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Pseudo: Adriana EvangeliztCatégorie: ActualitéDescription:
60 ans après l'installation d'Israël par le Sionisme, la Palestine n'a toujours pas vu le jour... ce blog a pour but de montrer les injustices subies par ce Peuple et qui empêche que la Palestine soit enfin créée...
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Dimanche 04 Mai 2008

 

 

L'anniversaire de la création d'Israel : Célébrer et continuer la conquête

par Michèle Sibony

L'anniversaire de la création d'Israël est en passe de devenir une célébration internationale. Par exemple un défilé est organisé le 1e juin prochain au coeur de Manhattan portant des bannières de grands portraits d'Israéliens anonymes ou célèbres, surmontés du titre : "visages d'Israël". La volonté des organisateurs est d'affirmer que la société israélienne "...est une société similaire en de nombreux aspects à celle de New York - une fascinante combinaison d'immigrants qui sont venus ensembles pour créer une société aux facettes multiples. C'est l'histoire d'Israël".

Cependant, dans la liste de portraits l'unique arabe israélien comme ils les appellent sera Rania Jubran, une diplomate. (Israël conquiert la 5e avenue : Ynet 21 avril 2008) La Russie a prévu d'être de la fête aussi avec un grand festival culturel destiné à célébrer la naissance d'Israël. Salons du livre, expositions, et événements festifs de toute sorte s'organisent dans tous les pays d'Europe.

Ce qui donnerait le meilleur contrepoint à ce concert mondial, c'est un double petit événement qui s'est passé en Israël dans la nuit du 24 avril et reporté par Haaretz.

Quelques anarchistes contre le mur, accompagnés par un journaliste ami et sympathisant ont été "tagguer" à Jaffa, contre le défilé de commémoration de la... conquête de la ville en 48 programmé le lendemain par un groupe de droite le Etzel.

Arrêtés par la police au milieu de la nuit ils sont emprisonnés. Dans la même nuit d'autres anarchistes contre le mur informés de l'arrestation s'emparent avec leurs amis palestiniens d'un avant-poste de colonie "légale" synagogue plantée sur une colline et que les colons n'occupent pas encore jour et nuit. Ils grimpent sur le toit, décrochent le drapeau israélien et le remplacent par le drapeau palestinien. Les colons alertés arrivent de toute part. La bataille rangée commence colons contre colonisés et anarchistes. L'armée arrive et disperse les anarchistes contre le mur et les Palestiniens à coup de balles en caoutchouc.

Quelques éléments à tirer de cet événement presqu'anecdotique :

1 - Il s'agit en Israël de commémorer la conquête en faisant fi de toutes les violences qu'elle a causé, les centaines de milliers de palestiniens chassés, leurs biens détruits ou appropriés, des centaines de milliers puis des millions de Palestiniens en exil dans des camps de réfugiés, qui paient jusqu' aujourd'hui le prix de cette injustice. Eux qui vivent au Liban, en Syrie, en Jordanie, dans les Territoires palestiniens occupés, en Israël même comme "citoyens", n'existent pas et continuent d'être effacés des mémoires, de l'histoire, du présent. Ils devraient subir cette célébration de leur conquête et de leur dépossession en veillant à ne pas gâcher la fête. Tout cela dans un contexte non pacifié par un règlement du conflit, dans le respect du droit, ou une quelconque reconnaissance des torts causés, mais qui se caractérise au contraire par l'aggravation du sort des réfugiés du Liban, des Palestiniens, des TOP et de la Bande de Gaza, et une remise en question permanente des droits des citoyens palestiniens d'Israël.

2 - La conquête n'est pas achevée et il s'agit de la continuer, exactement comme le confiait Sharon en novembre 2001 au journal Haaretz : "La guerre d'Indépendance n'est pas terminée. Non. 1948 n'était qu'un chapitre."
Et il annonçait une seconde étape de colonisation d'au moins 50 ans. Ces deux phrases il les a martelées en Israël et dans toutes ses visites à l'Etranger.

