Franchir le mur d’acier
Par Samah Jabr
« La colonisation ne peut se poursuivre et se développer que sous la protection d’une force sans lien avec la population locale, un mur d’acier que cette population ne pourra franchir ». Jabotinsky : "Le mur d’acier, nous et les Arabes", 4 novembre 1923
Il y a deux exemples marquants de murs construits et démolis par le genre humain : la Grande Muraille de Chine, construite en 215 avant JC, qui évoque les invasions des hordes dévastant les vallons et nécessitant cette construction de 1 400 miles et, plus récemment, le Mur de Berlin, tombé en 1989, annonçant l’ère de la mondialisation. Un jour, je l’espère, le Mur de l’apartheid érigé par Israël en sera un troisième exemple.
Le mur d’Israël est un projet qui a été pensé au début du siècle dernier par Vladimir Jabotinsky, père de l’héritage sioniste révisionniste. Les idéaux professés par Jabotinsky, et perpétués par les gouvernements israéliens, ne sont pas moins anciens, violents et exclusionnistes que n’importe quelle manifestation de la volonté de tenir « l’autre » à l’écart, de l’autre côté d’un mur, dans un bidonville, une réserve ou un camp de concentration. L’article de Jabotinsky, « Le mur d’acier, nous et les Arabes », est paru pour la première fois le 4 novembre 1923 dans le magazine Rasswyet. Entre autres choses, Jabotinsky écrit :
« Tout peuple indigène – qu’il soit civilisé ou sauvage – considère son pays comme son foyer national dont il sera toujours le maître absolu. Non seulement il n’acceptera pas de plein gré qu’un autre le dirige mais il refusera même de le partager, il en est ainsi pour les Arabes. Des partisans du compromis, parmi nous, essaient de nous convaincre que les Arabes ne seraient que des imbéciles qu’on pourrait escroquer en leur exprimant de façon subtile quels sont nos objectifs, ou qu’une tribu de gens attirés par l’argent, prêts à abandonner leur droit acquis par leur naissance sur la Palestine pour des améliorations culturelles et économiques. Je réfute catégoriquement cette appréciation sur les Arabes palestiniens… Ils regardent la Palestine avec le même amour spontané et la même véritable ferveur avec lesquels les Aztèques voyaient leur Mexique ou les Sioux leur prairie… Ce rêve puéril de nos « arabophiles » vient de leur mépris pour le peuple arabe, d’une vision injustifiée sur cette race dans laquelle ils voient une populace avide, disposée à vendre sa patrie pour une ligne de chemin de fer. »
Il poursuit : « La colonisation sioniste, même la plus restreinte, doit soit s’arrêter, soit se réaliser au mépris de la volonté de la population indigène. Cette colonisation ne peut… se poursuivre et se développer que sous la protection d’une force sans lien avec la population locale, un mur d’acier que cette population ne pourra franchir. Tout cela ne signifie nullement qu’un accord est impossible, mais seulement qu’un accord de plein gré est impossible. Aussi longtemps qu’elle aura une lueur d’espoir de se débarrasser de nous, cette population ne monnayera pas cet espoir… elle n’est pas une populace, mais une nation, peut-être quelque peu en lambeaux, mais toujours vivante. Et un peuple vivant ne fait de tels compromis énormes sur des questions aussi inéluctables que s’il a perdu tout espoir… le seul moyen d’arriver à un accord est le mur d’acier… un gouvernement exempt de toute influence arabe. Autrement dit, le seul moyen d’obtenir un accord dans l’avenir, c’est de renoncer totalement à en obtenir un dans le présent. »
Cette philosophie, alors largement répandue, s’est transmise de Jabotinsky à plusieurs dirigeants israéliens et décideurs politiques. Ceux d’entre nous qui vivent en Palestine ont pu voir que, quelle que soit la façon dont un gouvernement israélien se prétend réceptif à notre égard, la stratégie Jabotinsky reste la ligne politique intérieure.
Israël s’est servi de la première Guerre du Golfe et des menaces iraquiennes de bombarder les secteurs israéliens trop proches de nos villes et villages. Des check-points aux tas de terre qui obstruent complètement nos routes et aux fossés qui encerclent nos villes, le gouvernement israélien a montré sa détermination à mettre tous les Palestiniens en résidence surveillée dans leur maison ou leur village.
