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Pseudo: Adriana EvangeliztCatégorie: ActualitéDescription:
60 ans après l'installation d'Israël par le Sionisme, la Palestine n'a toujours pas vu le jour... ce blog a pour but de montrer les injustices subies par ce Peuple et qui empêche que la Palestine soit enfin créée...
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Jeudi 13 Mars 2008

Un groupe d’intellectuels allemands en visite (en Palestine, ndt) ont exhorté Berlin, lundi dernier, de modifier ce qu’ils ont qualifié de soutien aveugle à Israël enraciné dans l’Holocauste, affirmant que la création de l’Etat d’Israël avait fait, des Palestiniens, des victimes de l’Holocauste nazi, eux aussi.

Ces quatre intellectuels, le Dr. Reiner Steniweg, le Pr. Gert Krell, le Pr. Georg Meggle et Jorg Becker, ont participé à un débat, lundi, au Netanya Academic College, consacré à l’avenir des relations germano-israéliennes. Ils font partie des vingt-cinq signataires d’une pétition à propos de cette problématique, qui avait circulé dans les médias allemands à la suite de la deuxième guerre du Liban.

D’après le manifeste de cette pétition, la responsabilité allemande vis-à-vis des Palestiniens est « un des aspects de l’Holocauste qui fait l’objet d’une attention très insuffisante ». Le document poursuit, arguant du fait que c’est l’Holocauste que l’Allemagne a perpétré qui a entraîné « la persistance de la souffrance au Moyen-Orient tout au long des six dernières décennies, et qui est devenue, aujourd’hui, absolument insupportable ».

Cette situation, toujours d’après la pétition intitulée « Amitié et Critique », en raison du fait que « sans l’Holocauste des juifs, la politique israélienne ne se considérerait pas fondée – voire contrainte – à piétiner les droits humains des Palestiniens et des Libanais. »

Sans l’Holocauste, ajoute le document, Israël n’aurait pas bénéficié du même soutien politique et matériel de la part des Etats-Unis. Les chercheurs nous ont déclaré (Haaretz) que cela vaut, aussi, pour le soutien de l’Allemagne à Israël.

« Ainsi, ce n’est pas seulement Israël qui est fondé à réclamer une considération spéciale de la part de l’Allemagne. En tant qu’Allemands, nous partageons non seulement une responsabilité vis-à-vis de l’existence d’Israël, mais aussi pour les conditions de vie du peuple palestinien », ont conclu les universitaires.
Les quatre signataires ont assisté au débat à l’invitation de l’ancien président de la Knesset, Dov Ben-Meir, qui en était l’organisateur. En décembre 2006, Ben-Mer a écrit ce qu’il a qualifié de « réponse amicale » à ce manifeste allemand, une réponse qu’il fit, à son tour, circuler dans les médias.

Dans sa réponse, Ben-Meir a déclaré que le manifeste originel reflétait une approche « simpliste ». Une des principales causes du conflit et de la situation qui est actuellement celle des Arabes et des Palestiniens, a-t-il dit, fut l’intransigeance, de leur part, et leur recours à la violence, au lieu du dialogue.

Concédant que l’attitude de l’Allemagne vis-à-vis d’Israël s’inscrit dans une « relation spéciale » fondée sur l’Holocauste, Ben-Meir a dit, durant le débat, que cette relation – qui comporta d’énormes réparations allemandes payées à Israël dans les années 1950 – était avant tout une question d’intérêt allemand, avant que d’être une question relevant de l’intérêt d’Israël.

« En acceptant de passer l’éponge sur le passé nazi de l’Allemagne, la nation juive a garanti à l’Allemagne un passeport d’entrée dans la famille des nations, après que l’Allemagne eut été considérée comme un pays paria, en raison de son passé nazi », a-t-il dit.

Le débat, qui attira près de cent-cinquante personnes, a eu lieu dans le cadre d’un panel de discussion. Les représentants des universitaires allemands étaient notamment le Pr Meggle, spécialiste de l’anthropologie philosophique à l’Université de Leipzig, et le Dr. Steinweg, chercheur à la branche de Linz du Centre Autrichien d’Etudes pour la Paix et la Résolution des Conflits [Austrian Study Center for Peace and Conflit Resolution].

Steinweg a indiqué que le groupe a réussi à éclaircir certains malentendus à propos du manifeste, lequel, d’après lui, avait été interprété erronément comme un appel à mettre un terme à la longue amitié germano-israélienne.
Les participants locaux à la tribune comprenaient un ex-ambassadeur d’Israël en Allemagne, Shimon Stein, la correspondante du journal allemand Die Zeit, gisela Dachs, ainsi que le professeur Moshe Zimmermann, directeur du Centre Koebner Minerva d’Histoire allemande, près l’Université Hébraïque de Jérusalem.

Zimmermann a déclaré que la question de l’Holocauste était actuellement l’objet d’une manipulation politique à la fois de la part d’Israël, et de l’Allemagne. « Les Israéliens essaient d’utiliser ce problème pour dépeindre les personnes qui critiquent Israël sous les traits d’antisémites. En même temps, ce manifeste est une tentative de manipulation des sentiments de culpabilité des Allemands vis-à-vis de l’Holocauste, en les projetant sur les Palestiniens », a-t-il argué.

« Si les Allemands veulent se sentir coupables de l’Holocauste, alors ils devraient plutôt s’en tenir aux Polonais, aux Hollandais et aux juifs. Inutile d’aller aussi loin que de se sentir coupable de ce qui est arrivé aux Palestiniens… », a-t-il ajouté.

Commentant la discussion animée qui s’ensuivit, Herman Bunz, du Friedrich Ebert Stiftung – l’organisation privée allemande à but non lucratif qui avait financé la visite des universitaires allemands – a dit aux orateurs : « Nous sommes en présence de la meilleure chance d’avoir entre nous un malentendu. Mais je ne saurais que vous conseiller de faire le contraire. »

« C’est une minorité, mais ils forment de jeunes esprits allemands, et nous ne pouvons pas nous permettre de repousser leurs critiques du revers de la main, au motif qu’elles seraient « antisémites ». Nous devons prendre ces critiques en compte », a déclaré M. Ben-Meir.

Source : Haaretz
Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Sources Geostratégie com

Posté par Adriana Evangelizt

Dimanche 02 Mars 2008

Par Albert Einstein


Albert Einstein et d'autres personnalités Juives (voir la liste ci-dessous) ont signé cette lettre publiée dans le New-York Times le 2 décembre 1948

Avant que des dommages irréparables soient faits par des contributions financières, des manifestations publiques en soutien à Begin et avant de donner l'impression en Palestine qu'une grande partie de l'Amérique soutient des éléments fascistes en Israel, le public américain doit être informé sur le passé et les objectifs de M. Begin et de son mouvement.
Aujourd'hui ils parlent de liberté, de démocratie et d'anti-impérialisme, alors que jusqu'à récemment ils ont prêché ouvertement la doctrine de l'Etat Fasciste.

A l'éditeur du New-York Times
New York, 2 Dec. 1948

Parmi les phénomènes politiques les plus inquiétants de notre époque, il y a dans l'état nouvellement créé d'Israel l'apparition du "Parti de la Liberté" (Tnuat Haherut), un parti politique étroitement apparenté dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et son appel social aux partis Nazi et fascistes.

Il a été formé par les membres et partisans de l'ancien Irgun Zvai Leumi, une organisation terroriste d'Extrème-Droite et nationaliste en Palestine.

La visite actuelle de Menahem Begin, le chef de ce parti, aux Etats-Unis est évidemment calculée pour donner l'impression d'un soutien américain à son parti lors des prochaines élections israéliennes, et pour cimenter les liens politiques avec les éléments Sionistes conservateurs aux Etats-Unis.

Plusieurs Américains de réputation nationale ont prêté leurs noms pour accueillir sa visite.

Il est inconcevable que ceux qui s'opposent au fascisme dans le monde entier, si correctement informés quant au passé et aux perspectives politiques de M. Begin, puissent ajouter leurs noms et soutenir le mouvement qu'il représente.

Avant que des dommages irréparables soient faits par des contributions financières, des manifestations publiques en soutien à Begin et avant de donner l'impression en Palestine qu'une grande partie de l'Amérique soutient des éléments fascistes en Israel, le public américain doit être informé sur le passé et les objectifs de M. Begin et de son mouvement.

Les déclarations publiques du parti de Begin ne montrent rien quant à leur caractère réel. Aujourd'hui ils parlent de liberté, de démocratie et d'anti-impérialisme, alors que jusqu'à récemment ils ont prêché ouvertement la doctrine de l'Etat Fasciste.

C'est dans ses actions que le parti terroriste trahit son véritable caractère; de ses actions passées nous pouvons juger ce qu'il pourrait faire à l'avenir.


Attaque d'un village Arabe

Un exemple choquant fût leur comportement dans le village Arabe de Deir Yassine.

Ce village, à l'écart des routes principales et entouré par des terres Juives, n'avait pas pris part à la guerre, et avait même combattu des bandes Arabes qui voulaient utiliser comme base le village.

Le 9 Avril, (New-York Times), des bandes de terroristes ont attaqué ce village paisible, qui n'était pas un objectif militaire dans le combat, ont tué la plupart de ses habitants - 240 hommes, femmes et enfants - et ont maintenu quelques uns en vie pour les faire défiler comme captifs dans les rues de Jérusalem.

La majeure partie de la communauté juive a été horrifiée par cette acte, et l'Agence Juive a envoyé un télégramme d'excuses au Roi Abdullah de Trans-Jordanie.