Les frontières d'Israël qui n'ont jamais été fixées, sont en train d'être dessinées dans le sang et par la force, au mépris de toutes les lois, par le plus fort, contre le plus faible. Retrait unilatéral de Gaza qui fixe la frontière sud ? Mais l'armée israélienne conserve le contrôle terrestre, aérien et maritime de toute la bande de Gaza et le gouvernement y a établi depuis des mois un siège ignoble qui affame toute la population, hommes femmes et enfants, un million et demi d'habitants.

En Cisjordanie, la colonisation se poursuit sans répit, et le mur réalise les enclaves prévues par le plan Sharon. Des gouvernements européens comme l'Allemagne ou le Japon financent déjà la construction de zones industrielles côté israélien du mur en face des enclaves, participant activement à leur Banthoustanisation. Ces enclaves constituent ainsi des réserves de travailleurs dont on imagine les droits. Devant Kalkylia, ville de 40 000 habitants complètement encerclée par le mur, la porte de la prison s'ouvre une demi heure le matin pour laisser sortir de la ville les travailleurs prisonniers, et elle se rouvre une demi heure le soir pour les laisser rentrer dans leur ville dortoir. Mais si vous dites Apartheid vous exagérez et vous êtes antisémite.

3 - Les commémorations internationales et nationales de la création d'Israël constituent ainsi une véritable opération de blanchiment de l'histoire telle qu'elle s'est passée : Il s'agit d'effacer de nier la Naqba palestinienne, l'expulsion massive 750 000 personnes, les massacres de Deir Yacine près de Jérusalem, de Tantoura près de Haïfa, de Dawaimeh, près de Hébron en 1948, puis de Kafr Kacem en 1956, et la seconde expulsion à l'occasion de la guerre de 67 d'encore 300 000 personnes.

Oublier les expropriations de terres massives entre 47 et 49, celles des pourchassés qui se sont réfugiés dans les pays voisins mais aussi les terres des "présents-absents" (grâce à la loi éponyme qui exproprie tous ceux qui ont fui leurs villages sans pour autant quitter Israël, mais ne pouvaient être "présents" et pour cause, sur leurs terres et propriétés au moment défini par la loi. De tout cela il ne sera pas question. Après les historiens palestiniens, mais eux n'ont pas été entendus, les nouveaux historiens, dès l'ouverture des archives de 48 (notamment celles de l'armée) ont confirmé les faits, Ilan Pappe entre autres relate dans son dernier ouvrage "Le nettoyage ethnique de la Palestine" (Fayard 2008) - avec minutie l'application du plan Daleth, l'expulsion organisée et planifiée. Une terre sans peuple pour un peuple sans terre. C'est ce qui était nécessaire, dans la logique sioniste au moment du vote de la partition en 47 et c'est donc ce qu'il fallait fabriquer.

Ne pas reconnaître ce passé, imposer la pérennité de la mythologie sioniste sur l'histoire c'est installer durablement toute la société israélienne dans un déni de la réalité et une autojustification des crimes dont on ne peut mesurer les conséquences qu'avec frayeur.

La première de ces conséquences est l'incompréhension totale du présent. Que de fois n'est-on surpris d'entendre justifier les crimes d'aujourd'hui par une position de victime, où l'agresseur est présenté comme celui qui se défend pour survivre à l'extermination.

4 - Ces commémorations veulent aussi blanchir le présent : celui de la colonisation qui continue, qui n'a jamais cessé, de la destruction de l'économie et de la société palestinienne, des milliers de prisonniers, des milliers de civils désarmés tués dans les TOP, de l'ignoble siège d'un million et demi de civils sans défense à Gaza. La politique de plus en plus ouvertement discriminante à l'égard des palestiniens d'Israël. C'est tout cela que la célébration israélienne passe à la lessiveuse, entérinant la morbidité d'une société élevée dans le déni de sa propre histoire et de son présent et l'angoisse fabriquée de l'anéantissement, nécessaire car c'est cette angoisse qui permet de tout justifier, et de tolérer l'intolérable.