En avril 2001, une énorme porte d’acier a été édifiée dans le petit espace qui sépare la ville de Jénine, en Cisjordanie, de la terre confisquée par Israël d’une part, et de la ville palestinienne de Qabatiya d’autre part. La porte de Jénine a été la première structure de ce type montée sur la terre palestinienne. Cependant, ce n’est pas la première qui fut construite par Israël. La porte de Jénine est la copie de l’énorme porte d’acier qui sépare le sud du Liban d’une terre autrefois considérée comme appartenant à la mère patrie palestinienne, aujourd’hui une ferme israélienne.
Peu de temps après, en juin 2002, Israël a ajouté son mur à la liste des murs infâmants de l’histoire : les sionistes qui vivent autour de moi ont repris l’idée métaphorique de Jabotinsky – le mur d’acier – et l’ont traduite dans la réalité : un mur multicouche en béton, composé d’une série de dalles de béton de 8 m de hauteur, de tranchées, de barbelés, de « zones tampon », de clôtures électrifiées, de moult miradors, caméras à imagerie thermique, tours pour les snipers et routes pour les patrouilles. Il s’étend sur 790 km, dont 80% sont encore en construction en Cisjordanie, sur des terres confisquées aux Palestiniens par l’armée israélienne qui a volé les terres les plus fertiles ainsi que les puits et ressources naturels, annexé 70% de l’ensemble de la zone de recharge du bassin aquifère ouest à Israël, en même temps que 62 sources et 134 puits palestiniens, isolant quelque 60 500 Palestiniens qui vivent dans 42 villes et villages dans une zone fermée, cet espace entre le Mur et la Ligne verte ; 12 villages, avec une population totale de 31 400 Palestiniens, vont être complètement encerclés par le Mur. Qalqilya par exemple.
Le Mur a de graves conséquences économiques et humanitaires et il bouche l’horizon de tout futur Etat palestinien souverain. Les Palestiniens ont été coupés de leurs terres agricoles et de leurs moyens de subsistance, de leurs lieux de travail, de leurs écoles et universités, du système d’aide sociale et des services de santé. Des femmes accouchent toujours aux check-points et des nouveau-nés continuent d’y mourir parce que coupés des soins et des services d’urgence.
En dépit de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice de La Haye du 9 juillet 2004 qui a reconnu que la construction du Mur était « contraire au droit international » et qu’Israël avait obligation d’en arrêter la construction, d’en abattre la partie existante et de réparer tous les dommages provoqués par sa construction, en dépit de cet avis, Israël a accéléré sa construction.
Les pourparlers de paix qui ont eu lieu à Annapolis fin 2007 se sont abstenus d’évoquer le Mur en tant qu’obstacle à la paix, pour ne pas dire plus. Le Mur est considéré comme un fait accompli et avec ma famille, mes voisins et mes compatriotes, nous nous attendons à payer le prix de la tradition révisionniste et de l’idéologie du Mur qui trahissent à jamais l’humanité.
Au lieu de boycotter Israël pour son mur illégal, la communauté internationale a soutenu l’idéologie du Mur, boycotté le gouvernement palestinien démocratiquement élu et appliqué le blocus de Gaza. Ce que je comprends, c’est que le Mur sioniste s’est édifié dans l’esprit des politiciens du monde bien avant que je naisse, une réaction des dirigeants du monde au message des procès de Nuremberg : « Oui, le peuple juif souffrant a besoin d’un endroit pour en faire son foyer, même si cela doit provoquer l’expulsion et l’assujettissement d’une autre nation. »
Malgré le retrait des colons israéliens, Gaza reste toujours occupée depuis l’été 2005 ; Israël garde sa maîtrise sur une armée de collaborateurs à l’intérieur de Gaza, tout en contrôlant, en tant que puissance extérieure, les frontières, les passages frontaliers, l’espace aérien, les eaux côtières, l’économie et l’électricité.
