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60 ans après l'installation d'Israël par le Sionisme, la Palestine n'a toujours pas vu le jour... ce blog a pour but de montrer les injustices subies par ce Peuple et qui empêche que la Palestine soit enfin créée...
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Jeudi 20 Mars 2008

A lire aussi sur Politis en accès payant Le plaidoyer humaniste d'Avraham Burg et Le feu, le sang et le sionisme qui parle du dernier livre de Charles Enderlin.

D’Annapolis à Gaza


PAR Denis Sieffert

Politis

Et voilà Condoleezza Rice au Proche-Orient, appelant, comme si de rien n’était, à la « reprise des négociations israélo-palestiniennes » ! Jamais sans doute la prose diplomatique n’a été plus éloignée de la réalité palestinienne qu’en ces premiers jours de mars 2008. Pendant que la secrétaire d’État américaine invoque le processus de paix d’Annapolis, les habitants des camps de Jabaliya et de Khan Younis, eux, comptent leurs morts. Après cinq jours d’enfer, les survivants émergent des ruines de leur maison, tentant de sauver leurs blessés, brûlés ou mutilés, qui agonisent dans des hôpitaux de fortune. Et lorsque Mme Rice dénonce la violence, ce n’est pas celle des avions et des chars israéliens qui ont fait 120 morts, dont 22 enfants, mais celle des tireurs de roquettes Qassam. Son problème n’est pas l’injustice d’un territoire économiquement et socialement asphyxié, c’est l’acte de rébellion que cette injustice provoque. Comme si, depuis peu, le Hamas avait inventé le conflit israélo-palestinien. Pour autant, et quelle que soit notre émotion, il ne faut pas tenir pour négligeable ce que Mme Rice appelle le « processus d’Annapolis ». Ce n’est certainement pas un « processus de paix », au sens où les Palestiniens pourraient l’entendre, mais c’est bel et bien une stratégie qui passe sans doute par l’écrasement de tout ce qui pourrait résister au projet colonial israélien. La paix des vainqueurs en quelque sorte.

En Cisjordanie, le projet est connu. Il passe par des programmes d’extension des colonies que le gouvernement israélien ne manque pas une occasion de confirmer. Il passe par un morcellement du territoire et la confiscation des ressources. À Gaza, la situation est évidemment différente. En se retirant de cette étroite bande de terres, en août 2005, mais en la verrouillant, en la privant de tout débouché, de port, d’aéroport, et évidemment de toute communication avec la Cisjordanie, Israël a inventé la colonisation sans colonies. À Gaza, moins encore qu’à Ramallah, il n’y a pas d’étapes intermédiaires possibles. Pour que cette population d’un million et demi puisse vivre, il faut un État palestinien avec tous les attributs économiques et politiques de la souveraineté. La misère organisée et aggravée depuis 2005, ajoutée à l’absence de perspective, a donné un coup de pouce supplémentaire au Hamas et aux tireurs de roquettes. Et, comme toujours dans ce conflit, il a suffi ensuite d’une habile communication pour inverser l’ordre des causes et des conséquences. On s’étonne après cela de la haine indicible qui monte dans le monde arabo-musulman. Comme si elle n’avait d’autre origine que religieuse ou civilisationnelle. Signe des temps, l’homme qui promet de rayer Israël de la carte, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, était, ces jours-ci, reçu triomphalement par le nouveau régime de Bagdad. Celui-là même qui a été installé par la guerre américaine. On aurait tôt fait de l’affaiblir et de l’isoler en réglant le conflit qui alimente toutes les haines dans la région et nourrit son discours.