L'active complicité de la plupart des gouvernements européens et de celui des Etats-Unis dans cette grande opération de blanchiment révèle à la fois combien l'idéologie sioniste qui s'est appuyée sur les conséquences de l'antisémitisme européen qu'elle a érigées en chantage permanant a réussi, et combien les "démocraties" néolibérales d'aujourd'hui engagées dans la destruction de tous les droits humains, sociaux, politiques, économiques, dans la destruction de l'environnement et la recolonisation de zones énormes du monde, se reconnaissent dans un tel modèle.

Sans abris, sans papiers, sans travail, sans sécu, sans retraite, les sans voix, les sans droits abondent aujourd'hui dans nos sociétés et se multiplient, la figure du Palestinien n'est-elle pas le parfait modèle de ce dénuement ? L'effacer, le nier, c'est nier pour ces gouvernements scélérats leurs propres oeuvres quotidiennes, les rendre invisibles. Admirer la force du plus fort, le laisser frapper et frapper encore, et dicter l'histoire comme il édicte le présent, c'est ce que le néolibéralisme veut nous imposer : Une épouvantable régression, la fin du droit international, la fin des droits tout court. Les prestations récentes du président français en Chine et en Tunisie le montrent, dans leur monde il n'y a pas de place pour les droits humains. Panem et circenses ? Les émeutes de la faim qui se multiplient dans le monde montrent qu'il n'y aura pas de pain pour tout le monde.

La volonté d'effacement des Palestiniens constitue le principal enjeu de la fête, avec la célébration par l'Occident du modèle qu'il a largement contribué à forger et qu'il revendique aujourd'hui comme universel : Apartheid, négation de l'autre, écrasement du droit par la force.

Célébrer cela ? Sûrement pas. La voix palestinienne doit être portée haut et fort dans le monde avec tous ceux qui refusent le négationnisme dans tous ses aspects, et qui refusent le projet de société d'un Bush ou d'un Sarkozy... Les quelques dizaines de jeunes anarchistes israéliens contre le mur, bien qu'élevés dans la mythologie sioniste, ont réussi à ouvrir les yeux sur l'autre, le camarade palestinien colonisé, et ils ont choisi leur camp : celui d'un Avenir avec les Palestiniens sans murs, dans l'égalité la dignité et le respect. C'est ce programme qui doit être célébré, parce que c'est la seule perspective d'avenir pour cette région, et pour nous tous où que nous vivions.

Posté par Adriana Evangelizt

Dimanche 04 Mai 2008

Il y a 60 ans, la Naqba

par Pierre Stambul

Les Israéliens parlent de l’indépendance d’Israël, proclamée le 14 mai 1948 et aussitôt entérinée par l’ONU. Pour les Palestiniens, c’est la Naqba, la catastrophe, la destruction de leur société et de leurs villages suivie de l’exil de la grande majorité de la population.

Aujourd’hui, il y a environ 5 millions de Juifs et 5 millions de Palestiniens qui vivent entre Méditerranée et Jourdain. Les premiers ont un Etat dit «Juif» et occupent 90% de l’espace. Les seconds connaissent marginalisation, discriminations, assassinats «ciblés», misère et privation des droits élémentaires. 60 ans après la Naqba, des millions de Palestiniens sont toujours réfugiés, dispersés dans des camps du Proche-Orient, voire exilés plus loin. 60 ans après, les Palestiniens continuent de payer pour un crime européen : le génocide nazi. 60 ans après, c’est l’impunité d’Israël malgré les violations constantes du droit qui permet la poursuite de la destruction de la Palestine. Une injustice majeure a été commise : un nettoyage ethnique et l’expulsion de tout un peuple de sa terre. Il n’y aura pas de paix sans réparation et cette paix devra reposer sur les droits fondamentaux qui s’imposent à tou-te-s.

Une rencontre improbable

Beaucoup de guerres trouvent leurs racines dans l’histoire ancienne et proviennent de la manipulation de la mémoire, de l’identité ou de la souffrance. Celle-ci ne fait pas exception.

Cette guerre est née de la rencontre improbable entre un peuple autochtone (le peuple palestinien) et des communautés juives (dispersées mais organisées autour d’un projet politique, le sionisme) qui ont eu recours au colonialisme pour conquérir un pays et s’y imposer.

