de loi américain pour une résolution qui condamne toute tentative de nier l’Holocauste. La rédaction de cette résolution a nécessité la contribution de plus de 70 pays. Promue par le parrain mondial du sionisme et l’adhésion de plus 120 pays, cette résolution a pu faire autour d’elle un consensus, ce qui signifie que le monde se dirige vers une « sionicratie » qui sélectionnera les races qui lui serviront et s’engagera à créer un holocauste contre les arabes en Palestine, Syrie, Liban et partout où ses intérêts seront menaces.
Le sionisme en France
L’impact sioniste sur la classe dirigeante est très important sur la politique française infiltrée par un courant proisraélite flagrant. Durant une conférence de presse, à l’issue de sa réception du lobby sioniste, le 17 novembre 2003, le président Jacques Chirac prend une position claire et partielle en déclarant la guerre aux personnes ou aux institutions qui osent s’attaquer aux juifs. « Quand on s’attaque en France aux juifs, il faut bien comprendre que c’est à la France toute entière qu’on s’attaque. Depuis des siècles, nos compatriotes juifs sont en France chez eux comme chacun de nos compatriotes ». De son côté, un Premier ministre en exercice à l’époque reprend à son compte et celui de tout le gouvernement français cette position en indiquant : « Le chef de l’Etat et le gouvernement que j’ai l’honneur de diriger ont pris et prendront toutes les mesures nécessaires pour que cessent ces agressions qui insultent notre pays. Nous poursuivrons sans relâche leurs auteurs afin qu’ils soient punis. (...) l’Etat s’est engagé avec détermination dans la création de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Avec sa présidente, Mme Simone Veil, son rôle pour la perpétuation de la mémoire est essentiel. Je compte sur son action, elle peut compter sur notre soutien. (discours prononcé par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, le 21 juillet 2002, à Paris, lors de la commémoration du 60e anniversaire de la rafle du Vélodrome d’Hiver).On ne voudrait pas énumérer les positions officielles françaises dans ce domaine, mais on se demande à travers ces deux déclarations, si la laïcité de l’Etat français n’est pas totalement pervertie et pourquoi les observateurs n’entendent pas de telles déclarations lorsqu’il s’agit d’attaque contre les symboles de l’Islam ou l’insulte du Prophète(QSSSL) de l’Islam. Dans le même contexte, il est légitime de se demander pourquoi crime contre un citoyen français de confession juive mobilise la totalité de la classe dirigeante y compris le président de la République, au moment où le Franco-arabe, l’Africain ou l’Asiatique tué de sang-froid par les groupes extrémistes n’a aucun droit de cité et l’acte criminel est tout de suite classé dans la rubrique des faits divers. On peut défiler plusieurs questions de la même configuration, mais ce qui important à noter concerne l’alliance contre-nature de deux tendances diamétralement opposées. D’un côté, des valeurs dites démocratiques de la France comme un pays qui est souverain et de l’autre, un courant idéologique sioniste qui a un penchant dénominateur de la liberté et de la diversité politique, religieuse et culturelle. Un autre détail très important est sans aucun doute la nomination d’un conseiller du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, en l’occurrence, Arno Klarsfeld, juriste français mais aussi réserviste de l’armée israélienne. Le Conseil représentatif des institutions juives de France a un pouvoir équivalent à celui d’« American Isreal Public Affairs Committee » (AIPAC) considéré comme un lobby national, qui a « droit de participer aux travaux des commissions parlementaires, d’élaborer des propositions de résolutions ou de lois à soumettre ensuite au vote du Congrès, de nommer des membres dans les cabinets des élus. Ainsi, tel sénateur ou tel représentant peut avoir officiellement un salarie de l’AIPAC au nombre de ses collaborateurs directs les plus proches.(8)Durant un autre dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) le 12 février 2005, M. Raffarin, alors Premier ministre, était accompagné d’une quinzaine de ses ministres, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, les responsables de tous les partis politiques et les représentants des syndicats et surtout des ambassadeurs arabes tels que celui de l’Egypte, de Mauritanie, de Jordanie : « Vous pouvez avoir confiance en la France parce que vous avez été la France, parce que chacun d’entre vous détient une partie de ce bien commun qui est notre pays ». Ce dîner a aussi été l’occasion pour le Premier ministre français d’annoncer son prochain voyage en Israël, dont la principale mission concernait l’inauguration du nouveau mémorial de Yad Vashem (le Mémorial de la Shoah à Jérusalem). C’est aussi sous la pression permanente du CRIF que le Conseil supérieur à l’audiovisuel a pris la décision de poursuivre la chaîne Al Manar pour antisémitisme. La vitesse avec laquelle ce dossier a été traité et expédié vers le judiciaire démontre la grande puissance de ce lobby au sein même de l’appareil législatif et judiciaire. En effet, c’est le 31 janvier 2004, que le Premier ministre français Raffarin, « invité au dîner annuel du CRIF, déclare avoir visionné la cassette vidéo préparée par les forces armées israéliennes en compagnie de son ministre Nicole Guedj(9), par ailleurs conseillère du CRIF.