Mais les terroristes, loins d'avoir honte de leurs actes, étaient fiers de ce massacre, l'ont largement annoncé et ont invité tous les correspondants étrangers présents dans le pays à venir voir les tas de cadavres et les dégâts causés à Deir Yassin.

L'incident de Deir Yassin illustre le caractère et les actions du Parti de la Liberté. Au sein de la communauté Juive, ils ont prêché un mélange d'ultra-nationalisme, de mysticisme religieux, et de supériorité raciale.

Comme d'autres partis Fascistes, ils ont été utilisés pour casser les grèves, et ont eux-même encouragé la destruction des syndicats libres. Dans leur convention; ils ont proposé les syndicats de corporation sur le modèle fasciste italien.

Lors des dernières années de violences sporadiques anti-Britanniques, l'IZL et le groupe Stern ont inauguré le règne de la terreur parmi la communauté juive de Palestine.

Des professeurs ont été battus pour s'être exprimés contre eux, des adultes ont été abattus pour ne pas avoir laissé leurs enfants les rejoindre.

Par des méthodes de gangsters, des tabassages, des bris de fenêtres et des vols largement répandus, les terroristes ont intimidé la population et ont exigé un lourd tribut.

Les hommes du Parti de la Liberté n'ont pas pris part dans les accomplissements constructifs en Palestine.
Ils n'ont repris aucune terre, n'ont construit aucune colonie, et ont seulement amoindri l'activité de la Défense Juive.

Leurs efforts dans l'immigration très publicisés étaient minutieux, et consacrés principalement à faire venir des compatriotes fascistes.

Contradictions

Les contradictions entre les affirmations "en or" faites actuellement par Begin et son Parti, et les rapports de leur performance passée en Palestine donnent l'impression d'un parti politique peu ordinaire.

C'est le timbre indubitable d'un parti fasciste pour qui le terrorisme (contre les Juifs, les Arabes, ainsi que les Britanniques), et les fausses déclarations sont des moyens, et un "Etat Leader" est l'objectif.

À la lumière des observations précédentes, il est impératif que la vérité au sujet de M. Begin et de son mouvement soit connue dans ce pays.

Il est encore plus tragique que la haute direction du Sionisme américain ait refusé de faire campagne contre les efforts de Begin, ou même d'exposer à ses propres éléments les dangers pour Israel que représente le soutien à Begin.



Les sousignés prennent donc ces moyens pour présenter publiquement quelques faits frappants au sujet de Begin et de son parti; et pour recommander à tous ceux qui sont concernés de ne pas soutenir cette dernière manifestation du fascisme.


ISIDORE ABRAMOWITZ,
HANNAH ARENDT,
ABRAHAM BRICK,
RABBI JESSURUN CARDOZO,
ALBERT EINSTEIN,
HERMAN EISEN, M.D.,
HAYIM FINEMAN,
M. GALLEN, M.D.,
H.H. HARRIS,
ZELIG S. HARRIS,
SIDNEY HOOK,
FRED KARUSH,
BRURIA KAUFMAN,
IRMA L. LINDHEIM,
NACHMAN MAJSEL,
SEYMOUR MELMAN,
MYER D.
MENDELSON, M.D.,
HARRY M. ORLINSKY,
SAMUEL PITLICK,
FRITZ ROHRLICH,
LOUIS P. ROCKER,
RUTH SAGER,
ITZHAK SANKOWSKY,
I.J. SHOENBERG,
SAMUEL SHUMAN,
M. ZNGER,
IRMA WOLPE,
STEFAN WOLPE.




Commentaires de Qumsiyeh :
L'Herut est le précurseur du parti israélien du Likud (conformément à l'idéologie de Vladimir Jabotinsky).

Begin (un terroriste recherché) est devenu plus tard le Premier Ministre d'Israel (Likud) et sous son gouvernement, des dizaines de milliers de civils libanais et palestiniens ont été tuées dans les années 80.

Les successeurs de Menachem Begin au Likud (et en tant que premiers ministres israéliens) dont Netanyahu et Sharon sont responsables d'innombrables autres décès de civils.

Tandis que les auteurs mentionnent les excuses de l'Agence Juive "envoyée au Roi Abdullah" qui n'est pas même Palestinien, des recherches postérieures démontrent la participation de la Hagannah et de l'Agence Juive dans le massacre de Deir Yassin ainsi que
la participation de l'Agence Juive et du Fonds National Juif dans le nettoyage ethnique

Sources ISM

Posté par Adriana Evangelizt

Dimanche 30 Décembre 2007

Les preuves de la collaboration entre les sionistes

et les nazis qui a débuté en août 1933

par l'accord de Transfert



Le procès d'Eichmann a révélé l'ampleur des relations importantes et au plus haut niveau entre le sionisme et le nazisme. Parmi les contre-feux réalisés pour faire oublier la réalité de cette collaboration, le livre de Hannah Arendt "Eichmann à Jérusalem", stigmatisant la "banalité du mal", celui d'Eichmann et du nazisme, mais pas celui du sionisme.

Que la menace fondamentale du Congrès juif mondial soit basé sur la dénonciation d'une prétendue collaboration entre la Suisse avec l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale, montre à quel point cette organisation est sans vergogne car, c'est elle-même qui a collaboré avec les nazis, et ceci dès leur arrivée au pouvoir. Les preuves de la collaboration entre le mouvement sioniste à travers ses principales structures (Congrès juif mondial, Organisation sioniste mondiale, etc) sont irréfutables.

Evidemment, un épais brouillard a été constamment répendu pour cacher cette tare. En effet, alors que les nazis persécutaient les juifs en Allemagne, en Autriche absorbée, en Bohême puis en Pologne, les sionistes menaient en toute tranquillité leurs affaires avec les maîtres de l'Allemagne.

Parmi les preuves:


(1) Une décision de la Conférence d'Evian (juillet 1938), des négociations ont débuté avec succès en septembre. Le diplomate Rublee, choisi par Franklin D. Roosevelt, rencontra à plusieurs le conseiller Wholthat choisi par Goering. Ces informations montrent que ces négociations se faisaient au plus niveau. Elles débouchent sur un accord prévoyant l'émigration des juifs valides d'Allemagne, l'accord Rublee-Wohlthat qui révèle l'existence d'un accord plus ancien pour l'émigration en Palestine. C'est l'accord de transfert qui a permis a plusieurs dizaines de milliers de juifs d'aller en Palestine avec tout leur capital.

Sources

HUGH R. WILSON PAPERS


The papers of Hugh R. Wilson , ambassador to Germany 1938-39 and advisor to the Secretary of State, 1940-41, were given to the United States of America for deposit in the Herbert Hoover Presidential Library by his son Hugh R. Wilson, Jr. in a deed of gift signed September 15, 1968. Literary rights in the unpublished writings of Hugh R. Wilson have been given to the United States of America.


Les négociations entre George Rublee, ami personnel de Franklin D. Roosevelt, chargé par la Conférence d'Evian de ce tâche avec l'Allemagne débouche sur le
Rublee-Wohlhat-Abkommens du 1er février 1939.

(2) Eichmann invité par les sionistes en Palestine en 1937, fait révélé lors de son procès à Jérusalem


Sources
Fonjallaz

Posté par Adriana Evangelizt

Dimanche 30 Décembre 2007

Je vous livre ci-après une traduction d'un long article publié le 29 mars dans Haaretz: «In the service of the Jewish state». Un seul commentaire de ma part (l'article parle par ailleurs de lui-même): je pense que ce genre d'article ne peut désormais plus sortir que dans des médias israéliens et que, même après une telle publication dans Haaretz, aucun grand média occidental ne considérera qu'il est intéressant de le reproduire.

Au service de l'État juif

(Haaretz)

par Shraga Elam et Dennis Whitehead


publié le 29 mars 2007



À la fin des années 1940, Walther (Walter) Rauff, un officier SS responsable du meurtre d'au moins 100000 personnes, recherché par les Alliés comme criminel de guerre, était employé par les services de renseignement israéliens. Au lieu de le livrer à la justice, ils l'ont payé pour ses services et l'ont aidé à s'enfuir vers l'Amérique du Sud. Des documents de la CIA américaine, qui sont sortis ces dernières années, montrent que les Américains savaient que le cas de Rauff n'était pas exceptionnel.

Un mémorandum de la CIA daté du 24 mars 1950 décrit les relations entre l'agent israélien Edmond (Ted) Cross, dont le nom est effacé sur ce document, et un nazi nommé Janos Walberg: «L'emploi de ce sujet par les services de renseignement israéliens serait cohérent avec ce qui a été révélé par des discussions avec X [Edmond (Ted) Cross, alias Magen ou Crowder] au sujet de l'utilisation d'anciens éléments nazis pour l'observation et l'infiltration dans des pays arabes. La tentative d'envoyer le très connu ancien colonel SS Walter Rauff en Égypte ayant échoué, les services israéliens ont très probablement (bien que celà ne soit pas encore confirmé) engagé le sujet [Walberg], dont les sentiments et le passé n'éveilleraient pas les suspicions en Égypte, où il ne pourrait pas être suspecté d'être un agent juif.»

Un document plus ancien, de février 1950, affirme que Cross a aidé Rauff à obtenir les papiers nécessaires pour son émigration en Amérique du Sud, bien que la tentative de l'envoyer en Égypte ait échoué. Pourquoi, cependant, est-ce qu'Israël a aidé Rauff? Ce document propose un élément de réponse: «Il n'est pas improbable que la présence de ce sujet en Syrie est été liée à une mission pour les services israéliens.» Rauff était en effet en Syrie, en tant que conseiller militaire pour le président Hosni Zaim, qui cherchait à obtenir un traité de paix avec Israël. Rauff a été forcé de partir après qu'un coup d'État avait reversé Zaim.