L’histoire de la Palestine ancienne repose en partie sur les mythes bibliques. Ce qui est avéré, c’est qu’un peuple y a vécu (les Hébreux) mais jamais seul, toujours aux côtés d’autres peuples : Iduméens, Moabites, Philistins, Cananéens. Les Hébreux avaient une grande singularité : une religion monothéiste (la religion juive). Au départ de la guerre actuelle et du conflit des «légitimités», il y a la destruction du deuxième temple en 70 après JC. Les historiens divergent sur la suite. Pour certains, les Juifs se sont répandus dans le monde entier, mais cette dispersion («diaspora») ne pouvait être que provisoire et il était «normal» qu’ils effectuent un jour ou l’autre leur «retour». Cette interprétation est très discutable. C’est la religion qui s’est largement répandue. Les Juifs d’aujourd’hui sont largement les descendants de Berbères, Espagnols, Allemands, Khazars convertis au judaïsme et les Palestiniens sont un peuple autochtone, descendant de ceux qui sont restés en Palestine après la destruction du temple.

L’histoire des Palestiniens est celle des autres peuples de la région. Occupation romaine puis Byzantine. Lors de la conquête arabe, la langue et la culture s’imposent. La majorité de la population devient musulmane avec une minorité chrétienne. Au XVIe siècle, la Palestine devient une province ottomane et elle le restera jusqu’en 1918.

Existe-t-il UN peuple Juif ? Les Juifs du Maghreb, ceux de l’ex-empire russe ou ceux du Yémen n’ont pas grand-chose à voir entre eux. Il y a pour les Juifs dispersés une communauté de destin liée à la religion. Il y a le souvenir mythifié d’un passé idéalisé et une prière («l’an prochain à Jérusalem») qui n’a jamais été une aspiration à recréer un quelconque royaume. Les Juifs ont appris à vivre ou à survivre dans une situation de minorité. S’ils avaient un statut en pays musulman, ils ont subi en pays chrétien une longue suite de discriminations et de persécutions. L’antijudaïsme chrétien a produit l’interdiction de posséder la terre, l’enfermement dans le ghetto, les expulsions (la plus importante étant celle d’Espagne) et les pogroms. Quand l’émancipation des Juifs a commencé en Europe, cet antijudaïsme s’est transformé en antisémitisme racial, le Juif personnifiant pour les différents nationalismes l’obstacle à la création d’états «ethniquement purs». C’est dans ce contexte qu’est apparu le sionisme.

Le projet sioniste

C’est un projet multiforme. Il a un côté nationaliste. Alors qu’à la fin du XIXe siècle, les nationalismes explosent, à contre courant de la majorité des Juifs de l’époque qui entrevoient leur émancipation dans celle de l’humanité toute entière, le sionisme élabore toute une série de «mensonges fondateurs». Il théorise le «complexe de Massada», l’idée que l’antisémitisme est inéluctable, qu’il est vain de le combattre et que la seule issue est de fuir et de créer un Etat Juif. Il crée une notion revisitée de «peuple juif» avec une nouvelle langue (l’Hébreu) se substituant aux langues de la diaspora. Alors que la grande majorité des dirigeants sionistes ne sont pas croyants, les sionistes s’emparent du récit biblique pour revendiquer un prétendu retour en terre promise et la reconstitution d’une nation (le « royaume unifié » dont l’existence n’est pas avérée). La Palestine est présentée comme une «terre sans peuple pour un peuple sans terre».

Comment conquérir un pays ? Le sionisme a incontestablement un aspect colonialiste. Depuis plus d’un siècle, la même stratégie s’applique : s’emparer des terres, institutionnaliser le fait accompli, marginaliser le peuple autochtone, détruire son organisation sociale, expulser, repousser la frontière. En Palestine, comme dans les pays voisins, existait une communauté juive qui vivait sans heurts avec les Palestiniens d’autres religions. C’est la colonisation sioniste et la volonté de créer un Etat Juif qui déclenche dès les années 1930 le conflit actuel. La colonisation de la Cisjordanie entreprise après 1967 n’est pas un accident de l’histoire. Elle est la suite logique des terres palestiniennes confisquées après la Naqba et de la destruction des villages.