Mais régler le conflit, outre que c’est une décolonisation dont Israël ne veut pas, c’est aussi reconnaître le peuple palestinien tel qu’il est, et tel qu’en partie on l’a fait à force d’injustices et de rebuffades. C’est donc reconnaître pleinement le Hamas. Et il n’en est pas question. Mais, paradoxalement, une partie des cartes est aujourd’hui entre les mains d’un homme politiquement affaibli : Mahmoud Abbas. Alors que les enfants palestiniens meurent sous les bombes, fût-ce à Gaza, il ne peut plus feindre de croire au processus de paix d’Annapolis. Il le peut d’autant moins que ses « partenaires » israéliens ne lui donnent par ailleurs aucun gage. Il n’a même pas pu obtenir d’eux le gel des prochains programmes de colonisation en Cisjordanie. Il est aujourd’hui placé devant un choix extrême. Ou bien il accepte la main tendue du Hamas qui lui propose de former « sans préalable » un gouvernement d’union nationale. Et il refait alors l’unité de son peuple et contraint à terme la communauté internationale (et en premier lieu, peut-être, l’Europe) à reconnaître le Hamas [1] ­ ce qui est aussi une façon de contraindre le Hamas à reconnaître Israël ­, ou bien, après un moment de deuil, il repart dans « le processus de paix d’Annapolis » et il donne en quelque sorte le feu vert à l’écrasement de Gaza et de tout ce qui, en Cisjordanie, manifesterait de la solidarité. La paix d’Annapolis ne sera alors plus tout à fait une fiction. Ce sera le nom donné par les Israéliens et les Américains à l’état des lieux après le massacre.

Notes

1 La position française est de plus en plus confuse. Quelques jours après la promesse faite au dîner du Crif par Sarkozy de ne jamais serrer la main à un mouvement qui ne reconnaîtrait pas Israël, Bernard Kouchner a plaidé lundi sur France Inter pour un processus politique et des « pourparlers ». Avec le Hamas ?

Sources Politis

Posté par Adriana Evangelizt

Mercredi 20 Février 2008

Al-Manar

Le premier ministre palestinien Salam Fayyad a dit jeudi qu’un soi-disant « accord de paix » durable avec Israël était peu probable en dépit du renouvellement des efforts diplomatiques pour résoudre le conflit de longue date.

Dans une interview avec Reuters dans la capitale du Texas, Austin, où il rend une visite privée, il a souligné le manque de progrès sur la question des colonies israéliennes et des incursions militaires en Cisjordanie, parmi les obstacles clés de la « feuille de route » pour avoir la paix et un Etat palestinien.

« Je ne crois pas malgré tout que la résolution finale… soit achevée dans le courant de cette année. Je pense que cela est peu probable », a dit Fayyad.

Lors d’un séjour au Moyen-Orient le mois dernier, le président américaine George W. Bush a dit qu’il croyait qu’un accord entre Israël et les Palestiniens allait être signé avant qu’il ne quitte sa fonction en janvier 2009.

Traduction : manar-fr.com

Posté par Adriana Evangelizt

Mardi 15 Janvier 2008

Lors d’entretiens à Aqaba, le roi Abdallah II de Jordanie a pressé hier le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, de geler les activités de colonisation en Cisjordanie occupée. Par ailleurs, le président américain, George W. Bush, a réaffirmé qu’un règlement du conflit israélo-palestinien sera conclu en 2008, tout en estimant que l’expansion des implantations juives de Cisjordanie pourrait faire « obstacle » au processus de paix.

À quelques jours d’une visite historique dans la région du président américain George W. Bush, le souverain jordanien a averti « qu’un blocage du processus de paix menacerait la stabilité et la sécurité dans la région », selon un communiqué du palais royal à Amman. Il a appelé à « saisir l’opportunité offerte par la réunion d’Annapolis » organisée le 27 novembre par les États-Unis et qui a relancé les négociations de paix israélo-palestiniennes après sept ans d’impasse avec l’espoir de parvenir à un accord de paix en 2008. Abdallah II a réaffirmé son « opposition à la colonisation israélienne sur des terres palestiniennes en violation des accords passés à Annapolis » et souligné que le royaume allait « intensifier ses efforts pour assurer le succès » des négociations de paix. « Le roi a souligné devant M. Olmert la nécessité que toutes les parties concernées par les négociations honorent leurs engagements dans le cadre d’un calendrier précis afin de parvenir à une paix globale » au Proche-Orient, selon le communiqué du palais royal. Abdallah II a exprimé l’espoir que la visite, la semaine prochaine, de M. Bush dans la région « encouragera les Palestiniens et Israël à parvenir à un accord ».