La mission que Rauff était censée mener en Égype n'est pas connu, mais ses liens avec Cross pourrait fournir plus qu'un élément de réponse. Selon les recherches menées par Ruth Kimche, une ancienne employée du Mossad, Cross a été envoyé en Égypte en juillet 1948, en pleine Guerre d'Indépendance, pour assassiner plusieurs personnalités égyptiennes avec l'aide d'un groupe de juifs. À la dernière minute la mission a été annulée. Cross est retourné en Égypte en septembre, mais à nouveau le plan ne fut pas exécuté, certainement parce qu'il s'est retrouvé impliqué dans une histoire d'amour avec la princesse égyptienne Amina Nur a-Din et qu'il a dû quitter le pays. Selon Kimche, «Toute cette histoire rappelle fortement l'affaire Lavon dans les années 1950, sauf que, heureusement pour ceux, le plan de 1948 n'a pas été mené à son terme, apparemment grâce à la princesse égyptienne.»

Mais le plan n'a cependant pas été annulé. En 1949, comme les documents américains le montrent, Cross a voulu envoyer Rauff en Égypte. Selon un autre document du dossier de la CIA consacré à Rauff, ce dernier n'a pas atteint l'Égtype, mais un mémorandum de 1953 cite l'ambassadeur américain en Égypte disant qu'un homme nommé Rauff était dans le pays. Certes, le mémorandum décrit ce Rauff comme étant polonais, mais indique aussi qu'il avait organisé l'extermination des juifs en Pologne, ce qui en fait vraisemblablement une référence au fameux officier nazi.

Rauff est né en 1906. Il a servi dans la marine allemande à partir de l'âge de 18 ans. En 1937 il a été démis pour conduite inappropriée pour un officer, à cause d'une affaire d'adultère. Un ami proche, et ancien collègue officier de marine, Reinhard Heydrich, qui était alors le commandant adjoint de la SS sous les ordres de Heinich Himmler, l'a aidé à entrer dans l'organisation nazie. Au début Rauff a servi au quartier général de la SS à Berlin. Après la conquête de la Norvège en 1940, il y a dirigé le service de sécurité pendant trois mois. Cette année-là il a été réadmis dans la marine, à sa propre demande, et a commandé une flotte de démineurs, mais en 1941 Heydrich l'a rappelé au quartier général de la SS.

Quand Heydrich a été nommé gouverneur de la Tchécoslovaquie occupée, Rauff l'a accompagné à Prague en tant que conseiller technique. Il est rentré à Berlin en juin 1942 après l'assassinat de Heydrich par la résistance Tchèque. Rauff a été nommé à la tête du Département technique de la SS et a été responsable du projet d'extermination en utilisant des camions à gaz. Une fois les juifs et d'autres entassés à l'arrière d'un tel camion, le véhicule était scellé et le tuyau d'échappement réintroduit dans cet espace. Une fois le moteur mis en route, les fumées tuaient tout le monde à l'arrière du camion. Entre 97000 et 200000 personnes, pour la plupart juives, furent assassinées de cette façon. Cette méthode de meurtre de masse était trop lente et encombrante pour les nazis, cependant, qui en arrivèrent à développer les chambres à gaz utilisant le Zyklon B comme agent mortel.

De juillet 1942 à mai 1943, Rauff a aussi dirigé l' Einsatzkommando (une unité des Einsatzgruppen, les escadrons de la mort chargés de la destruction des juifs) en Afrique du Nord et a été responsable de la déportation des juifs en Tunisie. En juillet 1943, après un bref séjour à Berlin, il a été nommé commandant de l'Einsatzkommando en Corse et, de septembre 1943 jusqu'à la fin de la guerre, était le commandant de la SS à Milan. C'est à ce poste qu'il a participé aux négociations secrètes qui ont conduit à la rédition des nazis en Italie du Nord. Rauff, contrairement aux autres nazis qui avaient participé aux négociations, a été arrêté par les Alliés le 30 avril 1945. En 1947, il s'est échappé et a été recruté pour le compte des services de renseignement syriens par le capitaine Akram Tabara, qui se présenta sous le nom de Dr. John Homsi.

Rauff conseillait le président Hosni Zaim en Syrie et a été arrêté le jour du coup d'État. Rauff est parvenu à convaincre ses ravisseurs qu'il n'était qu'un conseiller et n'avait aucun pouvoir de commandement; il a été relâché mais on lui a ordonné de quitter le pays.

D'après une des versions des fichiers de la CIA, Rauff était suspecté de liens avec une «activité communiste subversive», en tant qu'agent d'un Allemand nommé Von Lipkau. Après l'expulsion de Rauff de Syrie, il était supposé accompagner Lipkau en Inde pour répandre de la propagande communiste. Selon un rapport de la CIA, la mission a été annulée parce que Lipkau est resté à Tel Aviv pour d'autres engagements.

De Damas, Rauff est allé à Beyrouth, et de là en Italie. Avec l'aide d'Israéliens, et apparemment des services anglais, il a navigué vers l'Amérique du Sud en décembre 1949. Il s'est installé à Quito, la capitale de l'Équateur. En 1953 un rapport le localise à Buenos Aires, où il a probablement dirigé un groupe anti-communiste. En 1958, Rauff déménagea au Chili, obtenant un statut de résident permanent un an plus tard. Il devint marchand de bétail et de poisson, et était décrit comme propriétaire d'un ranch et industriel. Son fils, également prénommé Walter, a été accepté à l'académie navale chilienne et était le protégé du chef de cabinet [Chief of Staff] le général Carlos Prats, un partisan du président socialiste Salvador Allende. Le fils nie que son père ait jamais travaillé pour Israël.

Le 19 décembre 1962, Rauff a été arrêté au Chili après une demande d'extradition de l'Allemagne de l'Ouest. La cour suprême chilienne refusa la demande et libéra Rauff. L'élection d'Allende à la présidence ne changea pas la situation: dans une lettre amicale adressée au chasseur de nazis Simon Wiesenthal, Allende écrivit qu'il ne pouvait pas annuler la décision de la cour de 1962.

En septembre 1973, Allende a été tué dans un coup d'État militaire contre son gouvernement démocratiquement élu. Quelques mois plus tard, le quotidien français Le Monde a rapporté que Rauff avait été nommé à la tête des services de renseignement chiliens; ce rapport a été démenti par le gouvernement chilien. Dix ans plus tar, en janvier 1984, le Chili rejeta une demande d'extradition pour Rauff émise par le ministre de la justice israélien. Un mois plus tard, l'Allemagne de l'Ouest renouvela sa demande d'extradition. Le Chili expliqua que le cas ne serait réouvert que si des preuves de nouveaux crimes étaient présentées. Extrader Rauff ne servirait pas l'intérêt public au Chili, expliqua la cour, celui-ci ayant vécu plusieurs années dans le pays et son comportement ne pouvant faire l'objet d'aucun reproche.

Le gouvernement américain entra en scène, affirmant auprès des Chiliens sa conviction que les criminels nazis devaient être jugés. Le gouvernement de Santiago affronta une forte pression internationale en faveur de l'extradition de Rauff. Le président Ronald Reagan et le Premier ministre Margaret Thatcher abordèrent le sujet en 1984, mais leurs commentaires n'impressionnèrent pas le dictateur chilien Augusto Pinochet. La chasseuse de nazis Beate Klarsfeld fit le voyage au Chili pour organiser des manifestations à ce sujet, et fut arrêtée à deux reprises pour troubles à l'ordre public.

Puis le directeur général du ministère des Affaires étrangères d'Israël, David Kimche, se rendit à Santiago en 1984. La presse rapporta qu'il avait insisté auprès de ses hôtes pour extrader Rauff, qu'il aurait décrit comment un des principaux criminels de guerre vivant dans un pays occidental. Sa femme, Ruth Kimche, parlant au nom de son mari, déclara qu'il ne se souvenait pas de cela; ils étaient au Chili en visite privée, explique-t-elle. La sincérité des efforts israéliens pour obtenir la capture de Rauff peut être jugée sur le fait que, dès 1979, Israël avait vendu des patrouilleurs au Chili et avait ensuite effectué la révision d'avions de guerre chiliens, et qu'en 1984 il continuait à assurer leur maintenance.

Rauff mourut d'un cancer du poumon en mai 1984. La déclaration émise par l'ambassade d'Israël sonna comme un signe de soulagement: «Le problème avec M. Rauff est maintenant résolu. Dieu l'a jugé.»

Le fait que Rauff fournissait du renseignement à Israël a été publié auparavant, mais pour une raison inconnue cette information n'a suscité aucun débat public sur l'implication morale du fait qu'Israël ait protégé un important criminel nazi, qui faisait l'objet d'une campagne internationale organisée par les chasseurs de nazis Simon Wiesenthal and Beate Klarsfeld pour le livrer à la justice. De manière similaire, le chercheur américain renommé sur l'Holocauste, Richard Breitman, qui – en tant que directeur des recherches historiques pour le Groupe de travail interagences d'information sur les criminels de guerre nazis – a consulté les fichiers de la CIA concernant Rauff, a choisi d'ignorer les informations indiquant que les services de renseignement israéliens avaient systématiquement employé des nazis dans les pays arabes.

Selon les fiches de la CIA, la personne chargée de gérer Rauff était Ted Cross, dont le nom hébreux était David Magen. Cross a été recruté en 1948 pour des activités clandestines par Asher Ben-Natam, directeur des opérations du bureau politique du ministère des Affaires étrangères, service qui fut le précurseur du Mossad. Cross parlait couramment plusieurs langues et avait servi dans les services de renseignement britanniques pendant la Seconde guerre mondiale.