Le sionisme affirme offrir un «havre de paix» aux Juifs persécutés. Et pourtant, s’il y a un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est bien Israël et c’est à cause d’un projet qui n’est pas seulement criminel pour les Palestiniens : il est aussi suicidaire à terme pour les Juifs israéliens.

Le sionisme n’est pas un projet religieux au départ, mais l’apparition après 1967 du courant «national-religieux» qui justifie annexion et expulsion au nom de Dieu complique le conflit.

Le sionisme a un côté messianique. Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu «tuer» le Juif, le cosmopolite, l’universel. Il a fallu éradiquer les «valeurs» de la diaspora pour fabriquer un homme nouveau et une nation militariste, impérialiste voire raciste, méprisant ou ignorant le peuple autochtone privé de droit.

Le sionisme a également transformé Israël en pion avancé de l’Occident et de l’impérialisme au Proche-Orient. Aujourd’hui, Israël reçoit une aide colossale publique et privée des Etats-Unis et en même temps, aucun dirigeant américain ne semble en mesure de s’opposer à une décision qui ferait consensus chez les dirigeants israéliens.

Le sionisme a gommé les différences idéologiques. Dans les faits, la «gauche» sioniste a toujours suivi la droite qui depuis près de 80 ans est pour le «transfert» : l’expulsion des Palestiniens au-delà du Jourdain.

Le sionisme utilise la peur comme un carburant : «les Israéliens ont peur de ne plus avoir peur». Pour la propagande habituelle, toute contestation de la politique israélienne ne peut être qu’antisémite et vise à «jeter les Juifs à la mer». Cette instrumentalisation de l’antisémitisme et du génocide nazi (qui a permis la fondation de l’Etat d’Israël) se poursuit plus que jamais.

La paix passera par une sécularisation de la société israélienne, une « dé-sionisation » ou un dépassement du sionisme. Sans cela, ce seront les aventures militaires et les crimes de guerre sans fin.

La guerre de 48

L’ouverture des archives et le travail des «nouveaux» historiens israéliens sont venus conforter ce que les historiens palestiniens savaient depuis longtemps. Il n’y a plus de place au doute.

Tout d’abord, les années qui ont précédé la guerre ont été très défavorables aux Palestiniens : tandis que, depuis la déclaration Balfour, les Israéliens mettaient en place les instruments pour créer leur Etat, les Palestiniens ont été très affaiblis par la répression (de la part du colonisateur britannique) de la révolte de 1936. Ils ont eu beaucoup de morts, d’emprisonnés ou d’exilés.

Le partage de 1947 de la Palestine n’était pas seulement incompréhensible pour les Palestiniens (au nom de quoi les a-t-on amputés de leurs terres ancestrales ?), mais il était très inégalitaire : l’Etat juif prévu par la partition était plus grand que l’Etat palestinien alors que les Juifs étaient moins nombreux. Si 10000 Israéliens seulement vivaient dans l’Etat palestinien, plus de 400000 Palestiniens vivaient dans l’Etat juif. Au coeur de l'Etat palestinien, Jérusalem était internationalisé. Un tel partage était inacceptable. Il se faisait contre les Palestiniens. Pire, il préparait le départ des non-juifs du futur Etat juif. A contrario, l’acceptation du partage par la direction israélienne a été purement tactique, celle-ci se préparait à des conquêtes beaucoup plus importantes.

Cette guerre est présentée en Israël comme le combat de David contre Goliath, le «pauvre Israël» étant encerclé par des voisins hostiles. En réalité, il y avait un énorme déséquilibre en faveur des Israéliens. Ceux-ci ont au début du conflit 50000 hommes en arme contre à peine 10000 chez les Palestiniens. Et leur armement est beaucoup plus sophistiqué. De plus, aux côtés de l’armée israélienne et agissant de façon complémentaire, il y a les milices des futurs premiers ministres israéliens (l’Irgoun de Menahem Begin et le groupe Stern d’Yitzhak Shamir) qui n’hésitent pas à massacrer les civils.