Israël détient, enfermés dans une prison, 1,5 million Palestiniens depuis janvier 2006. Ce verrouillage s’est resserré en juin 2007, provoquant la montée d’une catastrophe humanitaire ; Israël a fermé tout accès pour entrer et sortir d’une Gaza emmurée, multipliant les assassinats et interrompant les livraisons cruciales de carburant, de nourriture et de médicaments. Israël est capable de couper l’eau et l’électricité à une population occupée. Nous avons vu des gens ventiler manuellement, à tour de rôle, leurs proches dans les hôpitaux de Gaza, nous avons entendu des élèves se plaindre de ne pouvoir étudier dans les nuits froides et noires de Gaza, mais c’est à l’extérieur de Gaza qu’on a perdu toute notion de justice, laissant toute cette obscurité submerger Gaza.
La brèche dans le mur israélien, entre la bande de Gaza et l’Egypte, a été un grand évènement, tant pour des raisons humanitaires que politiques. Le peuple affamé de Gaza a réussi à obtenir une aide provisoire et a reconstitué quelques provisions qui l’aideront dans sa ténacité à supporter ce siège violent ; la participation massive à ce franchissement « sans frontière » a donné un énorme coup de fouet à la mobilisation sociale et politique, pas seulement en Palestine mais aussi en Egypte et en d’autres pays arabes. Le niveau d’implication du peuple ordinaire a montré les potentiels pour reconstruire, à l’échelle nationale, un mouvement de résistance populaire qui a caractérisé la Première Intifada palestinienne.
Au même titre qu’elle fut un triomphe pour le peuple affamé, des deux côtés de la frontière de Gaza, la brèche dans le mur fut une honte pour les autorités qui menacèrent de briser les jambes à tout Palestinien qui oserait refranchir la frontière. Plusieurs types de propagande ont été lancés pour désamorcer ce grand évènement populaire : « Les Gazaouis fuient l’oppression ou le régime extrémiste de Gaza qui imposent l’islamisation à une population non consentante », « Les Palestiniens se saisissent de l’occasion pour immigrer définitivement en Egypte une fois passée la frontière », sont quelques exemples de cette propagande mensongère. Le monde, qui a la mémoire courte, a oublié combien de pèlerins de Gaza avaient supplié de pouvoir rentrer à Gaza, quelques semaines seulement avant ce franchissement de la frontière.
S’il vivait encore aujourd’hui, Vladimir Jabotinsky serait déçu. Jabotinsky avait en partie raison : les Palestiniens ne sont pas une populace, mais un peuple vivant. Et un peuple vivant n’est prêt à céder sur des questions inéluctables que lorsqu’il a abandonné tout espoir de se débarrasser de son occupant. Pourtant, il ne viendrait pas à l’idée de Jabotinsky et de ses disciples que les Palestiniens soient capables de traverser leur monstrueux Mur d’apartheid. Le franchissement du Mur, le symbole du défi populaire et la reconquête de nos droits humains et sociaux nous donnent cette lueur d’espoir de réussir à mettre dehors l’occupant ; rien dans le monde ne peut conduire les Palestiniens à renoncer à cet espoir.
le Palestine Times de mars 2008.
Traduction : JPP pour les Amis de Jayyous
http://www.aloufok.net
Posté par Adriana Evangelizt
Le 30 Mars 1976, la Journée de la Terre en Palestine
Par Justice Palestine
Chaque année depuis 1976, les Palestiniens vivant en Israël et ceux des Territoires occupés (Cisjordanie et Gaza) commémorent la journée de la Terre, le 30 mars.
Depuis 1948, près de 400 villages palestiniens ont été détruits, et leurs terres confisquées. Le gouvernement israélien (travailliste) avait entreprit un vaste plan de "judaïsation de la Galilée".
Ce projet fut élaboré par Joseph Nahmani (1953) qui l'adressa à Ben Gourion (Premier ministre de 1948 à 1963).
Citons en quelques extraits : "Bien que la Galilée occidentale ait été occupée, elle n'a toujours pas été libérée de sa population arabe, ainsi que cela s'est produit dans d'autres parties du pays. Il y a toujours 51 villages et la ville de Nazareth dont les habitants ne sont pas partis.