Le Premier ministre israélien a pour sa part exprimé son souhait de voir « les négociations avec les Palestiniens aller de l’avant », selon le texte jordanien. À Jérusalem, le bureau de M. Olmert a, dans un communiqué, indiqué que le Premier ministre avait répété l’engagement d’Israël à « ne pas construire de nouvelles colonies et à éviter l’expropriation de nouvelles terres » en Cisjordanie. M. Olmert a aussi « informé (Abdallah II) des tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza sur Israël et réitéré la nécessité pour l’Autorité palestinienne de
sévir contre l’infrastructure terroriste », selon le communiqué. Pour sa part, le porte-parole de M. Olmert, Mark Regev, a déclaré à l’AFP que le Premier ministre et Abdallah II avaient évoqué « les relations bilatérales, le processus de paix et la prochaine visite de M. Bush ».

De son côté, le président américain, George W. Bush, a réaffirmé qu’un règlement du conflit israélo-palestinien sera conclu en 2008, selon de courts extraits d’une interview exclusive à paraître aujourd’hui et publiés hier par le quotidien israélien Yediot Aharonot. M. Bush a assuré dans cette interview qu’Israéliens et Palestiniens doivent conclure ce règlement d’ici à la fin de l’année en vue de la création d’un État palestinien indépendant, affirme le journal. « Je ne permettrai pas qu’un État terroriste voie le jour à la frontière d’Israël », a toutefois précisé M. Bush. Selon le Yediot Aharonot, M. Bush évoque par ailleurs pêle-mêle dans cette interview l’éventualité d’une attaque israélienne contre les sites nucléaires de l’Iran, son futur héritage politique, ainsi que ses relations personnelles avec M. Olmert et son prédécesseur, Ariel Sharon. Dans un autre entretien, accordé à Reuters, M. Bush a estimé que l’expansion des colonies juives de Cisjordanie pourrait faire « obstacle » au processus de paix israélo-palestinien. « J’évoquerai l’expansion des colonies israéliennes, le fait qu’elle puisse être un obstacle au succès. Les avant-postes non autorisés doivent par exemple être démantelés, comme
les Israéliens s’y sont engagés », a-t-il souligné.

D’autre part, la Maison-Blanche a indiqué hier que M. Bush appellera à la réconciliation entre Palestiniens et Israéliens lors de sa visite au Proche-Orient la semaine prochaine, reconnaissant un regain de tensions dans la région. « Il parlera de la réconciliation israélo-palestinienne, ainsi que de la réconciliation israélo-arabe et de la situation globale (...) de la sécurité régionale au Proche-Orient », a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino. En outre, le conseiller présidentiel américain à la Sécurité nationale, Stephen Hadley, a déclaré que M. Bush ne prévoit pas « à ce stade » de tenir une réunion tripartite avec M. Olmert et le président palestinien, Mahmoud Abbas, lors de sa visite. M. Hadley a indiqué que M. Bush tiendrait « une série de rencontres bilatérales » et qu’il y aurait des « occasions » pour une telle rencontre si elle était jugée utile pour promouvoir la paix.

Enfin, M. Abbas doit se rendre demain en Arabie saoudite pour des entretiens avec le roi Abdallah sur la situation dans les territoires palestiniens et sur la prochaine visite régionale de M. Bush, a annoncé hier l’ambassadeur palestinien à Ryad.

Sources Lorient le jour

Posté par Adriana Evangelizt

Mercredi 02 Janvier 2008

D’Annapolis à Paris : le temps des illusions

par Jean-Paul Chagnollaud



Personne ne peut mettre en doute l’intérêt et la pertinence de ces deux conférences présentées comme des étapes essentielles d’un processus devant conduire à la création d’un Etat palestinien fin 2008.

Pour la première fois, en effet, depuis les négociations de Taba en janvier 2001, les grandes questions du conflit israélo-palestinien, dont tout le monde connaît la solution théorique, ont été évoquées. Il est également très positif que des pays comme l’Arabie saoudite, à l’origine du plan de paix proposé à Israël par la Ligue arabe dès 2002, et la Syrie aient accepté d’y participer. Le Quartet était également présent comme le furent aussi des représentants d’autres puissances comme la France. Quelques semaines plus tard à Paris, pas moins de 70 Etats et une vingtaine d’institutions internationales ont dit leur volonté de donner les moyens nécessaires à la création de cet Etat en offrant plus de sept milliards de dollars sur trois ans pour combler les déficits du budget de l’Autorité palestinienne, lancer des projets économiques et entreprendre des travaux d’infrastructure.