(A suivre)
Notes :
(8) Comaguer : « Comment fonctionne le lobby sioniste aux USA », disponible sur le site http://www.http://www.mondialisatiOn.ca consulte en octobre 2006.
(9) Nicole Guedi est née en Algérie dans une famille juive. Elle est administratrice du Consistoire central de France, institution juive qui a pour tâche d’organiser le culte hébraïque et apporter son soutien à Israël. Elle est aussi membre actif du CRIF ayant influencé et aiguillé la commission Stasi sur la laïcité qui a abouti et justifie l’interdiction du voile islamique dans les écoles françaises publiques. Il annoncé à son auditoire son intention de changer la législation de manière à permettre au CSA et au Conseil d’Etat d’interdire administrativement AI Manar sans attendre que la chaîne soit jugée ou condamnée pénalement. La précipitation du Premier ministre ne s’explique que par sa conviction que l’accusation portée contre Al Manar est outrancière et que la justice pénale ne prononcera aucune sanction. Pour satisfaire ses hôtes, il choisit donc d’introduire une loi d’exception. C’est sous l’impact des activistes et militants du Crif qui pousse l’opinion publique française à se demander si le Crif n’est un gouvernement parallèle à celui de la République française du moment qu’il a vraisemblablement une autorité sur les émotions et les indignations, il contrôle la pensée et régie l’octroi de la carte du nationalisme et patriotisme aux Français. On ne voudrait pas s’attarder sur les faits qui confirment l’influence grandissante du lobby sioniste en France, mais relever le fait que si les organisations juives et sionistes maintiennent la pression sur les institutions officielles, la situation serait semblable à celle des Etats-Unis où la prise de décision ne se fera plus sans en référer au lobby sioniste. Voici quelques exemples de ces associations qui ont pignon sur la faisabilité de la décision politique française : Congres Juif Mondial, American Jewish Diffamation, Congres Juif Européen, Consistoire central de Paris, Agence juive, Likoud de France-, KKL de France, La WISO. (Une association féminine des œuvres caritatives des femmes sionistes qui regroupe plusieurs associations), le Betar (milice), la Ligue de défense juive (milice), Service protection de la communauté juive, Clubs Krav Maga-Action-Police (CFTC)- Union des étudiants juifs de France (Opération « surveille ton net »)- Mouvement Siona, (Collectes de fonds en soutien à Tsahal). Le sionisme veut faire fonctionner le monde selon le principe : « Celui qui est contre moi est un antisémite ».