Selon un article de Gil Meltzer publié dans le quodidien Yedioth Ahronoth l'année dernière, Cross – qui venait d'une riche famille juive de Budapest nommée Gross – était un aventurier international, un hédoniste et un homme à femmes. Pour financer son mode de vie flamboyant, il était impliqué dans des affaires de drogue. Quand Israël découvrit qu'il avait aussi vendu ses services comme agent à l'Égypte – pour la très coquette somme de 20000 dollars – il fut arrêté et condamné à une longue peine de prison. Après sa libération, il se lança dans la restauration et, entre autres choses, participa à la création de la chaîne de hamburgers Wimpy.

Peut-on reprocher au gouvernement israélien les liens entre Cross et Rauff, ou était-ce une initiative personnelle de l'agent double? La CIA, semble-t-il, ignorait certains détails importants des relations de Rauff avec les services israéliens.

À l'occasion de Pessah de 1993, Shlomo Nakdimon publia une interview avec Shalhevet Freier dans Yedioth Ahronoth. À la fin des années 1940, Freier dirigeait une des branches du département politique du ministère des Affaires étrangères, et dans les années 1970 il a présidé la Commission israélienne à l'énergie nucléaire. Il est aujourd'hui décédé. Dans l'interview, il raconta comment il avait recruté Rauff en Italie, après que des amis du ministère italien des Affaires étrangères l'avaient informé au sujet du nouvel arrivant. Rauff utilisait à l'époque un pseudonyme. Selon Freier, alors, ce fut le bureau politique qui employa Rauff; il n'y a aucune mention de Cross dans cette interview.

Freier déclara à Nakdimon que Ben-Natan et le directeur du bureau politique étaient venus en Italie dans le but précis «de voir le conseiller du Président syrien entrer dans la maison de leur homme à Rome». Freier se présenta auprès de Rauff comme un représentant des services de renseignement israéliens. Pendant un mois entier, le criminel nazi s'assit et rédigea un rapport sur le déploiement militaire de la Syrie.

«Lorsqu'il ignorait la réponse à une question, Rauff appelait des amis en Syrie pour obtenir plus d'informations», expliqua Freier. Non seulement le gouvernement israélien payait Rauff, mais s'occupa de plus de lui obtenir un visa italien légal. Rauff, sa femme et leurs enfants voguèrent de Gênes à l'Amérique du Sud. Il livra la dernière partie de son rapport à Freier sur le port.

La CIA reçu des informations selon lesquelles Rauff avait agit au nom des services de renseignement britanniques en Syrie et donna à ses correspondants une copie du plan de réorganisation des services de renseignements et de la police politique syriens. Il semble avoir été au service de plusieurs maîtres en même temps. D'après les documents de la CIA, en novembre 1949 Rauff est arrivé à Rome depuis Beyrouth et a séjourné à la Pension Telentino sous le nom de Walter Ralf. Des sources à l'hôtel ont déclaré qu'il avait peu d'argent et vivait avec parcimonie. Il n'avait aucun visiteur et ne recevait que quelques coups de téléphone. Un prêtre catholique connu pour ses sympathies nazies donna 40000 lires à Rauff. Le 17 décembre 1949, Rauff prit le bateau pour l'Équateur. Son billet et son passeport lui furent fournis par les services soit israéliens soit britanniques.

En janvier 1950, Cross expliqua à des agents de la CIA que Rauff avait quitté l'Italie et avait rompu ses relations avec les services israéliens, mais qu'il avait laissé derrière lui des documents intéressants. Cross promis de les leur amener à la rencontre suivante, mais les agents ne le crurent pas vraiment.

Freier déclara dans l'interview que Rauff continuait de lui écrire. Il expliqua à Nakdimon qu'il maintenait le contact avec le nazi «parce que je pensais qu'un jour je pourrais avoir besoin de lui. Les Arabes lui faisaient confiance.»

Ben-Natan, qui fut plus tard directeur général du ministère de la Défense et ambassadeur en France et en Allemagne, confirme aujourd'hui que Freier avait employé Rauff mais dit qu'il n'a reçu de rapport de sa part qu'après les faits. Rétrospectivement, Ben-Natan considère aujourd'hui que nouer des liens avec un criminel nazi était une erreur, mais il insiste sur le fait qu'il a livré des informations très importantes.

Dans les mémoires publiées il y a cinq ans, Ben-Natan présente une version différnte. Il écrit que Freier «était parvenu à envoyer en Syrie un ancien officier nazi, qui a son retour a livré des informations sur le déploiement de l'armée syrienne.» Ben-Natan confirme que l'officier était Rauff, mais n'est plus absolument certain de quelle version est correcte. En écrivant son livre, dit-il, il n'a compté que sur ses souvenirs.

Qu'est-ce que les israéliens qui ont engagé Rauff savaient de son passé? Étaient-ils au courant de la gravité de ses crimes? Interrogé par Nakdimon pour savoir s'il savait à l'époque que Rauff était responsable des camions à gaz et de la mort de jusqu'à 200000 personnes, Freier a répondu qu'il l'ignorait: «Je l'ai interrogé sur son passé, et il a prétendu qu'il avait été un officier de la Gestapo chargé de fabriquer des fausses livres britanniques dans le but de subvertir l'économie anglaise. Ce n'est que plusieurs années plus tard que j'ai entendu à la radio que les Américains, après avoir décodé des fichiers des dirigeants nazis, affirmaient que Rauff avait été chargé des activités d'ingénierie à la Gestapo.»

Il est difficile de croire que Freier ne savait pas qui était recrutait. Le 2 mai 1945, plusieurs journaux rapportent que «l'infâme colonel Rauff, la tête longtemps recherchée de la SS à Milan, a été capturé». Le 19 octobre 1945, détenu par les Américains, Rauff signe une déclaration assermentée dans laquelle il admet son implication dans le meurtre de juifs dans les camions à gaz. Ce document a été produit lors des procès de Nuremberg, ainsi qu'une lettre de son subordonné, le docteur August Becker, qui contenait un rapport sur les problèmes techniques rencontrés dans le meurtre de masse des juifs. Par ailleurs, le nom de Rauff apparaît 31 fois dans les transciptions des procès de Nuremberg. L'information était facilement accessible: il suffisait de contacter le docteur Robert Kempner, un juif américain qui était l'adjoint du procureur principal à Nuremberg, ou les observateurs juifs des procès. Ben-Natan, qui a receuilli des informations sur les criminels de guerre nazis quand il était en Europe, confirme que cette information était disponible.

La mention d'une connexion de Rauff avec le projet SS de fabriquer des faux billets anglais amène des questions sur une autre opération à laquelle Frier a participé. À la fin de la guerre, un juif nommé Jacques Van Harten, un des principaux intervenants dans le projet de faux billets, a contacté des soldats juifs de Palestine en Italie du Nod et a proposé de grandes quantités de faux billets en échange de sa protection. (Un article sur cet épisode a été publié dans le présent magazine en 2000.)

En plus de grandes sommes d'argent, Van Harten détenait aussi de grandes quantités de bijoux. Shmuel Ossia, un associé de Freier, a témoigné que ce dernier avait interrogé longuement Van Harten sur son passé. Ossia se souvient avoir vu Van Harten, effrayé, dans un couloir, pendant son interrogatoire, qui a duré plusieurs jours. Van Harten a sans aucun doute raconté comment il avait aidé l'envoyé spécial de Himmler, Kurt Becher, qui était chargé du pillage des biens des juifs de Hongrie, et révélé qu'il connaissait la source des faux billets britanniques qui, plus tard et grâce à Van Harten, deviendraient un source cruciale pour le financement de l'immigration illégale et des opérations d'achats d'armes par la Hagannah, le précurseur des Forces de défense israéliennes.

L'étendue des connaissances de Frier sur les implications de Van Harten est non seulement révélée par les commandants du projet d'immigration illégale (Aliyah Bet), mais aussi par le fait que, dans une interview avec l'historien Nana Sagi en 1966, il a déclaré avec une innocence feinte qu'il ne comprenait pas comment aucune référence n'avait été faite à Van Harten dans les procès de Kastner et Eichmann. Sagi n'a pas demandé à Freier pourquoi il n'avait pas utilisé son large réseau de relations pour répondre à cette question.

Les Américains ont arrêté Van Harten en Italie, le suspectant de favoriser l'évasion de criminels de guerre nazis. Le Mossad l'Aliya Bet – l'organisation clandestine de la communauté juive dans la Palestine d'avant 1948 chargé d'organiser l'immigration illégale de juifs vers le pays – a tenté d'obtenir la libération de Van Harten. Yitzhak Tamari, un soldat de la Haganah qui savait pourquoi Van harten avait été arrêté, protesta auprès du commandant de l'unité de la Haganah en Italie, Eliah Ben Hur (Cohen). Ben Hur, qui devint plus tard major général dans les Forces de défense israéliennes, expliqua à Tamari que Van Harten s'était vu promettre une protection et qu'un gentleman tient toujours sa parole.

Après la libération de Van Harten en 1946, Ben Hur demanda à son père, Abba Cohen, le chef des pompiers de Tel Aviv, d'aider Van Harten à s'acclimater. Van Harten ouvrit un bijouterie dans la rue Nahalat Binyamin, près du marché Carmel. Plus tard, Abba Cohen obtint un travail dans une des entreprises de Van Harten. Van Harten mourut en 1973, considéré comme un entrepreneur respecté et un membre de la communauté de Savyon qui, pendant la guerre, avait utilisé son argent et ses relations pour sauver des juifs et favorisé l'évasion de leurs biens, en particulier des bijoux. Sa famille s'en tint à cette version des faits même après la publication de l'article en 2000. La bijouterie, au passage, ferma ses portes peu après la publication de l'article.