Par ailleurs, les déclarations des principaux acteurs ont été dans le même sens pour affirmer une détermination commune d’aller au bout de ce processus qui devrait donc permettre de voir émerger un Etat palestinien à côté d’Israël. A cette occasion, le président Sarkozy a confirmé la politique de la France en demandant le retrait d’Israël de la Cisjordanie tout en se déclarant prêt à aller plus loin dans l’engagement sur le terrain par l’envoi « le moment venu » d’une « force internationale » dont les contours sont cependant restés très flous.

A en croire ce qu’on a vu et entendu, tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, comme disait Pangloss, un des personnages de Candide, le classique conte de Voltaire. Malheureusement le fossé qui sépare l’énoncé de ces bonnes intentions des pesanteurs politiques sur le terrain est d’une profondeur abyssale.

D’abord, il y a l’amnésie... si, en effet, le budget de l’Autorité palestinienne a été englouti par le tourbillon infernal des déficits cumulés, c’est parce que les Etats-Unis et l’Union européenne ont décidé de cesser brusquement leur aide financière au lendemain de la victoire du Hamas, en 2006 ; victoire dont on ne répètera jamais assez qu’elle fut parfaitement régulière comme l’ont attesté les observateurs internationaux (dont nombre d’Européens) qui les ont suivies. Mais comme, selon les Occidentaux, le peuple palestinien avait mal voté, il fallait le punir. Ce qui fut fait avec un acharnement systématique pour le plus grand bonheur du gouvernement israélien qui pouvait ainsi continuer de refuser de négocier tout en poursuivant sans relâche la colonisation de la Cisjordanie et l’annexion de Jérusalem-Est.

Le résultat était prévisible : en moins de deux ans la situation économique et sociale des Palestiniens est devenue catastrophique aussi bien à Gaza, étouffé par un implacable blocus, qu’en Cisjordanie dont le territoire est fragmenté, émietté, balafré par la centaine de colonies, les cinq ou six cents barrages et le mur qui, du haut de ses huit mètres de béton, écrase la Palestine. Mais tout ceci, nous dira-t-on, s’explique et se justifie pour des raisons de sécurité. Les Israéliens veulent et doivent se protéger contre les attaques des terroristes ; les blocus, les barrages et la répression sont donc légitimes et il est vrai que tout Etat a le droit et même le devoir d’assurer la protection de ses citoyens. Mais cette argumentation, sans cesse répétée en Israël, aux Etats-Unis et ailleurs, laisse de côté un aspect capital du problème : si des violences erratiques surgissent du tréfonds de la société palestinienne, c’est que cette société est soumise depuis quarante ans à une occupation militaire qui la prive de ses libertés les plus élémentaires et de ses droits les plus fondamentaux.

En d’autres termes, la source principale de l’insécurité d’Israël par rapport aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza est précisément l’occupation qu’il impose par la force pour le plus grand profit des 450.000 colons installés en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, c’est-à-dire en territoire palestinien. Prétendre qu’il n’est pas possible de lever des barrages pour des raisons de sécurité revient à confondre l’effet et la cause car un barrage est aussi et sans doute d’abord une forme d’oppression contre laquelle les plus jeunes et les plus déterminés voudront toujours se dresser par tous les moyens. Au point que certains choisiront même de mourir pour donner un sens à leur vie, aujourd’hui dénuée de tout espoir. Et si on doit parler de sécurité, il faut absolument que ce soit pour tous. On ne peut rien construire de fort et de durable dans ce domaine si la sécurité pour les seuls Israéliens se fonde sur l’insécurité absolue pour les Palestiniens qui, à tout moment, de jour comme de nuit, peuvent subir l’intervention arbitraire de la puissance occupante.