En tout, il y a là 84 000 Arabes, sans compter Saint Jean d'Acre, qui contrôlent 929 549 dunums (unité de mesure au Moyen-Orient, 1 dunum = 1000 m2) ... l'existence même d'un groupe arabe homogène dans cette partie du pays est une invite aux Etats arabes à avancer leurs revendications sur cette région... Il est donc essentiel de disloquer cette concentration d'Arabes au moyen de colonies juives..."
La population arabe en Galilée et dans l'ensemble de la région nord était une obsession pour les dirigeants israéliens.
Golda Meïr (Premier ministre d'Israël de 1969 à 1974) avoua que son sommeil était troublé parce qu'elle se demandait chaque matin combien d'enfants arabes étaient nés pendant la dernière nuit. (voir le livre "Le racisme de l'Etat d'Israël" d'Israël Shahak ex-Président de la ligue israélienne des Droits de l'homme).
Le 19 février 1976, le Gouvernement travailliste annonça sa décision de confisquer 25 000 dunums de terre en Galilée.
Suite à cette décision, les Palestiniens répliquèrent par la grève générale, suivant le mot d'ordre lancé par la Conférence Nationale pour la Défense des Terres Arabes (Front constitué en septembre 1975, réunissant des militants étudiants et villageois, maires et conseillers municipaux des principaux villages arabes, en Galilée et dans la région dite du Triangle (il s'agit de la seconde région de peuplement arabe en importance à l'intérieur d'Israël).
Avec les chefs traditionnels de la communauté druze et chefs tribaux des bédouins du Néguev.
La presse israélienne déclencha une campagne hostile dès l'annonce de la grève générale du 30 mars 1976. Des pressions s'intensifièrent pour tenter de convaincre les organisateurs de la grève de l'annuler...
En dépit des menaces, la grève eut lieu. Mais la présence de l'armée israélienne transforma la grève en manifestation, puis en révolte.
Le Jour de la Terre devint ainsi, celui de la résurrection politique des Arabes d'Israël, ces oubliés que l'on croyait éteints, brisés, résignés sinon intégrés" extrait du livre d'Ilan Halevi "Sous Israël la Palestine".
En même temps, les Palestiniens de Cisjordanie et Gaza, exprimant leur soutien et leur solidarité avec leurs frères, "citoyens" d'Israël, se mirent en grève. Bilan de la journée : 6 morts, des centaines de blessés et des centaines d'arrestations.
Cette logique de confiscation des terres a conduit progressivement les "Arabes israéliens" à se découvrir, comme les autres palestiniens, victimes du même processus de dépossession qui ne se poursuit pas seulement aujourd'hui dans les Territoires occupés mais en Israël même, en Galilée et au Neguev.
Cette prise de conscience d'appartenir au peuple palestinien ne cessera de progresser.
En 1980, 150 élus et représentants de la minorité arabe en Israël, réunis en Galilée, adoptaient un projet de charte dans laquelle ils s'affirment "une partie indissociable du peuple palestinien" dont l'O.L.P est l'unique et légitime représentant.
Aujourd'hui l'arrivée massive des citoyens russes de confession juive en Israël, et la déportation massive des 415 Palestiniens vers le Sud-Liban, met à nu la véritable nature de l'Etat d'Israël.
Des partis politiques tels que le Kach, l'Agoudat Israël, le Moledet et le Likoud, etc. ne cachent pas leur volonté de transférer les Palestiniens hors de leurs terres.
Le boucher de Sabra et Chatila (A. Sharon) n'avait-il pas préconisé de détrôner Hussein de Jordanie et de donner à Arafat son introuvable Etat palestinien ?
L'idée du transfert ne date pas d'aujourd'hui : lors du congrès sioniste de Zurich (29 juillet au 7 août 1937) un délégué, A. Lulu, a déclaré que le "transfert est un programme logique et juste, moral et humain dans tous les sens".
Quant à Berl Katznelson, il affirme que "le transfert est permis". Un voisin éloigné vaut mieux qu'un ennemi proche. Je n'ai jamais pensé que le transfert se fasse aux abords de Sichem (actuelle Naplouse). Je croyais et je continue à croire qu'il s'agit de les transférer vers les autres pays arabes".