Les laboratoires de pensée think tank
La mise en œuvre de la politique israélienne est élaborée dans des institutions scientifiques qui travaillent selon la ligne sioniste politique et religieuse à laquelle adhèrent la plupart des boîtes à penser américaines, connues pour leur alignement sur la tendance politique sioniste de l’Etat israélien. Soumise à une idéologie de pensée prédéfinie par les dirigeants acquis à la cause sioniste, la production scientifique des boîtes à idées sont de véritables armes de prise de d’orientation et d’influence au sein des instances de tous les paliers impliqués dans la décision stratégique américaine. C’est la recette du succès sioniste sur le double plan politique intérieur et extérieur américain. L’influence est permanente sur la presse, les législateurs, les élites politiques, sur les institutions économiques et politiques, les organisations internationales, la société civile, l’opinion publique. Les boîtes à idées sont génitrices d’idées épousées par l’élite dirigeante pouvant être assimilées à de véritables programmes d’Etat au service exclusif du sionisme. Le programme actuel du président Georges Bush s’est largement inspiré des travaux de recherche du Project for the New American Century (PNAC) qui est à l’origine de la guerre des civilisations, l’invasion de l’Irak, la destitution des talibans et de la croisade contre le terrorisme qui n’est qu’une croisade contre l’Arabe et le musulman. C’est aussi le cas de l’institut spécialise des relations internationales au niveau du Moyen-Orient, en l’occurrence, Washington Institute for Near East Policy (Winep) fondée par Martin Indyk, un des idéologues qui ont été employés par l’AIPAC. Un bon nombre de l’état-major du président actuel des Etats-Unis ont été employés par des boîtes à idées prosionistes, à l’instar de Richard Perle, Paul Wolfowitz, ou ont des relations « scientifiques » avec d’autres boîtes à idées qui collaborent très étroitement avec le Winep. Le point de vue du Winep est systématiquement repris dans US News & World Report et dans The New Republic, dont les dirigeants ou propriétaires, MM. Mortimer Zuckerman et Martin Peretz, font partie du conseil de cette organisation »(10). Les décideurs de la Maison-Blanche admettent volontiers l’impact des boîtes à idées dans la conception de la politique guerrière et préventive américaine, notamment depuis que le président républicain Ronald Reagan a contrôlé la Maison-Blanche. C’est sous le règne des démocrates, surtout après le refus du président Clinton de satisfaire leurs revendications de contrôle militaire de l’Irak, que les néoconservateurs ont tissé le réseau de la domination du monde à travers la promotion de leurs idées dans le milieu exécutif du Congres et du Sénat, tout en s’aliénant une presse prédisposée à épouser toutes les thèses du colonialisme et de la guerre préventive contre l’ennemi réel ou imaginaire. Le travail des néocons a été accompli grâce à la mise en place où à l’exploitation de la voie scientifique pour convaincre. C’est ainsi que les relations
(10) Beinin Joel : « Un think tank au service du Likoud », In Le Monde Diplomatique, juillet 2003.
enchevêtrées les uns aux autres ont réchauffé les théories du colonialisme, de la guerre préventive et surtout de la notion du bien contre le mal. On citera entre autres boîtes à idées dédiées exclusivement à l’endoctrinement et à la désinformation l’American Entreprise Institute (AEI), le Middle East Media Research Institute (MEMRI), Hudson Institute (HD), Washington Institute for Near East Policy (WINEP), Middle East Forum (MEF), Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA), Center for Security Policy- (CSP) sous l’égide et la bienveillance du Project for New American Century (PNAC). Notons aussi que l’exécution des projets sionistes au Moyen-Orient a été possible par la grande pénétration de des juifs sionistes dans les différentes administrations de l’exécutif étasunien notamment dans le département d’Etat des Affaires étrangères ou Goldberg révèle Jewish Power, remarque qu’en « 1991, au point culminant de la confrontation du gouvernement avec Israël, pas moins de sept des dix-neuf secrétaires-adjoints au département d’Etat étaient juifs » (11).
Sources El Watan
Posté par Adriana Evangelizt
par Raphaëlle Rérolle
Le Monde
Où en sont-ils du rêve de leurs pères ? Et de quelle charge (émotive, intellectuelle, idéologique) est encore lesté le mot "sionisme" pour les jeunes écrivains d'Israël ? Comme la majorité de leurs compatriotes, hommes et femmes, ils ont effectué leur service militaire. Vécu, de près ou de loin, les combats, les menaces et les secousses qui sont le lot quotidien de leur pays, depuis ses premiers jours. Et entendu l'histoire officielle, telle qu'on la raconte à l'école. Avant eux, la génération qui les précède, Amos Oz, Abraham Yehoshua, David Grossman pour les plus connus, a toujours défendu le sionisme, même en critiquant les gouvernements. Alors ? Au bout du compte, et même quand ils se disent encore profondément sionistes, ils le sont d'une manière qui laisse de la place aux doutes. Et à l'"Autre".