Compte tenu de l’évolution des mentalités en Israël depuis le début de cette désastreuse Intifada, il est peu probable qu’un gouvernement puisse trouver les ressources politiques nécessaires pour oser prendre les risques de la paix d’autant moins qu’aujourd’hui ce pays n’a plus de personnalités d’envergure capables de montrer la voie comme l’ont fait, chacun à leur manière, des hommes comme Yitzak Rabin ou Ariel Sharon. L’actuel premier ministre, Ehoud Olmert, n’est qu’un « héritier » sans charisme qui, de surcroît, a perdu l’essentiel de sa crédibilité avec le déclenchement de la guerre du Liban en 2006. Par ailleurs, il est dépendant d’une coalition parlementaire très hétéroclite dans laquelle cohabitent, pour le maintien du statu quo, des hommes du centre et de l’extrême droite comme Avigdor Liberman, partisan déclaré d’un transfert des Arabes israéliens, pour lequel la moindre concession qui serait faite aux Palestiniens relève de la trahison.

Du côté palestinien, la situation politique n’est guère plus enviable. Mahmoud Abbas est lui aussi un « héritier » sans charisme qui ne peut s’appuyer que sur une bureaucratie démantelée par six années d’une répression particulièrement lourde. Son parti, le Fatah, ne vaut guère mieux puisqu’il est, depuis des années, en proie à de vives contradictions internes. Incapable de gérer sa défaite face au Hamas lors des élections législatives de janvier 2006, le Fatah s’est lancé dans une offensive tous azimuts de déstabilisation du gouvernement dirigé par les islamistes sans voir qu’il en serait aussi la victime puisque cela revenait à saper en profondeur les fondements de l’unité nationale palestinienne sans laquelle aucune perspective de libération n’est possible.

Cela a conduit à un affrontement qui a dégénéré en violences armées entre les deux mouvements, en particulier à Gaza où le Hamas est très bien implanté. On connaît l’issue de ces combats fratricides. Désormais cette opposition frontale s’est matérialisée par une cassure du territoire palestinien avec d’un côté la Cisjordanie contrôlée par le Fatah et, de l’autre, Gaza dominé par le Hamas. Dans cette affaire dramatique, il est évident que le Hamas porte aussi une énorme part de responsabilité même si les conditions qui lui ont été imposées par les Occidentaux rendaient sa tâche pratiquement impossible. Cette situation chaotique a renforcé les éléments les plus radicaux de ses instances dirigeantes qui, depuis des mois maintenant, multiplient les postures aussi agressives que stériles. Les premières victimes de ces errements sont les habitants de Gaza qui, dans l’indifférence générale, s’enfoncent dans une crise économique, sociale et sanitaire absolument catastrophique, malgré les cris d’alarme lancés par l’Unwra ou la Banque mondiale.

Comment imaginer que ces deux leadership presque en lambeaux puissent réussir à surmonter leurs désaccords sur les questions qui sont au cœur du conflit depuis des décennies : la sécurité, les réfugiés, Jérusalem, les frontières et la colonisation. Cela est d’autant moins vraisemblable qu’on refait la même erreur qu’au moment du processus d’Oslo : laisser seuls, face à face, les Israéliens et les Palestiniens, sans la moindre médiation internationale capable d’arbitrer dans l’intérêt des deux parties. Ce n’est que lorsqu’il y eut, entre juillet et décembre 2000, l’intervention du président Clinton et de ses fameux paramètres que la négociation avait été relancée ; mais il était déjà trop tard, la deuxième Intifada avait commencé, le mandat du président américain arrivait à son terme et Ariel Sharon était aux portes du pouvoir.