Freier a aussi aidé Van Harten en 1947, quand les Britanniques voulurent l'extrader. Il le mit en relation avec l'avocat de Jerusalem Mordechai Eliash et est certainement responsable de la lettre envoyée aux Anglais par Golda Meyerson (Meir) qui, agissant en tant que ministre des Affaires étrangères par interim de l'Agence juive, affirma que Van Harten était sous la protection de la communauté précédant l'État juif, le Yishuv, parce qu'il avait notoirement aidé à sauver des juifs.

Mais Van Harten est un petit poisson comparé à Rauff, qui était un criminel de la même ampleur qu'un Eichmann. Il n'est ainsi pas surprenant que Klarsfeld, qui avait déployé des efforts considérables pour faire juger Rauff, ait quasiment jeté le téléphone quand elle a entendu qu'il avait été employé par les services de renseignement israéliens, et qu'il avait reçu leur soutien pour sa fuite vers l'Europe. «En 1984, quand j'ai mené les campagnes au Chili pour tenter d'obtenir l'extradition de Rauff, je n'avais aucune connaissance de prétendus “contacts” entre lui et le Mossad», a écrit Klarsfeld dans un email. «Je doute que cela ait été possible, parce que Rauff était bien connu dans le monde juif pour son rôle dans le programme de camions de gazage et aussi pour la persécution des juifs de Tunisie quand il dirigeait la police nazie en Tunisie, et pour la persécution des juifs d'Italie quand il dirigeait la police nazie à Milan.» De la même manière, le directeur du bureau israélien du centre Simon Wiesenthal (basé en Californie), le docteur Ephraim Zuroff, trouve peu probable que Freier ait ignoré les crimes de Rauff.

Sources Loubnan

Posté par Adriana Evangelizt

Dimanche 30 Décembre 2007

Le Sionisme et le Troisième Reich


Mark Weber

Au début de 1935, un bateau rempli de passagers, à destination de Haïfa en Palestine, quitta le port allemand de Bremerhaven. Sa poupe portait son nom en lettres hébraïques : «Tel-Aviv», alors qu'un drapeau à croix gammée flottait en haut du mât. Et bien que le bateau était une propriété sioniste, son capitaine était un membre du Parti National-socialiste. De nombreuses années plus tard, un ancien passager du bateau appela cette association de symboles «une absurdité métaphysique». Absurde ou pas, il s'agit d'une facette d'un chapitre peu connu de l'histoire : la collaboration de grande ampleur entre le Sionisme et le Troisième Reich hitlérien.
 

Objectifs communs

Pendant des années, des gens de nombreux pays se sont interrogés sur la «question juive» : c'est-à-dire, quel était le rôle exact des Juifs dans les sociétés non-juives ? Pendant les années 30, les Juifs sionistes et les Allemands nationaux-socialistes ont partagé des vues similaires sur la manière de résoudre cette embarrassante question. Ils étaient d'accord sur le fait que les Juifs et les Allemands étaient deux nationalités différentes, et que les Juifs n'appartenaient pas à l'Allemagne. Les Juifs vivant dans le Reich n'étaient donc pas considérés comme des «Allemands de confession juive», mais plutôt comme des membres d'une communauté nationale distincte. Le Sionisme (nationalisme juif) impliquait aussi l'obligation pour les Juifs sionistes de s'établir en Palestine, la «patrie juive». Ils auraient difficilement pu se considérer eux-mêmes comme des Sionistes sincères et réclamer simultanément l'égalité des droits en Allemagne ou dans n'importe quel autre pays «étranger».

Theodor Herzl (1860-1904), le fondateur du Sionisme moderne, soutenait que l'antisémitisme n'était pas une aberration, mais une réaction naturelle et parfaitement compréhensible des non-juifs aux comportements et aux attitudes des étrangers juifs. La seule solution pour les Juifs, disait-il, est de reconnaître la réalité et de vivre dans un état séparé. «La question juive existe partout où les Juifs vivent en nombre important», écrivait-il dans son ouvrage le plus connu, L'Etat Juif. «Là où elle n'existe pas, elle est provoquée par l'arrivée des Juifs ... Je crois que je comprend l'antisémitisme, qui est un phénomène très complexe. J'observe ce phénomène en tant que Juif, sans haine ni crainte.» La question juive, soutenait-il, n'est ni sociale ni religieuse. «C'est une question nationale. Pour la résoudre, nous devons avant tout en faire une question internationale ...». Quelle que soit leur nationalité, insistait Herzl, les Juifs ne constituent pas simplement une communauté religieuse, mais une nation, un peuple, un «Volk». Le Sionisme, écrivait Herzl, proposait au monde «une solution finale de la question juive». [Photo : Theodor Herzl.]

Six mois après l'arrivée de Hitler au pouvoir, la Fédération Sioniste d'Allemagne (de loin le groupe sioniste le plus important dans le pays) soumit au nouveau gouvernement un mémorandum détaillé qui faisait le point sur les relations germano-juives et proposait formellement l'appui sioniste pour «résoudre» l'épineuse «question juive». La première étape, suggérait-il, devait être une franche reconnaissance des différences nationales fondamentales : 

Le Sionisme n'a pas d'illusions sur la difficulté de la condition juive, qui consiste avant tout en un modèle d'occupation anormale, et dans l'erreur d'une posture intellectuelle et morale, non-enracinée dans une tradition nationale. Le Sionisme a reconnu depuis des décennies qu'en conséquence de la tendance assimilationniste, des symptômes de détérioration apparaîtraient forcément ...

Le Sionisme pense que la renaissance de la vie nationale d'un peuple qui est à présent en train de se produire en Allemagne, par le réveil de son identité chrétienne et nationale, doit aussi survenir dans le groupe national juif. Pour le peuple juif aussi, l'origine nationale, la religion,le destin commun et le sens de son unicité, doivent être d'une importance décisive pour la suite de son existence. Cela signifie que l'égoïsme individualiste de l'ère libérale doit être dépassé et remplacé par le sens de la communauté et de la responsabilité collective ...

Nous croyons que c'est précisément la Nouvelle Allemagne [nationale-socialiste] qui peut, par une résolution audacieuse dans le traitement de la question juive, faire un pas décisif en vue de la résolution d'un problème, qui en vérité, devra être traité avec la plupart des peuples européens ...

Notre reconnaissance de la nationalité juive réclame une relation claire et sincère avec le peuple allemand et ses réalités nationale et raciale. Précisément parce que nous ne souhaitons pas falsifier ces fondements, parce que nous aussi sommes contre les mariages mixtes et pour le maintien de la pureté du groupe juif, et rejetons tout empiétement dans le domaine culturel, nous pouvons -- ayant été élevés dans la langue et la culture allemandes -- trouver intérêt aux travaux et valeurs de la culture allemande, avec admiration et sympathie ...

Pour ses objectifs pratiques, le Sionisme espère être capable d'obtenir la collaboration même d'un gouvernement fondamentalement hostile aux Juifs, parce que pour résoudre la question juive les sentiments ne comptent pas, mais seul un réel problème dont la solution intéresse tous les peuples et actuellement, particulièrement le peuple allemand ...

La propagande pour le boycott -- tel qu'il est actuellement pratiqué contre l'Allemagne sous de nombreuses formes -- est par essence parce que le Sionisme ne désire pas l'affrontement mais [désire] convaincre et construire ...

Nous ne sommes pas aveugles au fait que la question juive existe et continuera à exister. De cette situation anormale, des désavantages sévères résultent pour les Juifs, mais aussi des conditions à peine tolérables pour d'autres peuples.

Le journal de la Fédération, la Jüdische Rundschau («Revue Juive»), proclama le même message : «Le Sionisme reconnaît l'existence d'un problème juif et désire une solution constructive et à long terme. Dans ce but, le Sionisme souhaite obtenir l'assistance de tous les peuples, qu'ils soient pro- ou anti-juifs, parce que de son point de vue, nous avons affaire ici à un problème concret plutôt que sentimental, dont la solution intéresse tous les peuples.» Un jeune rabbin de Berlin, Joachim Prinz, qui s'installa plus tard aux Etats-Unis et devint le leader du Congrès Juif Américain, écrivit en 1934 dans son livre, Wir Juden («Nous, Juifs»), que la révolution nationale-socialiste en Allemagne signifiait «la Judaïté pour les Juifs». Il expliqua : «Aucun subterfuge ne peut nous sauver à présent. A la place de l'assimilation, nous désirons un nouveau concept : reconnaissance de la nation juive et de la race juive.»
 

Collaboration active

Sur la base de leurs idéologies similaires pour l'ethnicité et la nationalité, les Nationaux-socialistes et les Sionistes travaillèrent ensemble pour ce que chaque partie pensait être son propre intérêt national. En conséquence, le gouvernement de Hitler appuya vigoureusement le Sionisme et l'émigration juive en Palestine de 1933 à 1940-41, lorsque la Deuxième Guerre Mondiale empêcha une collaboration poussée.

Même lorsque le Troisième Reich se ferma davantage, de nombreux Juifs allemands, probablement une majorité, continuèrent à se considérer, souvent avec une grande fierté, comme des Allemands avant tout. Peu furent enthousiasmés par la perspective de se déraciner pour commencer une nouvelle vie dans la lointaine Palestine. Cependant, de plus en plus de Juifs allemands se convertirent au Sionisme pendant cette période. Jusqu'à la fin de 1938, le mouvement sioniste s'épanouit en Allemagne sous Hitler. La diffusion du bimensuel de la Fédération Sioniste Jüdische Rundschau augmenta énormément. De nombreux livres sionistes furent publiés. «L'activité sioniste était en plein essor» en Allemagne pendant ces années, note l'Encyclopaedia Judaïca. Une convention sioniste se tint à Berlin en 1936, reflétant «dans sa composition la vie vigoureuse du parti des Sionistes allemands».