En accélérant l'installation de nouvelles colonies de peuplement dans les Territoires occupés, le gouvernement israélien pense briser l'héroïque Intifada, tout en refusant la négociation avec l'OLP et les différentes résolutions de l'ONU qui garantissent le droit des Palestiniens au retour et à l'autodétermination.
Liste des localités rasées avant, pendant et après la création de l'Etat d'Israël (1948)
Les informations ont été rassemblées par une étude de cartes officielles établies par le Gouvernement mandataire britannique et par le Gouvernement de l'Etat d'Israël ainsi que trois listes de localités palestiniennes détruites, la première établie par le géographe palestinien Kamal Abdulfattah de l'Université de Bir Zeit, la deuxième établie par l’historien et géographe palestinien Aref al-Aref et publiée par le professeur israélien Israël Shahak (ex président de la ligue israélienne des droits de l’homme), la troisième établie par l'historien et géographe palestinien Walid Mustafa, ancien doyen du Département de Géographie de l'Université an-Najah à Naplouse.
Dans notre liste (voir ci-dessous), la première colonne indique le nom de la localité palestinienne détruite et entre parenthèses le nombre d'habitants en 1945[55].
([55] Uehlinger Christophe, Palestine/Israël Grid, établi par le Survey of Palestine - Gouvernement mandataire britannique - Fribourg, Suisse, 1989)
Les cartes topographiques officielles de l’Etat d’Israël des années 50 (1:100’000), reprises des cartes établies par l’administration coloniale britannique mais surimprimées en hébreu, mentionnent explicitement près de 300 localités palestiniennes détruites.
En effet, chaque localité palestinienne qui se trouvait démolie à l’époque de la surimpression de ces cartes y porte la mention en hébraïque (prononcer : hârous) qui veut dire “détruit, démoli”.
A elles seules, ces cartes établissent donc avec certitude la disparition d’un nombre impressionnant de localités palestiniennes.
Annexe: après la guerre de 1967, des quelques villages palestiniens rasés, les trois suivants n'ont pas pu être reconstruits :
Emmaüs (1955 habitants), Yalu (1644 habts), Beit Nuba (habts).
Moshé Dayan[56] (ministre israélien de la défense), disait à propos de ces villages :
"Toutes nos cités sont construites sur les ruines de villages arabes, et nous ne rasons pas seulement leurs murs, mais nous essayons de rayer leurs noms des livres d'histoire. Ils (les Palestiniens, * note de l'auteur) ont donc de très bonnes raisons de lutter contre nous. Si j'étais arabe, je combattrais certainement pour Al-Fatah." ([56]Revue, "Konkret",1973, Allemagne, n°21.)
VOICI UNE GRANDE PARTIE DES LOCALITES PALESTINIENNES DETRUITES AVANT, PENDANT ET APRES LA GUERRE DE 1948.
(voir la carte de la Palestine d'avant 1948 reconstituée par Salman Abu Sitta)
District de Jérusalem[57] / (37 localités détruites)
Khirbet Nataf (40 h)
Beit Thul (260 h)
Lifta (2550 h)
Beit Mahsir (2400 h)
Saris (560 h)
Khirbet al-Umur (270 h)
Al-Qastal (90 h)
Qalunia (910 h)
Deir Yasin (610 h)
Ein Karim (3180 h)
Suba (620 h)
Beit Naqquba (240 h)
Khirbet Ismallah (20 h)
Deir Rafat (430 h)
Sar’a (340 h)
Bureij (720 h)
Artuf (350 h)
Islin (260 h)
Ishwa (620 h)
Deiraban (2100 h)
Deir al-Hawa (60 h)
Jarash (190 h)
Sufla (60 h)
Deir ash-Sheikh (220 h)
Kasla (280 h)
Beit Umm al-Meis (70 h)
Khirbeit Deir Amr (10 h)
Khirbet al-Lauz (450 h)
Sataf (450 h)
Aqqur (40 h)
Al-Maliha (1940 h)
Al-Jura (420 h)
Al-Qabu (260 h)
Ras Abu Ammar (620 h)
Beit Itab (540 h)
Allar (440 h)
Al-Walaja (1650 h).