"Quelle est notre identité réelle ?", se demande Alon Hilu (né en 1972), dont la famille est venue de Damas et qui a passé son enfance à essayer de desserrer le noeud de contradictions qui l'étranglait : Damas, terre de ses origines, était devenu "le lieu de l'ennemi". Sa génération, dit l'auteur de La Mort du moine (Seuil), a "plus le sens de la faute" que les précédentes et plus de propension à s'interroger. "Qu'est-il arrivé aux Palestiniens après 1948 ? Se sont-ils enfuis, comme on nous l'a appris à l'école, ou ont-ils été chassés ?" Lui se "définit comme sioniste", mais aussi comme un "Arabe israélien", qui a cherché à connaître, pour les besoins de son deuxième roman, "l'emplacement des villages palestiniens qui ont été détruits au moment de l'urbanisation de Tel-Aviv". Et qui a fait d'un enfant palestinien doué de voyance le héros de ce livre.
Pour Eshkol Nevo (né en 1971), petit-fils d'un ancien premier ministre israélien, les sens uniques ne sont plus d'époque. "On nous a transmis une seule histoire, celle qui était vue du côté israélien, explique-t-il. La Naqba n'était pas un sujet au programme." La Naqba, autrement dit la "catastrophe", qui correspond pour les Palestiniens au jour anniversaire de la création de l'Etat d'Israël. Dans le cas d'Eshkol Nevo, la mise en scène de la parole de l'"Autre" a constitué un défi littéraire : pour créer un personnage palestinien dont la famille a perdu sa maison, dans Quatre maisons et un exil (Gallimard), l'auteur a dû faire des recherches et s'immerger, physiquement, dans l'écoute de la langue arabe. A chacune des conférences qu'il a données pour son livre, des voix juives indignées se sont élevées dans la salle, pour protester contre sa représentation de l'histoire - jusqu'à l'arrêt forcé de la séance, parfois.
"SENS DE LA FIERTÉ NATIONALE"
Pourtant, Eshkol Nevo (et bien qu'il garde un souvenir "honteux" de la période où il fut soldat, pendant la première Intifada) se revendique "non pas postsioniste, mais sioniste, très concerné par l'histoire d'Israël et fier du projet israélien". Même si, dit-il, il est "critique". Moins affirmatif, Ron Leshem (né en 1976) répond d'un air un peu rêveur à la question. "Si je suis sioniste ? Je suppose que oui, mais, au fond, je ne suis pas sûr de savoir exactement ce que c'est." Auteur de Beaufort (Seuil), roman social mais aussi très politique, il a le sentiment d'appartenir à une génération encore très jeune, qui n'a pas vraiment eu le temps de se forger une opinion. "Tout ce que je veux, affirme-t-il, c'est raconter des histoires et toucher mes concitoyens, et eux d'abord. Ici, c'est chez moi. J'aime cet endroit."
Rien d'aussi simple pour Alona Kimhi. Née en 1966 à Lvov, en Ukraine, et arrivée à Tel-Aviv à l'âge de 7 ans, l'auteur de Moi, Anastasia (Gallimard) déclare tout de go : "Je ne suis pas sioniste. J'appartiens à un monde beaucoup plus cosmopolite." Celle qui glisse facilement des "nous, les Russes" dans la conversation dit être influencée par la langue de Tolstoï jusque dans sa syntaxe et se vit comme "juive plus qu'israélienne". "Le sens de la fierté nationale a beaucoup baissé, affirme-t-elle. La guerre du Kippour, en 1973, a été un tournant."
Oui, mais "pourquoi devrait-on toujours avoir des doutes sur notre propre existence." ? C'est Orly Castel-Bloom (née en 1960) qui parle. Et qui, du haut de la génération tout juste précédente, n'hésite pas à proclamer qu'elle a "toujours considéré l'existence d'Israël comme un fait, et non une question. Le sionisme est un mouvement, donc il faut bouger". Entre elle et ceux qui la suivent, il n'y a guère plus que quelques années, mais beaucoup de fêlures. Et ce qu'il faut de divergences pour faire une époque nouvelle.