La SS fut particulièrement enthousiaste dans son appui au Sionisme. Une circulaire interne SS de juin 1934 recommandait un appui actif et de grande ampleur au Sionisme, de la part du gouvernement et du Parti, comme la meilleure manière d'encourager l'émigration des Juifs d'Allemagne en Palestine. Cela nécessitait une plus forte prise de conscience des Juifs. Les écoles juives, les associations sportives juives, les associations culturelles juives -- bref, tout ce qui pourrait encourager cette nouvelle perception et prise de conscience -- devaient être encouragées, recommandait la circulaire.

L'officier SS Leopold von Mildenstein et le représentant de la Fédération Sioniste Kurt Tuchler partirent ensemble en Palestine pour six mois, afin d'évaluer le développement du Sionisme dans ce territoire. Se basant sur ses observations de première main, Von Mildenstein écrivit une série de douze articles illustrés dans l'important quotidien berlinois Der Angriff [le journal lancé par Goebbels en 1927, NDT], qui furent publiés à la fin de 1934 sous le titre « Un Nazi voyage en Palestine». Les articles exprimaient une grande admiration pour l'esprit pionnier et les réalisations des colons Juifs. Le développement du Sionisme, écrivait Von Mildenstein, avait produit une nouvelle sorte de Juif. Il faisait l'éloge du Sionisme comme étant un grand bienfait pour le peuple juif et pour le monde entier. Un foyer national juif en Palestine, écrivait-il dans son dernier article, «montre la voie pour guérir une blessure vieille de plusieurs siècles sur le corps du monde : la question juive». Der Angriff fit frapper une médaille, avec une svastika sur une face et une étoile de David sur l'autre, pour commémorer la visite conjointe SS-Sioniste. Quelques mois après la parution des articles, Von Mildenstein fut promu à la tête de la Direction des Affaires Juives du Service de Sécurité SS (SD), avec l'objectif de soutenir plus efficacement l'émigration et le développement sionistes.

Le journal officiel SS, Das Schwarze Korps, proclama son appui au Sionisme dans une page éditoriale en mai 1935 : «Le temps pourrait ne plus être très éloigné, où la Palestine pourra à nouveau recevoir ses fils égarés pendant plus d'un millier d'années. Nos meilleurs voeux, joints la bienveillance officielle, les accompagnent.» Quatre mois plus tard, un article similaire parut dans le journal SS :

La reconnaissance du Judaïsme comme une communauté raciale basée sur le sang et non sur la religion conduit le gouvernement allemand à garantir sans réserves la séparation raciale de cette communauté. Le gouvernement se trouve en parfait accord avec le grand mouvement spirituel à l'intérieur du Judaïsme, nommé Sionisme, avec sa reconnaissance de la solidarité juive dans le monde et dans son rejet de toute notion assimilationniste. Sur cette base, l'Allemagne prend des mesures qui joueront sûrement un rôle significatif dans le futur, pour la prise en main du problème juif dans le monde.

Une des plus importantes compagnies maritimes allemandes ouvrit une ligne directe entre Hambourg et Haïfa en Palestine, en octobre 1933, fournissant «de la nourriture strictement kasher sur ses bateaux, sous la supervision du Rabbinat de Hambourg.»

Avec l'appui officiel, les Sionistes travaillèrent infatigablement à «rééduquer» les Juifs d'Allemagne. Comme l'écrivit l'écrivain américain Francis Nicosia dans son étude en 1985, Le Troisième Reich et la question de Palestine : «Les Sionistes furent encouragés à délivrer leur message à la communauté juive, à collecter de l'argent, à montrer des films sur la Palestine, et d'une manière générale à éduquer les Juifs allemands à propos de la Palestine. Il y eut une pression considérable pour enseigner aux Juifs en Allemagne à cesser de s'identifier aux Allemands et à éveiller en eux une nouvelle identité nationale juive.»

Dans une interview après la guerre, l'ancien dirigeant de la Fédération Sioniste d'Allemagne, le Dr Hans Friedenthal, résuma le situation : «La Gestapo fit tout pour encourager l'immigration pendant cette période, particulièrement vers la Palestine. Nous reçûmes souvent son aide lorsque nous demandions quelque chose à d'autres autorités, concernant des préparatifs pour l'immigration.»

Au Congrès du Parti National-socialiste en septembre 1935, le Reichstag adopta les lois dites «de Nuremberg », qui interdisaient les mariages et les relations sexuelles entre Juifs et Allemands, et de fait, proclamaient que les Juifs étaient une minorité nationale étrangère. Quelques jours plus tard l'éditorial du journal sioniste Jüdische Rundschau faisait bon accueil aux nouvelles mesures :

L'Allemagne ... rejoint les demandes du Congrès Sioniste Mondial lorsqu'elle déclare que les Juifs vivant à présent en Allemagne sont une minorité nationale. Maintenant que les Juifs ont été classés comme une minorité nationale il est à nouveau possible d'établir des relations normales entre la nation allemande et le Judaïsme. Les nouvelles lois donnent à la minorité juive en Allemagne sa propre vie culturelle, sa propre vie nationale. Dans le futur elle sera capable d'ouvrir ses propres écoles, son propre théâtre, et ses propres associations sportives. En résumé, elle peut créer son propre avenir dans tous les aspects de la vie nationale ...

L'Allemagne a donné à la minorité juive l'opportunité de vivre pour elle-même, et lui offre la protection de l'Etat pour cette vie séparée de la minorité juive : le processus de croissance du Judaïsme à l'intérieur d'une nation sera de ce fait encouragé et une contribution sera apportée à l'établissement de relations plus supportables entre les deux nations.

Georg Kareski, dirigeant de l'Organisation d'Etat Sioniste «Révisionniste» et de la Ligue Culturelle Juive, et ancien dirigeant de la communauté juive de Berlin, déclara dans une interview dans le quotidien berlinois Der Angriff à la fin de 1935 :

Depuis de nombreuses années j'ai considéré la séparation complète des affaires culturelles des deux peuples comme une condition préalable pour vivre ensemble sans conflit ... J'ai recommandé depuis longtemps une telle séparation, montrant qu'elle est fondée sur le respect pour la nationalité étrangère. Les lois de Nuremberg ... me paraissent, mis à part leurs aspects légaux, se conformer entièrement à ce désir d'une vie séparée, basée sur le respect mutuel. ... Cette interruption du processus de dissolution dans de nombreuses communautés juives, qui avait été encouragé par les mariages mixtes, est par conséquent, d'un point de vue juif, entièrement bienvenue.

Les dirigeants sionistes dans d'autres pays firent écho à ces vues. Stephen S. Wise, président du Congrès Juif Américain et du Congrès Juif Mondial, déclara lors d'un rassemblement à New York en juin 1938 : «Je ne suis pas un citoyen américain de religion juive, je suis un Juif ... Hitler avait raison pour une chose : il appelle le peuple juif une race, et nous sommes une race.» [Photo : Stephen Wise.]

Le spécialiste des Affaires Juives du Ministère de l'Intérieur, le Dr Bernhard Lösener, exprima son soutien au Sionisme dans un article qui parut dans une édition de novembre 1935 du bulletin officiel de l'Administration du Reich :

Si les Juifs avaient déjà leur propre état dans lequel la majorité d'entre eux était installée, alors la question juive pourrait être considérée comme complètement résolue aujourd'hui, et aussi pour les Juifs eux-mêmes. La plus faible opposition aux idées contenues dans les lois de Nuremberg s'est rencontrée chez les Sionistes, parce qu'ils ont immédiatement réalisé que ces lois représentent la seule solution correcte pour le peuple juif lui-même. Car chaque nation doit avoir son propre état comme expression extérieure de son propre esprit national.

En coopération avec les autorités allemandes, les groupes sionistes organisèrent un réseau de quelques quarante camps et centres agricoles à travers l'Allemagne, où de futurs colons furent entraînés pour leurs nouvelles vies en Palestine. Bien que les lois de Nuremberg interdisaient aux Juifs d'utiliser le drapeau allemand, les Juifs se virent garantir le droit d'utiliser la bannière nationale juive, bleue et blanche. Le drapeau qui serait un jour adopté par l'Etat d'Israël flotta sur les camps et les centres sionistes dans l'Allemagne d'Hitler.

Le service de sécurité de Himmler coopéra avec la Haganah, l'organisation militaire sioniste secrète en Palestine. L'agence SS rétribua financièrement le représentant de la Haganah, Feivel Polkes, pour ses informations sur la situation en Palestine et pour son aide dans l'organisation de l'immigration juive vers ce pays. [Feivel Polkes eut même une entrevue avec l'officier SS Adolf Eichmann, à Berlin le 26 février 1937, NDT.] Cependant, la Haganah était tenue informée des plans allemands par un espion qu'elle réussit à implanter dans le Quartier Général de la SS à Berlin. La collaboration Haganah-SS inclut même la livraison secrète d'armes allemandes aux colons juifs pour la lutte contre les Arabes de Palestine.

Après le déchaînement de violence et de destruction de la «Nuit de Cristal» en novembre 1938, [selon certains historiens, ce pogrom fut délibérément ordonné par Goebbels, jaloux du contrôle SS sur la politique d'émigration juive, NDT], la SS aida rapidement l'organisation sioniste à se remettre sur ses pieds et continuer son travail en Allemagne, quoique à présent sous un contrôle plus strict. 
 