Avant même le 14 mai, plus de 350000 Palestiniens ont déjà été chassés de chez eux. Plusieurs documents de la Haganah (l’armée «officielle» israélienne) montrent que l’expulsion a été intentionnelle. L’historien Ilan Pappé parle du plan Dalet qui a organisé ce nettoyage ethnique. Quand la propagande israélienne répète inlassablement que «les Arabes sont partis d’eux-mêmes» à l’appel de leurs dirigeants, il s’agit d’un mensonge fondateur destiné à masquer le crime qui s’est déroulé, il y a 60 ans.

L’aide internationale a été déterminante pour Israël qui a reçu pendant la guerre de grandes quantités d’argent et d’armes en provenance des Etats-Unis ou des pays de l’Est (Tchécoslovaquie, URSS). La «communauté internationale», malgré la guerre froide a trouvé un consensus facile : se débarrasser du problème juif (on est à une époque où des centaines de milliers de rescapés ne savent pas où aller, le Yiddishland a disparu) sur le dos d’un peuple innocent.

Le peuple palestinien a été trahi par les dirigeants des pays arabes voisins. Il n’y avait pas la moindre coordination entre les troupes irakiennes, syriennes, égyptiennes ou jordaniennes, chaque armée agissant pour son compte personnel. Pire, la Jordanie, qui avait l’armée la plus forte, avait un accord secret avec la direction sioniste. Elle ne s’est battue que sur le tracé de la frontière et sur la volonté israélienne de conquérir un territoire pour désenclaver Jérusalem. À la fin de la guerre, Jordaniens et Egyptiens se sont partagé les restes (la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza), ravis de faire disparaître la Palestine.

Le bilan de la guerre de 48, ce sont 6000 morts israéliens et 13000 morts palestiniens. Mais ce sont surtout 800000 expulsé-e-s. Les villages ont été détruits et leur trace a souvent été effacée. Dès 1949, les terres des expulsé-e-s ont été confisquées. Israël a reconnu formellement le droit au retour des Palestiniens au moment des armistices de 1949, mais tout a été fait pour rendre impossible ce retour.

Les Palestiniens qui ont échappé à l’expulsion en 1948 forment aujourd’hui avec leurs descendants 20% de la population israélienne. Certains dirigeants israéliens regrettent «qu’on n’ait pas achevé la guerre de 48», qu’on n’ait pas expulsé tous les Arabes. Dans un Etat qui se définit comme juif, les non-juifs sont des citoyens de seconde zone. De très nombreux emplois leur sont interdits. Ils ont connu la loi martiale. Ils subissent toute une série de discriminations. Le taux de pauvreté chez eux est beaucoup plus important que dans la population juive. Les Bédouins du Néguev dont les terres ont été volées vivent majoritairement dans des bidonvilles 60 ans après la Naqba.

Pourquoi la paix est-elle si lointaine ?

Le peuple palestinien est un peuple de réfugiés.
Pendant des années, tout a été fait pour effacer son existence, pou/r le diluer dans le monde arabe, pour transformer le conflit israélo-palestinien en guerre israélo-arabe. La guerre de 1967 est un tournant. Le gouvernement travailliste de l’époque prend la décision immédiate de coloniser les territoires occupés. Pour y parvenir, les travaillistes ont fortement contribué à créer le courant national-religieux. Cette mouvance intégriste représente aujourd’hui 25% de la société israélienne. 40 ans plus tard, il y a 500000 Israéliens installés en territoire occupé. Il y a les colons religieux qui ont accaparé les terres, l’eau, les routes. Mais il y a aussi les colons économiques attirés par les loyers à bas prix. Les limites de Jérusalem se sont considérablement étendues. Les nouvelles colonies du secteur (sur les ruines d’anciens villages palestiniens dont celui de Deir Yassine) deviennent des quartiers et sont progressivement intégrées à Jérusalem. La frontière a disparu. La ligne verte (la frontière de 1949) a été effacée. Elle ne figure sur aucune carte ou aucun livre scolaire israéliens. C’est une véritable société d’Apartheid qui s’est instaurée en Cisjordanie, en toute impunité.