Sources Le Monde
Posté par Adriana Evangelizt
Ne blâmez pas les détenus de l’asile d’aliénés
Par Alan Hart
Certains juifs israéliens et d'autres adversaires de l’entreprise coloniale du Sionisme ont décrit Israël comme un Etat "fasciste".
Je pense que la terminologie la plus appropriée est l'asile d'aliénés. Mais je ne blâme pas les détenus (les citoyens juifs de l'Etat) de ce qui se passe. Ils sont autant les produits du lavage de cerveau sioniste que les partisans d'Israël bons ou mauvais dans le monde judéo-chrétien des Gentils (Non-Juifs). Je blâme les gardiens et la direction de l'asile (l'armée et les dirigeants politiques israéliens)
Les dirigeants israéliens estiment encore que par la force brutale et en les réduisant à une pauvreté abjecte, ils peuvent briser la volonté des Palestiniens à poursuivre leur lutte pour leurs droits.
L'hypothèse étant qu’à un moment donné, lorsqu’ils seront totalement désespérés, les Palestiniens seront prêts à accepter les miettes de la table du sionisme, sous la forme de deux ou trois bantoustans, ou, mieux encore, qu’ils abandonneront leur patrie pour se faire une nouvelle vie dans d'autres pays.
A mon avis, la conviction que le sionisme parviendra, un jour, à briser la volonté des Palestiniens de poursuivre la lutte pour un minimum acceptable de justice est le fruit d'esprits sujets aux délires et dignes d’être enfermés.
Cependant, il existe un solide élément de preuve que la majorité des Juifs israéliens ne sont pas aussi fous que leurs dirigeants. En effet, 64% d'entre eux ont déclaré que leur gouvernement devait négocier directement avec le Hamas. Moins d'un tiers, soit 28%, s'opposent à de telles négociations. (Ce sont les conclusions d'un sondage Ha’aretz-Dialog.
Il a été effectué, sous la direction du professeur Camil Fuchs de l'Université de Tel Aviv, avant l'escalade de la confrontation israélienne avec le Hamas dans la Bande de Gaza, et peut-être que maintenant, en raison de la condamnation internationale d'Israël suite à son action disproportionnée de ces derniers jours, plus de 64% sont en faveur des négociations directes avec le Hamas).
D’autre part, il y a aussi le fait que le Hamas demande depuis longtemps une trêve ou un cessez-le-feu, qui, dit-on, pourrait être prolongé indéfiniment. Le problème est que les dirigeants du Hamas insistent – et ils seraient aussi fous que les dirigeants israéliens s’ils ne le faisaient pas – sur le fait qu'un cessez-le-feu doit être dans les deux sens.
Et cela se traduit par l’arrêt des incursions israéliennes dans Gaza et le renoncement à sa politique d'assassinats ciblés.
Les dirigeants israéliens ne vont pas le faire. Leur stratégie actuelle pour la bande de Gaza est de transformer en enfer la vie de ses habitants dans l'espoir qu'ils abandonnent le Hamas.
Et si cela ne se produit pas? Israël s'emploiera à annihiler le Hamas. Je peux dire totalement et non pas peu à peu.
Question : Quand est-ce qu’ un crime de guerre n'est pas un crime de guerre?
Réponse : Lorsque l'auteur est l'Etat sioniste d'Israël.
Source : http://www.informationclearinghouse.info/
Sources ISM
Posté par Adriana Evangelizt
Très beau texte... poignant... mais c'est tout à fait ça.
Lettre d’un parachutiste réserviste israélien
à son «ami» palestinien ou Lettre à Iyad
Par Itamar LEVY
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Me voici, je viens vers toi, Iyad. Dans la sacoche noire que tu as offerte à Gili pour son anniversaire, j’ai mis mon âge, ma conscience, et mon amour pour Eretz Israël. Pour Isralestine, comme tu l’appelles.
Voici, je viens à toi, Iyad. Ne m’attends pas devant la porte de ta maison. Je ne viens pas te rendre visite.

Dans la sacoche noire, je n’ai pas apporté des journaux et des graines de tournesol et du gâteau au fromage que tu aimes tant. Gili y a rangé des chaussettes de laine, des lames de rasoir, des bougies, le Docteur Jivago, mon carnet militaire, ma plaque d’identification, et mes bottes mauves de parachutiste.