Restrictions officielles

L'appui allemand au Sionisme n'était pas illimité. Les dirigeants du Gouvernement et du Parti étaient très conscients de la campagne continue menée par les puissantes communautés juives aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans d'autres pays, pour mobiliser «leurs» gouvernements et leurs concitoyens contre l'Allemagne. Aussi longtemps que le Judaïsme mondial resterait implacablement hostile à l'Allemagne nationale-socialiste, et aussi longtemps que la grande majorité des Juifs dans le monde montrerait peu d'enthousiasme pour se réinstaller dans la «Terre promise» sioniste, un Etat juif souverain en Palestine ne «résoudrait» pas réellement la question juive internationale. Au contraire, résonnaient les dirigeants allemands, cela renforcerait immensément cette dangereuse campagne anti-allemande. En conséquence, l'appui allemand au Sionisme fut limité à un soutien pour un foyer juif en Palestine, sous contrôle britannique, pas pour un Etat juif souverain.

Un Etat juif en Palestine, déclara le Ministre [allemand] des Affaires Etrangères à des diplomates en juin 1937, ne serait pas dans l'intérêt de l'Allemagne parce qu'il ne serait pas capable d'absorber tous les Juifs du monde, mais servirait seulement comme une base de puissance supplémentaire pour le Judaïsme international, à peu près de la même manière que Moscou servait comme base pour le Communisme International. Reflétant un certain changement dans la ligne officielle, la presse allemande en 1937 exprima une bien plus grande sympathie pour la résistance arabe palestinienne aux ambitions sionistes, à un moment où la tension et le conflit entre les Juifs et les Arabes en Palestine étaient croissants. 

Une circulaire du Ministère des Affaires Etrangères du 22 juin 1937 avertissait qu'en dépit de l'appui à la colonisation juive en Palestine, «ce serait néanmoins une erreur de supposer que l'Allemagne soutenait la formation d'une structure d'état en Palestine sous quelque forme de contrôle juif. Au vu de l'agitation anti-allemande du Judaïsme international, l'Allemagne ne peut pas approuver [l'idée] que la formation d'un Etat juif en Palestine aiderait le développement pacifique des nations du monde» (...) «La proclamation d'un Etat juif ou d'une Palestine administrée par les Juifs», avertissait un mémorandum interne de la section des Affaires Juives de la SS, «créerait pour l'Allemagne un nouvel ennemi, qui aurait une profonde influence sur les développements [politiques] au Proche-Orient». Une autre agence SS prédit qu'un Etat juif «travaillerait à apporter une protection spéciale aux minorités juives dans tous les pays, donnant par conséquent une protection légale à l'activité parasite du Judaïsme mondial». En janvier 1939, le nouveau ministre des Affaires Etrangères de Hitler, Joachim von Ribbentropp, avertit de même dans une autre circulaire que «l'Allemagne devait considérer la formation d'un Etat juif comme dangereuse», parce que «cela apporterait un accroissement international à la puissance du Judaïsme mondial».

Hitler lui-même revit personnellement toute cette question au début de 1938, et en dépit de son vieux scepticisme à propos des ambitions sionistes et de sa crainte que sa politique puisse contribuer à la formation d'un Etat juif, il décida de soutenir l'émigration juive en Palestine encore plus vigoureusement. La perspective de débarrasser l'Allemagne de ses Juifs, conclut-il, pesait plus lourd que les dangers possibles.

Cependant, le gouvernement britannique imposa des restrictions encore plus drastiques à l'immigration juive en Palestine en 1937, 1938 et 1939. En réponse, le service de sécurité SS conclut une alliance secrète avec l'agence clandestine sioniste Mossad le-Aliya Bet pour introduire illégalement les Juifs en Palestine. En résultat de cette collaboration intensive, plusieurs convois de bateaux réussirent à atteindre la Palestine malgré les bateaux de guerre britanniques. L'émigration juive, à la fois légale et illégale, [partant] d'Allemagne (incluant l'Autriche à partir de 1938) vers la Palestine, s'accrut dramatiquement en 1938 et 1939. Un autre départ de 10 000 Juifs était programmé pour octobre 1939, mais le déclenchement de la guerre mit fin à cet effort. Malgré tout, les autorités allemandes continuèrent à soutenir l'émigration indirecte des Juifs vers la Palestine en 1940 et 1941. Même aussi tard qu'en mars 1942, au moins un camp d'entraînement sioniste «kibboutz», officiellement autorisé pour les émigrants potentiels, continua à fonctionner dans l'Allemagne de Hitler. 
 

L'Accord de Transfert

La pièce centrale de la coopération germano-sioniste pendant l'époque hitlérienne fut l'Accord de Transfert, un pacte qui permit à des dizaines de milliers de Juifs allemands d'émigrer en Palestine avec leur fortune. L'Accord, également connu sous le nom de Haavara (mot hébreu pour «transfert»), fut conclu en août 1933 après des pourparlers entre des officiels allemands et Chaïm Arlosoroff, Secrétaire Politique de l'Agence Juive, centre palestinien de l'Organisation Sioniste Internationale.

Par cet arrangement inhabituel, chaque Juif en partance pour la Palestine déposait de l'argent sur un compte spécial en Allemagne. L'argent était utilisé pour acheter du matériel agricole de fabrication allemande, des matériaux de construction, des pompes, des engrais, etc, qui étaient exportés en Palestine et vendus par la compagnie juive du Haavara à Tel-Aviv. L'argent des ventes était donné à l'émigrant juif à son arrivée en Palestine, avec un montant correspondant à son dépôt en Allemagne. Les marchandises allemandes se déversèrent sur la Palestine par l'intermédiaire du Haavara, qui fut complété peu de temps après par un accord de troc, par lequel des oranges de Palestine furent échangées contre du bois de construction, des automobiles, des machines agricoles, et d'autres marchandises allemandes. Ainsi l'Accord servit le projet sioniste d'amener des colons juifs et des capitaux en Palestine, tout en servant simultanément le but allemand de libérer le pays [allemand] d'un groupe étranger indésirable.

Les délégués du Congrès Sioniste de Prague en 1933 débattirent vigoureusement des mérites de l'Accord. Certains craignaient que le pacte ne sape le boycott économique international des Juifs contre l'Allemagne. Mais les officiels sionistes rassurèrent le Congrès. Sam Cohen, une figure-clé de l'Accord du Haavara, assura que l'Accord n'était pas économiquement avantageux pour l'Allemagne. Arthur Ruppin, un spécialiste de l'émigration de l'Organisation Sioniste, qui avait aidé à négocier le pacte, souligna que «l'Accord de Transfert n'interférait en aucune manière avec le mouvement de boycott, car aucune nouvelle devise n'entrerait en Allemagne en résultat de l'Accord ...». Le Congrès Sioniste de 1935, qui eut lieu en Suisse, approuva massivement le pacte. En 1936, l'Agence Juive (le «gouvernement clandestin» sioniste en Palestine) prit le contrôle direct du Haavara, qui resta en vigueur jusqu'à ce que la Deuxième Guerre Mondiale oblige à l'abandonner.

Certains officiels allemands s'opposèrent à l'arrangement. Le Consul Général d'Allemagne à Jérusalem, Hans Döhle, par exemple, critiqua sévèrement l'Accord en plusieurs occasions pendant l'année 1937. Il souligna que cela coûtait à l'Allemagne les échanges extérieurs que les produits exportés en Palestine par le moyen du pacte, pourraient rapporter s'ils étaient vendus ailleurs. Le monopole du Haavara sur la vente de marchandises allemandes en Palestine par l'intermédiaire de l'Agence Juive mécontentait naturellement les hommes d'affaires allemands, ainsi que les Arabes. L'appui officiel allemand au Sionisme pouvait conduire à perdre des marchés dans le monde arabe. Le gouvernement britannique était aussi mécontent de l'arrangement. Un bulletin interne du Ministère allemand des Affaires Etrangères en juin 1937 faisait allusion aux «sacrifices des échanges extérieurs» qui résultaient du Haavara.

Un mémorandum interne de décembre 1937 du Ministère allemand de l'Intérieur revoyait l'impact de l'Accord de Transfert : «Il n'y a pas de doute que l'arrangement du Haavara a contribué très significativement au développement très rapide de la Palestine depuis 1933. L'Accord n'a pas seulement fourni la plus grande source d'argent (depuis l'Allemagne !), mais aussi le groupe d'immigrants le plus intelligent, et finalement il a apporté au pays les machines et les produits industriels essentiels pour son développement ». Le principal avantage du pacte, disait le mémorandum, était l'émigration de groupes importants de Juifs en Palestine, l'objectif le plus désirable du point de vue de l'Allemagne. Mais le rapport notait aussi les importants inconvénients soulignés par le Consul Döhle et par d'autres. Le Ministre de l'Intérieur, continuait le texte, avait conclu que les désavantages de l'Accord dépassaient à présent les avantages, et que par conséquent, il fallait y mettre fin.

Un seul homme pouvait résoudre la controverse. Hitler revit personnellement cette politique en juillet et septembre 1937, et à nouveau en janvier 1938, et à chaque fois décida de maintenir l'arrangement du Haavara. L'objectif de libérer l'Allemagne de la présence des Juifs, conclut-il, justifiait les inconvénients.

Le Ministère de l'Economie du Reich aida à organiser une autre compagnie de transfert, l'Agence d'Investissement et de Commerce International, ou Intria, par laquelle les Juifs des pays étrangers pouvaient aider les Juifs allemands à émigrer en Palestine. Presque 900 000 dollars furent finalement transférés aux Juifs allemands en Palestine par l'intermédiaire de l'Intria. D'autres pays européens, impatients d'encourager l'émigration juive, conclurent des accords avec les sionistes, sur le modèle du Haavara. En 1937 la Pologne autorisa [la création de] la compagnie de transfert Halifin (mot hébreu pour «échange»). A la fin de l'été 1939, la Tchécoslovaquie, la Roumanie, la Hongrie et l'Italie avaient signé des arrangements similaires. Le déclenchement de la guerre en septembre 1939, empêcha cependant la mise en oeuvre à grande échelle de ces accords. 
 