District d’Acre / (25 localités détruites)
Suruh (?)
Tarbikha (1000 h)
Nabi Rubin (1400 h)
Iqrit (490 h)
Amqa (1240 h)
Khirbet Samah (360 h)
Deir al-Qasi (1250 h)
Al-Mansoura (360 h)
Suhmata (1130 h)
Al-Kabri (1530 h)
Az-Zib (1910 h)
Umm al-Faraj (800 h)
Al-Ghabisiya (690 h)
Al-Birwa (1460 h)
Khirbet Jactun (?)
An-Nahr (610 h)
At-Tall (inclue).
Kuweikat (1050 h)
As-Sumeiriya (760 h)
Al-Bassa (1950 h)
Manshiya (1080 h)
Kafr I’nan (360 h)
Mi’ar (770 h)
Ad-Damun (1310 h)
Al-Ruweis (330).
District de Nazareth / (4 localités détruites)
Ma’lul (690 h)
Al-Mujeidil (1900 h)
Saffuriya (4330 h)
Indur (620 h).
District de Beth Shéan / (22 localités détruites)
Sirin (810 h)
At-Tira (150 h)
Al-Bira (260 h)
At-Taqa (?)
Danna (190 h)
Khirbet az-Zawiya (?)
Kafra (430 h)
Kaukab al-Hawa (300 h)
Khirbet al-Mazar (?)
Khirbet Umm Sabuna (?)
Yubla (210 h)
Qumiya (440 h)
Khirbet Zab’a (1931 h)
Al-Hamidiya (220 h)
Al-Murassas (460 h)
Jabbul (250 h)
Hakimiya (520 h)
Tall ash-Shauk (120 h)
Al-Ashrafiya (230 h)
Farwana (330 h)
As-Samiriya (?)
Khirbet Umm Sarhan (?).
District de Jenine / (6 localités détruites)
Ein al Mansi (90 h)
Al-Lajjun (1103 h)
Nuris (580 h)
Al-Mazar (270 h)
Khirbet al-Jaufa (?)
Zir’in (1420 h).
District de Bir as-Saba / (1 localité détruite)
Jammama (?)
District de Gaza / (45 localités détruites)
Al-Masmiya
al-Kabira (2510h)
Al-Masmiya
al-Saghira (530)
Yasur (1070 h)
Batani ash-Sharki 650 h
Khirbet Sukreir (390 h)
Barqa (890 h)
Batani al-Gharbi 980 h
Isdud (4630 h)
Qastina (890 h)
Tall at-Turmus (760 h)
Beit Daras (2750 h)
As-Sawafir
ash-Shamaliya (680 h)
Bi’lin (180 h)
As-Sawafir
ash-Sharqiya (960 h)
As-Sawafir
al-Gharbiya (1030 h)
Jaladiya (360 h)
Summeil (950 h)
Hamama (5010 h)
Julis (1030 h)
Juseir (1180 h)
Hatta (970 h)
Beit Affa (700 h)
Ibdis (540 h)
Karatiya (1370 h)
Al-Faluja (4670 h)
Irak al-Manshiya 2010 h
Kaukaba (680 h)
Al-Jura (2420 h)
Irak Suweidan (660 h)
Beit Tima (1060 h)
Ni’iliya (1310 h)
Khirbet al-Khisas (150 h)
Al-Jiya (1230 h)
Huleiqat (420 h)
Bureir (2740 h)
Barbara (2410 h)
Beit Jirja (940 h)
Hirbiya (2240 h)
Sumsum (1290 h)
Haj (810 h)
Kaufakha (500 h)
Al-Muharraqa (580 h)
Najd (620 h)
Deir Suneid (730 h)
Dimra (520 h).
District de Hébron / (15 localités détruites)
Mughallis (540 h)
Tall as-Safi (1290 h)
Zakariya (1180 h)
Beit Nattif (2150 h)
Ajjur (3730 h)
Barqusiya (330 h)
Zikrin (960 h)
Ra’na (190 h)
Deir ad-Dubban (730 h)
Zeita (330 h)
Kidna (450 h)
Beit Jibrin (2430 h)
Deir Khakhas (600 h)
Al-Qubeiba (1060 h)
Ad-Dawayiama (3710 h).