Ne m’attends pas, Iyad. Ne m’observe pas de ta fenêtre assiégée. Je ne viens pas en copain. Si tu me rencontres dans ta rue, ne me souris pas. Un de ces jours, je frapperai sûrement à ta porte. Je ne me présenterai pas en ami mais en représentant du pouvoir juif occupant, et je vérifierai ton comportement. Ne me jette pas une pierre. Ne me dis pas «raciste». Tu sais quels sont mes sentiments à ton égard.
Si je te vise dans la lunette de mon fusil, ce n’est pas parce que tu es arabe. Si je matraque tes organes génitaux, ce n’est pas à cause de ta religion.
(…)
Dès mardi, Abû Âdel, j’obéirai aux ordres. Je recevrai une matraque en bois et des balles en caoutchouc. Je me munirai de grenades lacrymogènes et d’un casque. J’inscrirai mon nom sur un bouclier et sur une paire de menottes.
Si cela s’avère nécessaire, Iyad, j’aspergerai ta maison de gaz lacrymogènes, j’aspergerai ton fils unique, Âdel, qui est un fils pour moi. Et aussi ta compagne Khadija, qui porte en son sein celui qui portera mon prénom – tu me l’as promis. Je grimperai sur ton toit, et je brûlerai soigneusement le drapeau palestinien que Gili a brodé pour toi. Si on me le demande, je t’enterrerai vivant sur la plage, je collerai mon arme à ta tempe et je te ferai exploser en milliers de petites pensées. Car je suis un soldat, Iyad. Et mon père est un soldat, Iyad. Et mon frère est un soldat, Iyad.
Sors dans les rues de ta patrie, mon frère, et proclame la nouvelle : Voici les «Marines», voici les «Démons rouges», voici les «Coquelicots», voici les «Anges de la mort», voici la «Horde», voici les «Bandits», voici les «Commandos».
Vous allez regretter les enfants de l’armée régulière. Vous allez espérer le retour des gardes-frontières. Car nous, les vieux réservistes, nous n’allons rien laisser passer. Nous, sache-le, nous aimons obéir.
Et après la fin de la période de réserve, nos relations redeviendront comme avant. Nous rejouerons aux dames sur le tapis du salon. Nous mangerons de la soupe de maïs et du canard à l’ananas, et nous achèterons des Time chez Baba. Et ensuite, avant que vous rentriez dans votre pays, nous passerons la cigarette de la paix de main en main, et nous écouterons encore une chanson de Poliker, et une de Méïr Banaï, que tu aimes tant.
Mardi, Iyad, j’encerclerai ta maison avec mes hommes. Et s’il te prenait l’envie d’aller rendre visite à ma famille, je t’arrêterai au barrage. Je te mettrai un bandeau de flanelle sur les yeux, selon les ordres, et j’enverrai un de mes amis punir les parties les plus sensibles de ton corps, devant le mur de la mort. Et il ne servira à rien de me rappeler le verdict du procès de Kafr-Kassem.
Si l’ordre m’est transmis selon la voie hiérarchique, je vous ferai mettre en rang, et je tirerai.
Parce que je suis un citoyen. Un soldat. Un parachutiste. Un officier. Un commandant. Un lâche.
Parce que je suis conservateur.
Parce que je suis obéissant. Fidèle. Occupant.
Parce que je suis fort. Un social-démocrate. Un chien apprivoisé. Un traître. Un sioniste.
Parce que je suis cruel. Maudit. Parce que je suis kahaniste, je suis un nazi, un menteur.
Parce que je suis né ici. Je suis le miel de la terre.
Parce que je ne chante presque pas, je ne ris presque pas, je ne pleure presque pas.
Itamar LEVY,
Hadashot, 7 mars 1988.
NOTE D'Iyad Abbara, qui nous a envoyé cette lettre :
En feuilletant ce vieux numéro 28, de l’été 1988, de la « Revue d’Etudes Palestiniennes », je parcours une rubrique consacrée à une revue de la presse israélienne. Mes regards s’arrêtent sur le titre d’un petit article : «Lettre à Iyad».
Or c’est mon prénom, c’est comme si la lettre m’érait adressée.
Je commence alors à lire.