Les réalisations du Haavara

Entre 1933 et 1941, quelques 60 000 Juifs allemands émigrèrent en Palestine avec l'aide du Haavara et d'autres arrangements germano-sionistes, c'est-à-dire à peu près 10% de la population juive de l'Allemagne de 1933. (Ces Juifs allemands formaient environ 15% de la population juive de Palestine en 1939.) Certains émigrants du Haavara transférèrent des fortunes personnelles considérables de l'Allemagne vers la Palestine. Comme l'a noté l'historien juif Edwin Black : «Beaucoup de ces gens, spécialement à la fin des années 30, purent transférer de véritables répliques de leurs maisons et de leurs usines, c'est-à-dire refaire leur vie presque à l'identique».

Le montant total de l'argent transféré d'Allemagne en Palestine par le Haavara entre août 1933 et la fin de 1939 fut de 8,1 millions de livres, soit 139,57 millions de marks allemands (ou l'équivalent de plus de 40 millions de dollars). Ce montant incluait 33,9 millions de marks allemands (13,8 millions de dollars) fournis par la Reichsbank en application de l'Accord.

L'historien Edwin Black a estimé que 70 millions de dollars supplémentaires ont pu être transférés en Palestine par des accords commerciaux corollaires avec l'Allemagne, et des transactions bancaires internationales. Les fonds allemands eurent un impact majeur sur un pays aussi sous-développé que l'était la Palestine dans les années 30, remarque-t-il. Plusieurs entreprises industrielles majeures furent créées avec les capitaux venant d'Allemagne, incluant les entreprises de canalisations «Mekoroth» et de textile «Lodzia». L'afflux des produits et des capitaux du Haavara, conclut Edwin Black, «produisit une explosion économique en Palestine juive» et fut «un facteur indispensable dans la création de l'Etat d'Israël».

L'Accord du Haavara contribua grandement au développement juif en Palestine, et ainsi, indirectement, à la fondation de l'Etat d'Israël. Un bulletin de janvier 1939 du Ministère allemand des Affaires Etrangères rapportait, avec quelque inquiétude, que «le transfert de propriétés juives en-dehors d'Allemagne [par l'Accord du Haavara] contribuait d'une manière non négligeable à la construction d'un Etat juif en Palestine».

D'anciens officiels de la compagnie du Haavara en Palestine confirmèrent ces vues dans une étude détaillée de l'Accord de Transfert, publiée en 1972 : «L'activité économique rendue possible par l'afflux de capitaux allemands et les transferts du Haavara aux secteurs privé et public, furent de la plus grande importance pour le développement du pays. De nombreuses industries nouvelles et d'entreprises commerciales s'établirent en Palestine juive, et de nombreuses entreprises qui sont extrêmement importantes, encore aujourd'hui, pour l'économie de l'Etat d'Israël, doivent leur existence au Haavara». Le Dr Ludwig Pinner, un représentant du Haavara à Tel-Aviv pendant les années 30, commenta plus tard que les immigrants exceptionnellement compétents du Haavara «contribuèrent de manière décisive» au développement économique, social, culturel et éducatif de la communauté juive de Palestine.

L'Accord de Transfert fut l'exemple le plus extrême de la coopération entre l'Allemagne de Hitler et le Sionisme international. Par cet accord, le Troisième Reich de Hitler fit plus que tout autre gouvernement pendant les années 30 pour soutenir le développement juif en Palestine. 
 

Les Sionistes proposent une alliance militaire avec Hitler

Au début de janvier 1941, une petite mais importante organisation sioniste soumit une proposition formelle aux diplomates allemands à Beyrouth, en vue d'une alliance politico- militaire avec l'Allemagne en guerre. La proposition fut faite par le groupe clandestin extrémiste «Combattants pour la Liberté d'Israël», plus connu sous le nom de Lekhi ou Groupe Stern. Son leader, Abraham Stern, avait récemment rompu avec le groupe nationaliste radical «Organisation Militaire Nationale» (Irgoun Zvai Leumi) à propos de l'attitude à tenir envers la Grande-Bretagne, qui avait efficacement interdit la poursuite de la colonisation juive en Palestine. Stern considérait la Grande-Bretagne comme l'ennemi principal du Sionisme.

Cette proposition sioniste proposition «pour la solution de la question juive en Europe et la participation active du NMO [Lekhi] à la guerre aux cotés de l'Allemagne» mérite d'être citée plus en détails :

Dans leurs discours et déclarations, les principaux dirigeants de l'Allemagne nationale-socialiste ont souvent souligné qu'un Ordre Nouveau en Europe requiert comme préalable une solution radicale de la question juive par l'évacuation («l'Europe libérée des Juifs»).

L'évacuation des masses juives d'Europe est une condition préalable pour résoudre la question juive. Cependant, la seule manière de la réaliser totalement est l'installation de ces masses dans la patrie d'origine du peuple juif, la Palestine, et par l'établissement d'un Etat juif dans ses limites historiques.

Le but de l'activité politique, et des années de combat du Mouvement pour la Liberté d'Israël, l'Organisation Militaire Nationale en Palestine (Irgoun Zvai Leumi), est de résoudre le problème juif de cette manière et ainsi de libérer complètement le peuple juif pour toujours.

Le NMO, qui connaît bien la bonne volonté du gouvernement du Reich allemand, et ses représentants, dans le cadre des activités sionistes en Allemagne et du programme sioniste d'émigration, est d'avis que : 

1. Des intérêts communs peuvent exister entre un Ordre Nouveau européen basé sur le concept allemand et les véritables aspirations nationales du peuple juif, telles qu'incarnées par le NMO. 

2. La coopération est possible entre la Nouvelle Allemagne et une Judaïté («Hebräertum») nationale-populaire rénovée. 

3. L'établissement de l'Etat juif historique sur une base nationale et totalitaire, et lié par traité au Reich allemand, serait dans l'intérêt du maintien et du renforcement futur de la position et de la puissance de l'Allemagne au Proche-Orient.

Sur la base de ces considérations, et à la condition que le gouvernement du Reich allemand reconnaisse les aspirations nationales du Mouvement pour la Liberté d'Israël, mentionnées ci-dessus, le NMO en Palestine propose de prendre part activement à la guerre aux côtés de l'Allemagne.

Cette proposition du NMO pourrait inclure une activité militaire, politique, et de renseignement à l'intérieur de la Palestine, et après certaines mesures organisationnelles, également en-dehors. En parallèle, les hommes juifs d'Europe seraient entraînés militairement et organisés dans des unités militaires sous la direction et le commandement du NMO. Ils prendraient part à des opérations de combat dans le but de conquérir la Palestine, si un tel front devait s'ouvrir.

La participation indirecte du Mouvement pour la Liberté d'Israël à l'Ordre Nouveau en Europe, déjà dans la phase préparatoire, combinée avec une solution radicalement positive du problème juif européen, sur la base des aspirations nationales, mentionnées ci-dessus, du peuple juif, renforcerait grandement le fondement moral de l'Ordre Nouveau aux yeux de toute l'humanité.

La coopération du Mouvement pour la Liberté d'Israël serait aussi en Accord avec un récent discours du Chancelier du Reich allemand, dans lequel Hitler assurait qu'il utiliserait toute combinaison et coalition pour isoler et vaincre l'Angleterre.

Il n'existe pas de traces d'une réponse allemande. Une acceptation était très improbable de toute manière, parce qu'à ce moment la politique allemande était résolument pro-arabe. Il est remarquable que le Groupe Stern chercha à conclure un pacte avec le Troisième Reich à une époque où des bruits selon lesquels Hitler préparait l'extermination des Juifs, étaient déjà largement en circulation. Apparemment, soit Abraham Stern ne crut pas à ces bruits, soit il voulait collaborer avec l'ennemi mortel de son peuple pour aider à la formation d'un Etat juif.

Un membre important du Lekhi à l'époque où le Groupe fit cette proposition était Yitzhak Shamir, qui plus tard devint Ministre des Affaires Etrangères d'Israël, et ensuite pendant les années 80 et jusqu'en juin 1992, Premier Ministre. En tant que chef des opérations du Lekhi, après la mort de Stern en 1942 [tué par l'Armée britannique, NDT], Shamir organisa de nombreuses actions terroristes, incluant l'assassinat du Ministre britannique du Moyen-Orient, Lord Moyne, en novembre 1944, et le meurtre du médiateur suédois des Nations Unies, le comte Bernadotte, en septembre 1948. [Photo : Yitzhak Shamir.]

Des années plus tard, lorsque Shamir fut interrogé sur la proposition [faite aux Allemands] de 1941, il confirma qu'il était au courant de la proposition d'alliance faite par son organisation, avec l'Allemagne en guerre. 
 

Conclusion

En dépit de l'hostilité fondamentale entre le régime de Hitler et le Judaïsme international, pendant plusieurs années les intérêts des Sionistes juifs et des Nationaux-socialistes allemands coïncidèrent. En collaborant avec les Sionistes en vue d'une solution humaine et mutuellement désirable à un problème complexe, le Troisième Reich consentait à sacrifier des échanges extérieurs, à détériorer ses relations avec la Grande-Bretagne, et à mécontenter les Arabes. En effet, durant les années 30 aucune nation ne fit plus que l'Allemagne de Hitler en faveur des objectifs lointains des Sionistes juifs.

Sources On nous cache tout

Posté par Adriana Evangelizt

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