Après 1967, le mouvement national palestinien s’est structuré. Il a tout essayé. Des années de lutte armée ont été ponctuées par des revers militaires face à l’occupant mais aussi face à la Jordanie et la Syrie. L’OLP a été contrainte à l’exil. C’est l’Intifada qui a provoqué une mutation majeure. En 1988, l’OLP abandonne son ancienne revendication («un seul état laïque et démocratique en Palestine») et reconnaît Israël dans ses frontières d’avant 1967, en ne revendiquant plus qu’un Etat Palestinien sur 22% de la Palestine historique (les territoires occupés). A priori, le nettoyage ethnique de 1948 ne diffère pas fondamentalement de la conquête et des annexions de 1967. La seule différence, mais elle n’est pas mince, c’est que le droit international reconnaît le fait accompli en 1948, mais ne reconnaît pas celui de 1967. L’OLP a fait en 1988 une concession énorme dont les dirigeants israéliens auraient dû se saisir pour obtenir enfin leur reconnaissance et leur insertion au Proche-Orient.

Jusqu’à l’assassinat de Rabin, on a pu croire qu’un tel processus aboutirait. Sauf que la nature de l’Etat d’Israël a radicalement changé après 1967. La colonisation des territoires palestiniens est devenue centrale dans le projet sioniste. Il est d’ailleurs significatif que Rabin lui-même a installé 60000 nouveaux colons entre les accords d’Oslo et son assassinat. Le rêve fou de faire venir tous les Juifs du monde entier en Israël a semblé possible avec la disparition de l’URSS.

Si les négociations avaient été basées sur le droit international et les droits fondamentaux, elles auraient dû aboutir rapidement. L’occupant ne l’a pas voulu. Il a sans arrêt mis en avant la question de la «sécurité de l’occupant». Il a refusé de s’engager dans la fin de la colonisation, le démantèlement des colonies, la libération des prisonniers et le retrait des territoires occupés. Il a multiplié les actes criminels, les humiliations, les assassinats ciblés. Il a superbement ignoré toutes les résolutions internationales (comme celle qui proclame que la construction du mur est illégale). Dernier acte criminel en date : le siège de Gaza destiné à affamer un peuple dont le principal tort est d’avoir mal voté.

Après l’échec des négociations, les dirigeants israéliens et leurs alliés américains se sont acharnés à faire porter sur les Palestiniens la responsabilité de l’échec. Ils ont exigé des Palestiniens une capitulation sur leurs droits historiques et sur le droit international (en particulier le droit des réfugiés). En fait, ce sont les Palestiniens qui «n’ont pas de partenaire pour la paix». Ils n’ont jamais rencontré de dirigeant israélien respectueux du droit.

Depuis Oslo, les différents gouvernements israéliens ont tout fait pour poursuivre la colonisation et rendre impossible la création d’un Etat Palestinien digne de ce nom. Il n’y a donc aucune perspective à continuer de discuter sur les bases actuelles. Le processus issu de la conférence d’Annapolis est mort-né. Pour vraiment négocier, il faudra en revenir au droit.

Quelle issue ? Quelle solidarité ?

La paix basée sur l’égalité et la justice passe avant tout par la fin de l’impunité d’Israël. Il faut sanctionner ce pays tant que durera l’occupation. Il faut un boycott politique, économique, sportif, moral, à l’image de celui qui a fait plier le régime de l’Apartheid. Ce boycott est demandé par de nombreuses associations palestiniennes. Il faut en finir avec une impunité qui conduit à la perpétuation d’une politique criminelle. Plus de 15% des Israéliens vivent hors d’Israël. La plupart des Israéliens voyagent. L’économie israélienne est totalement insérée dans la mondialisation libérale. Il ne fait pas de doute qu’un boycott suivi et organisé serait en mesure de convaincre les dirigeants israéliens que la fuite en avant n’est plus possible. Dans l’impunité israélienne, il y a aussi les crimes de guerre commis. Ceux-ci devront être jugés.

Malgré l’occupation, malgré une économie qui a été détruite, malgré une pauvreté et un chômage massifs, la société palestinienne résiste. Ce pays a vu naître une société civile multiple, des associations de toutes sortes, des ONG, une auto organisation et des coopératives. Les Palestinien-ne-s ont besoin de notre aide. Nous devons les aider économiquement, matériellement, mais aussi moralement en allant là-bas et en témoignant de l’injustice majeure qu’ils/elles vivent depuis 60 ans. Il faut établir des jumelages, créer des projets concrets, briser le blocus de Gaza. Cette solidarité doit s’étendre aux Palestiniens d’Israël, citoyens de seconde zone et aux éternels oubliés, les réfugiés.