En avançant dans la lecture de cette lettre d’un parachutiste réserviste israélien à son «ami» palestinien, Iyad, et en me mettant à la place de mon homonyme qui, lui, vit en réel les conditions décrites, je suis de plus en plus ému et je sens des larmes monter à mes yeux.
La situation d'Iyad, le Palestinien est insupportable, et la transformation de l'Israélien d'un être humain en une bête sans pitié et sans sentiments, est terrible et incompréhensioble. Mais lire ou voir, ce n’est certainement pas comme subir !
Ce récit date d’une vingtaine d’années et depuis, la situation ne cesse d’empirer. Il est signé Itamar Levy et est extrait de la revue israélienne «Hadashot».
Source : Revue d’Etudes Palestiniennes
Sources ISM
Posté par Adriana Evangelizt
Alors pour comprendre le Sionisme, il faut d'abord savoir qu'avec la désinformation ambiante véhiculée par les agents sionistes, très peu de gens connaissent sa véritable histoire, ses motivations et le but qu'il poursuit... nous allons donc poser quelques chapitres de l'ouvrage de notre Ami André Gaillard qui explicite bien le sujet...
1 - DÉFICIENCE DE L'INFORMATION,
MÉCONNAISSANCE D’ORDRE RELIGIEUX
et DEMISSION BANALE EN OCCIDENT
par André Gaillard
Chapitre I
de son excellent ouvrage

Depuis 1922, date où la Société des Nations confia à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine à la suite de la défaite des empires centraux et de l’éviction de la Turquie en tant que puissance dominante, depuis 1947 surtout, date à laquelle l’ONU décida de scinder le pays pour y créer deux États, l’un juif, l’autre arabe, il ne s'est guère passé de jour sans que les journaux ne nous apportent une information relative à cette région du Proche-Orient où s’affrontent de façon ininterrompue et plus ou moins violente deux communautés : les Juifs d’une part, les non-Juifs d’autre part, ces derniers étant avant tout des Arabes musulmans.
Les informations n'ont donc pas manqué sur ce sujet. Pourtant, une fraction notable des Occidentaux, notamment dans l’élite intellectuelle et politique, est comme indifférente au drame quotidien qui se joue en Palestine. Un phénomène banal d’accoutumance et de lassitude en est sûrement une raison notable, mais plusieurs éléments sont venus néanmoins y contribuer de manière décisive.
Le premier élément favorable au développement de l’idéologie sioniste et de sa méconnaissance par le grand nombre est sans doute représenté par un phénomène passif : le trop plein ou l'excès de mémoire dont parle Paul Ricœur dans un récent ouvrage (La Mémoire, l'Histoire, l'Oubli) et qu’il dénonce d’une manière générale...
Après le cataclysme de 1939-1945, bien plus encore qu’après la guerre de 1914-1918, les études des historiens ne pouvaient qu’être monumentales, fort nombreuses et prolongées. À ces études sont venues s’ajouter logiquement les multiples commentaires et interprétations des politiques et puis, bien sûr, les interventions diverses des polémistes et des partisans : une « montagne » de mémoire en est résultée que les médias de notre époque, notamment la télévision, nous livrent chaque jour. Indépendamment des perspectives et des intentions diverses qui sous-tendent cette information constante et multiforme, la place forcément éminente qu’occupe le génocide des Juifs par les nazis, et partant l’émotion suscitée, ont manifestement joué de façon exceptionnelle en faveur de l’entreprise sioniste, d'abord en faisant négliger la très importante littérature juive formellement opposée à son projet territorial et en supprimant toute réflexion prospective quant aux risques pour l'avenir d'un État spécifiquement « juif », ensuite en voilant la réalité de son présent sur le terrain.
À côté de ce premier phénomène, on peut affirmer d’autre part que l’information relative au Proche-Orient en provenant majoritairement d'une source, israélienne en la circonstance, a été gravement déformée, que l'interprétation des événements a été terriblement partiale et injuste pendant de nombreuses années. « La mémoire sioniste a régné aux dépens de celle des Palestiniens » a écrit l’historien israélien Ilan Pappe de l’université de Haïfa, tandis que le Général de Gaulle pouvait déclarer dans les années 60 : « qu’il existait en France un puissant lobby pro-israélien exerçant notamment son influence dans les milieux d’information. Cette affirmation, à l’époque, fit scandale. Elle contient pourtant une part de vérité qui est toujours d’actualité » (P. Alexandre "Le préjugé pro-israélien", Le Parisien libéré du 29 février 1988).