District de Jaffa / (19 localités détruites)
Al-Haram (520 h)
Jalil (470 h)
Biyar Adas (300 h)
Al-Mirr (170 h)
Shiekh Muwannis1930 h
Jammasin (1810 h)
Jarisha (190 h)
Al-Mas’udiya (860 h)
Sarona (150 h)
Fajja (1200 h)
Rantiya (590 h)
Al-Yahudiya (5650 h)
Salama (6670 h)
Saqiya (1100 h)
Kafr Ana (2800 h)
As-Safiriya (3070 h)
Beit Dajan (3840 h)
Yazur (4030 h)
Al-Kheiriya (1420 h).
District de TulKarem / (10 localités détruites)
Fardisiya (55 h)
Kh. al-Jalama (70 h)
Kh. al-Manshiya (260 h)
Qaqun (1970 h)
Umm Khalid (970 h)
Khirbet Zalafa (210 h)
Kh. Beit lid (460 h)
Miska (880 h)
Kafr Saba (1270 h)
Tabsar (?).
District de Haïfa / (45 localités détruites)
Balad ash-Sheikh 1420h
At-Tira (5270 h)
Al-Khureiba (?)
Khirbet ad-Damun 340 h
Jalama (?)
Khirbet al Mansura (?)
Yajur (610 h)
Ein Haud (650 h)
Al-Mazar (210 h)
Jaba (1140 h)
As-Sarafand (290 h)
Kafr Lam (340 h)
Ijzim (2970 h)
Ein Ghazal (2170 h)
Tantura (1490 h)
Kh. Umm ad-Daraj (?)
Umm az-Zinat (1470 h)
Khirbet Qumbaza (?)
Kh. al-Manshiya (260 h)
Ar-Rihaniya (240 h)
Qira wa Qamun (410 h)
Abu Zureiq (550 h)
Bethlehem (370 h)
Hosha (202 h)
Ta’bun (370 h)
Al-Waraqani (?)
Ghubaiya-Tahta 1130 h
Ghubaiya al-Fauqa incl.
Abu Shusha (720 h)
Al-Mansi (1200 h)
Lidd (Al-Awwadim) 640 h
An Naghnaghiya
Daliyat ar-Ruha (280 h)
Al-Kafrin (920 h)
Sabbarin (1700 h)
Al-Buteimat (110 h)
Khubbeiza (290 h)
Umm ash-Shauf (480 h)
As-Sindiyana (1250 )
Bureika (29 h)
Qisariya (960 h)
Khirbet al Burj (?)
Wadi Ara (230 h)
Kh. al-Majdel 1931:145h
Qannir (750 h).
District de Ramle / (54 localités détruites)
Majdal Yaba (1520 h)
Al-Muzeiri’a (1160 h)
Qula (1010 h)
At-Tira (1290 h)
Deir Tarif (1750 h)
Beit Nabala (2310 h)
Al-Haditha (760 h)
Jindas (?)
Sarafand al Amar 1950 h
Abu-Fadl as-Sautariya ?
Deir Abu Salama (60 h)
K. adh-Dhuheiriya 100h
Nabi Rubin (1420 h)
Sarafand alKharab 1040
Bir Salim (410 h)
Jimzu (1510 h)
Daniyal (410 h)
Shilta (100)
Burfiliya (730 h)
Al-Burj (480 h)
Bir Ma’in (510 h)
Beit Shanna (210 h)
Kharruba (170 h)
Innaba (1420 h)
Zarnuqa (2380 h)
Ybna (5420 h)
Bashshit (1620 h)
Al-Qubeiba (1720 h)
Al-Kuneisiya (40 h)
Al-Barriya (510 h)
Na’ana (1470 h)
Aqir (2480 h)
Al-Mughar (1740 h)
Kh. al-Buweira (190 h)
Deir Aiyub (320 h)
Salbit (510 h)
Idhnibba (490 h)
Jilya (330 h)
At-Tina (750 h).