Or l’initiative lancée à Annapolis n’a prévu que des rencontres régulières entre Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas qui sont ainsi condamnés à un huis-clos qui sera probablement stérile d’autant plus qu’il ne faut jamais oublier qu’ il ne s’agit pas de négociations entre acteurs politiques situés sur un même pied d’égalité mais d’un face à face inégal entre le représentant d’une puissance occupante et celui d’un peuple sous occupation. Le rapport de forces est donc totalement déséquilibré. D’où l’importance cruciale d’une médiation fondée sur le respect du droit international et des résolutions des Nations unies. Ce qui passe nécessairement par des pressions internationales sur Israël à l’instar de ce qu’avaient fait les Etats-Unis avec James Baker au moment de la conférence de Madrid en 1991. Un tel engagement serait dans l’intérêt des Palestiniens qui pourraient enfin espérer sortir de leur condition de peuple dominé mais aussi dans celui de l’Etat hébreu pour lequel la création d’un Etat palestinien à ses côtés est la meilleure garantie de sa sécurité à long terme car elle lui permettrait de réussir sa pleine intégration dans la région.

Sans un tel effort diplomatique, il est à craindre que la perspective d’un Etat palestinien en 2008 ne soit qu’une illusion de plus. Le processus d’Oslo l’envisageait déjà pour 1999 et la feuille de route pour 2005 ! La conférence de Paris qui a réussi de manière spectaculaire à rassembler toute la communauté internationale pour dégager des milliards de dollars « pour l’Etat palestinien » risque ainsi, faute de véritable volonté politique, de manquer complètement ses objectifs alors qu’elle constitue un grand pas dans la bonne direction. Un nouvel échec de cette ampleur ne pourra que renforcer le camp de tous les extrémistes et relancer le cycle tragique des violences sans fin.

Jean-Paul Chagnollaud est professeur de sciences politiques à l’université de Cergy-Pontoise, et spécialiste de la question palestinienne. Il est le rédacteur en chef de la revue Confluences Méditerranée et directeur de la collection Comprendre le Moyen-Orient chez L’Harmattan.


Du même auteur :

-  Liban : la Résolution 1701 de l’ONU en sursis

Confluences méditerranée :

-  Légitimité de l’Etat d’Israël. La question ne sera pas posée..., par Robert Bistolfi
-  
Israël : une stratégie persévérante de dislocation du monde arabe, par Oded Yinon
-  
Le Liban, l’eau, la souveraineté, par Pierre Blanc

Sources ISM

Posté par Adriana Evangelizt

Vendredi 28 Décembre 2007

Discussions israélo-palestiniennes : de mauvais signaux

Rania Adel - Al Ahram hebdo

Israéliens et Palestiniens ont mené lundi soir pour la seconde fois depuis la conférence du 27 novembre à Annapolis des pourparlers de paix sans enregistrer le moindre progrès, en raison de la politique israélienne de colonisation.

Il s’agit certes de la politique de l’Etat hébreu qui fait un pas en avant et deux en arrière. De quoi ramener le processus de paix à la case départ. Tout en donnant l’impression de sa disposition à dialoguer avec l’Autorité palestinienne, Israël ne fléchit pas, poursuit sa colonisation, augmente le nombre des points de contrôle, continue la construction du mur de Cisjordanie, bafouant ainsi toutes les résolutions et les demandes internationales. Ce n’était donc point une surprise que la deuxième session de pourparlers de paix israélo-palestiniens ait marqué le pas lundi, les Palestiniens refusant d’examiner des questions de fond tant que l’Etat hébreu n’aura pas accepté de geler ses implantations controversées dans les environs de Jérusalem.

Le négociateur palestinien Saëb Ereqat a ainsi qualifié ces discussions, les premières en sept ans, de « très difficiles » en raison du refus israélien de s’engager à suspendre l’ensemble de ses activités de colonisation comme le demande la Feuille de route internationale pour la paix. « C’est illégal », a déclaré Ereqat aux Israéliens. Ce document requiert aussi des Palestiniens qu’ils mettent au pas leurs activistes, une obligation qui, selon Israël, doit être remplie en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, avant qu’un Etat palestinien puisse voir le jour.

« Depuis le début des négociations, nous essayons (...) de convaincre notre peuple que nous pouvons arriver à une solution à travers le dialogue mais Israël, avec ses agissements, empêche les efforts pour aboutir à un règlement pacifique du conflit », avait affirmé M. Ereqat.

« Israël doit choisir entre la voie des négociations et de la paix ou la voie de la colonisation et de l’occupation », avait-il ajouté.