Il semble bien, en effet, que la méconnaissance des données du problème représente la principale cause de cette indifférence de l’opinion publique occidentale qui n’a manifestement pas pris la mesure de la gravité potentielle des « événements » qu'on lui rapporte chaque jour depuis tant d’années.
Il est d’ailleurs remarquable de constater que - à côté de la multiplicité des informations rapportées en la matière - les commentaires et les jugements que l'on peut voir dans la presse française émanant de journalistes ou d'hommes de lettres sont fort rares. Il est patent aussi que beaucoup de commentateurs non-Juifs apparaissent souvent comme mal à l'aise dans leur rédaction... Quant aux Juifs, religieux ou non, leur situation souvent ambiguë face à Israël, la mauvaise conscience que nombre d'entre eux ont de ne pas y vivre, de ne pas avoir fait leur «aliya » malgré les multiples et pressantes invitations reçues *, les rend souvent terriblement aveugles et silencieux. Lévinas, après avoir considéré que la création de l’État d’Israël était bien tardive et salué cet événement d’un : « Enfin arrive l'heure du chef-d'œuvre », expliquait ainsi : « Je m'interdis de parler d'Israël, ne courant pas cette noble aventure et ce risque quotidien » tandis qu'Élie Wiesel a pu écrire : « Je ne critique jamais Israël hors d'Israël, c'est le prix que j'accepte de payer pour ne pas y vivre […] la solidarité ne nous permet pas de juger la politique extérieure d’Israël »… Et, a-t-on jamais entendu, par exemple, un rabbin français ou une organisation d'obédience juive dénoncer la torture utilisée en Israël et, fait unique au monde, légalisée jusqu’à une date récente ?
* En 2004, il y avait environ 100 émissaires en provenance d’Israël dans la perspective de convaincre quelque 30 000 Français juifs d’émigrer en Israël. En prenant prétexte de certains actes d’hostilité envers les Juifs constatés en France, leur message est simple : « Partez de France dès maintenant et venez dans votre vraie patrie ».
Enfin, il faut bien voir que le judaïsme comme les autres traditions religieuses, entreprises humaines par excellence, contient des éléments potentiellement pervers qu’il s’agit de reconnaître. Le fameux « Qui n’est pas avec moi est contre moi » évangélique n'est-il pas à la base de tous les totalitarismes après avoir entraîné le christianisme dans de folles aventures ?
Bref, il est clair que nombre d’observateurs, ou bien n'ont pas intégré, à propos du sionisme, de nombreuses données d’ordre historique ou religieux, ou bien ne se sont pas comportés en hommes libres, à l'instar d'hommes éminents comme J. P. Sartre quand il écrit : « Je ne peux pas soutenir la politique de l'État d'Israël, mais je ne peux pas non plus m'élever contre elle car alors je me retrouverais dans le camp détestable des antisémites ».
Je dois reconnaître que j’éprouve quelque aversion pour de telles paroles, en même temps qu’incompréhension pour leur auteur : un philosophe écouté qui, subjugué par le Verbe d’un lobby paranoïaque, n’a pas su prendre parti.
Il reste que Jean d'Ormesson, dans un article du Figaro paru il y a quelques années, se demandait avec pertinence, et non sans courage, si la création de l'État d'Israël n’avait pas été une erreur. À cette interrogation, ma réponse personnelle - qui semblait bien être aussi celle de l’auteur - est « oui » sans hésitation. Une mémoire manipulée jointe à une absence de liberté des hommes politiques et, d'une manière générale, des hommes ayant quelque influence sur l'opinion publique, a manifestement contribué au développement de l'idéologie sioniste qui s'est épanouie avec la création de l'État d'Israël et ne cesse d'étendre chaque jour - face à une communauté internationale sidérée - ses méfaits dans les populations juives et non-juives de la Palestine.
Posté par Adriana Evangelizt