Khulda (280 h)
Sajad (370 h)
Qazaza (940 h)
Shahma (280 h)
Qatra (1210 h)
Al-Mukheizin (200 h)
Beit Jiz (550 h)
Al-Kheima (190 h)
Khulda (280 h)
Sajad (370 h)
Qazaza (940 h)
Shahma (280 h)
Qatra (1210 h)
Al-Mukheizin (200 h)
Beit Jiz (550 h)
Al-Kheima (190 h).
District de Safad / (76 localités détruites)
Abil al-Qamh (330 h)
Az-Zuq al-Fauqani 160 h
Zuq at-Tahtani (1050 h)
Shauqa at-Tahta 200h
Khan ad-Duweir 150 h
As-Sanbariya (130 h)
Al-Khisas (530 h)
Al-Manshiya (362 h)
Al-Mansura (360 h)
Al-Khalisa (1840 h)
Lazzaza (230 h)
Al-Abbisiya (830 h)
Kh. as-Sammam incl.
Al-Qeitiya (940 h)
An-Na’ima (1030 h)
Al-Madahil 100 h)
Hunin (1620 h)
Al-Manara (490 h)
Dawwara (700 h)
Al-Amir (?)
As-Salihiya (1520 )
Al-Muftakhira (350 h)
Khiyam al-Walid (280 h)
Az-Zawiya (760 h)
Al-Hamra (730 h)
Al-Buweiziya (510 h)
Al-Ghuraba (200 h)
Ad-Darbashiya (310 h)
Al-Huseiniya (340 h)
Jahula (420 h)
Nabi Yusha’ (70 h)
Al-Mansura (90 h)
Beit Susin (210 h)
Deir Muheisin (460 h)
Seidun (210 h)
Al-Qubab (1980 h)
Al-Latrun (190 h)
Abu shusha (870 h)
Qadas (290 h)
Al-Malikiya (360 h)
Harrawi (?)
Beisamun (20 )
Mallaha (890 h)
Al-Ulmaniya (260 h)
Arab az-Zubeib incl.
At-Tuleil
Deishum (590 h)
Kirad alGhannama 350h
Kirad al-Baqqara (360 h)
Yarda (20 h)
Saliha (1070 h)
Alma (950 h)
Marus (80 h)
Al-Waiziya (?)
Qabba’a (460 h)
Mansurat al-Kheit 200 h
Dallata (360 h)
Ammuqa (140 h)
Mughr al-Kheit (940 h)
Ar-Ras al-Ahmar (620 h)
Zangharriya (840 h)
Fir’im (740 h)
Khirbet al-Muntar (?)
Teitaba (530 h)
Qaddita (240 h)
Kafr Bir’im (710 h)
Ein az-Zeitoun (820 h)
Biriya (240 h)
Ja’una (1150 )
Sasa (1130 h)
Al-Ghabbatiya (60 h)
Sabalan (70 h)
Safsaf (910 h)
Ad-Dhahiriya
at-Tahta 350 h
Jubb Yusuf (170 h)
Khirbet Kharraza (?)
Kh.al-Hiqab (?)
Ash-Shuna (170 h)
Farradiya (670 h)
Fara (320 h)
Meiroun (290 h)
Sammu’i (310 h)
Khirbet Khati (?).
District de Tibériade / (24 localités détruites)
As-Samakiya (380 h)
At-Tabigha (330 h)
Yaquq (210 h)
Al-Mansura (?)
Gh. Abu Shusha 1240 h
Majdal (360 h)
Kh. Al-Wa’ra as-Sauda ?
An-Nuqeib (320 h)
Hittin (1190 h)
Nimrin(320 h)
Kh. Nasir ed-Din (90 h)
Kh. Sarjuna (73 h)
Al-Manara (490 h)
Lubiya (2350 h)
As-Samra (290 h)
Samakh (3460 h)
Al-Manshiya (362 h)
Al-Ubeidiya (870 h)
Al-Hamma (290 h)
Kafr Sabt (480 h)
Ash-Shajara (770 h)
Al-Hadatha (520 h)
Ulam (720 h)
Ma’dhar (480 h).
IL Y EU AU TOTAL 531 VILLAGES RASES.
Source : Mouvement Justice pour la Palestine
Sources ISM
Posté par Adriana Evangelizt