C’est d’ailleurs à la veille de la deuxième session de négociations, que le ministère israélien des Constructions a choisi de dévoiler un projet de construction de 740 nouveaux logements sur des territoires occupés situés près de Jérusalem : 500 à Har Homa et 240 dans la colonie de Maalé Adoumim.

Le président palestinien Mahmoud Abbass a dit ne pas comprendre pourquoi Israël « se livre à une activité de colonisation effrénée pendant les négociations sur le règlement final ».

Il a ajouté que les négociateurs palestiniens soulèveraient la question chaque fois qu’ils en auraient l’occasion.

De son côté, le premier ministre, Salam Fayyad, a estimé que le projet de construction israélien « sabotait les efforts de négociation ».

« Construire de nouveaux logements dans les colonies à Jérusalem et ailleurs dans les territoires palestiniens contrevient à la Feuille de route. Les Israéliens doivent adhérer à leurs engagements figurant dans la Feuille de route », a-t-il dit.

Les Etats-Unis, parrains de la relance des négociations de paix, ont même haussé le ton de manière inhabituelle à la suite des révélations sur la construction de logements à Har Homa, alors que George W. Bush doit effectuer une visite en janvier en Israël et dans les territoires palestiniens, la première d’un chef d’Etat américain depuis 1998.

Outrance israélienne

Malgré ces dénonciations, rien ne semble fléchir l’Etat hébreu. Ces dirigeants estiment que les constructions à Har Homa ne sont pas contraires aux engagements pris, assurant que ces colonies font partie des limites du « grand Jérusalem », incluant le secteur oriental annexé et occupé en 1967.

« Nous avons toujours dit que nous pouvions construire à Har Homa, qui se trouve à l’intérieur des limites municipales de Jérusalem », unilatéralement fixées par Israël, a indiqué dimanche le ministre en charge des affaires de Jérusalem, Rafi Eitan. « Il peut y avoir des problèmes pour Maalé Adoumim, mais nous voulons poursuivre l’extension naturelle dans les grands blocs » d’implantations.

Cité sous condition d’anonymat par Haaretz, un haut responsable israélien a estimé qu’Israël avait « suscité au niveau international des attentes énormes », mais ne pouvait « y donner suite, car il n’a pas la capacité politique pour évacuer les points d’implantations (sauvages) ou geler la colonisation ». Le premier ministre israélien Ehud Olmert, confronté à une féroce opposition interne, n’est pas à même d’entreprendre une telle mesure qui ne ferait qu’affaiblir sa popularité en baisse.

Pour la communauté internationale, toutes les colonies dans les territoires palestiniens sont illégales, construites avec ou sans feu vert des autorités. Le gel de la colonisation est l’une des clauses de la Feuille de route, plan de paix censé aboutir à un Etat palestinien en 2008. Néanmoins, Israël refuse l’application de la partie qui la concerne dans ce plan tant que les Palestiniens n’auraient pas mis en musique la partition que leur assigne la Feuille de route, à savoir la mise au pas des groupes palestiniens armés en Cisjordanie mais aussi dans la bande de Gaza, que contrôle le Hamas. Bref, les négociations, qui ont repris il y a une dizaine de jours, se heurtent d’emblée aux exigences posées par les protagonistes (les Palestiniens réclament un gel des constructions dans les implantations juives, les Israéliens veulent l’arrêt des tirs de roquettes).

Israël a refusé cette semaine toute trêve possible avec l’organisation islamiste qu’il cherche à renverser. Les analystes voient dans les agissements israéliens une destruction de tout espoir de l’établissement d’un Etat palestinien avec pour capitale Jérusalem comme le premier pas d’un règlement arabo-israélien global et juste. D’où la nécessité d’exercer des pressions intenses pour que les prochaines conférences de Moscou et de Paris ne soient pas une répétition d’Annapolis qui n’a abouti à rien de concret et parviennent à rectifier les fautes .

De la même auteure :

-  Annapolis : des engagements fictifs
-  
Conférence de novembre : un échec annoncé
-  
Sur la corde raide
-  
Piège infernal

26 décembre 2007 - Al Ahram Hebdo - Vous pouvez consulter cet article à :
http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahra...

Sources InfoPalestine

Posté par Adriana Evangelizt


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