Une jonction, une convergence ont commencé à s’établir entre la petite minorité «anticolonialiste israélienne» (les refuzniks, l’Alternative Information Center, les Anarchistes contre le Mur, Les Femmes en Noir, le Bloc de la Paix …) et les Palestinien-ne-s. Cette convergence est fondamentale parce qu’elle porte en germe les termes d’une vraie paix. Nous devons la soutenir énergiquement.

Enfin, le moteur du sionisme, c’est le «complexe de Massada», c’est la peur, ce sont les mécanismes utilisés pour persuader les Israéliens et les Juifs que toute inflexion de la politique actuelle aboutira à leur disparition. C’est la transformation de l’occupant en victime. Nous devons être très clair-e-s. La paix passe par l’égalité des droits entre les différents peuples de la région et le refus de toutes les formes de racisme ou de discrimination. En ce sens, l’antisémitisme, comme toutes les autres formes de racisme, est un crime et doit être dénoncé sans retenue. Mais son instrumentalisation aussi est un crime. Les dirigeants sionistes n’ont aucun droit à parler au nom des Juifs ou au nom du génocide nazi. Ils n’ont aucun droit à détruire la Palestine au nom d’un crime européen. Nous devons chercher à briser le front intérieur en Israël et à persuader les citoyens que leur avenir passe par une paix équitable et pas par la poursuite d’une aventure criminelle.

Pierre Stambul

Posté par Adriana Evangelizt

Dimanche 04 Mai 2008

 





LES FILLES ET FILS DE MAREK EDELMAN......

et d’ Henri Curiel, Schmerke Kaczerginski, Lucien David Fayman, Jacov Stambul, Dvoira Vainberg…




A 65 ans du soulèvement du Ghetto de Varsovie, nous rendons hommage a tous ceux, modestes héros et héroïnes qui ont engagé leur vie dans une
bataille face à l'armée d'un pouvoir qui contrôlait presque toute
l'Europe.


Face à l’oppression, il y a toujours résistance : contre le nazisme en France, à Vilnius, en Allemagne même et, des années après, en Egypte et en Algérie contre le pouvoir colonial aussi bien qu’en Afrique du Sud contre l’apartheid.

Il en est de même aujourd’hui : les masques changent mais c’est toujours le même combat.

Nous, filles et fils de résistants au nazisme, affirmons notre soutien à la résistance palestinienne, car le pouvoir sioniste en Israël, a usurpé notre nom collectif (juifs), pour en notre nom disent-ils, mener une politique de répression coloniale féroce et d'apartheid.

L'hommage à nos parents, martyrs ou survivants, est à l'unisson de l'hommage aux résistants du peuple palestinien dont les droits fondamentaux, humains et nationaux sont bafoués, jour après jour depuis 60 ans


Lililane Cordova Kaczerginski, fille de Schmerke Kaczerginski qui a participé à la création de la F.P.O., Fareinigte Partizaner Organizatie (Organization Unifiée des Partisans) dans le ghetto de Vilnius en 1941.

Après le départ du ghetto par les égouts, il a combattu dans les rangs de la Guérilla Lituanienne en Biélorussie sous commandement soviétique; a participé a l'explosion des 50 trains de l'armée nazie; décédé en Argentine.

Sonia Fayman, fille de Lucien David Fayman, membre de la Sixième, réseau de résistance des Eclaireurs israélites de France (cache d’enfants) et du réseau Buckmaster (parachutage d’armes et attentats contre l’occupant nazi), arrêté par la Gestapo à Toulouse, torturé, emprisonné à Fresnes puis à Compiègne. Déporté à Buchenwald, Dora, Hartzungen jusqu’à la libération. A consacré sa retraite à décorer les Justes qui ont caché des enfants au péril de leur vie. Décédé en 2007.

Pierre Stambul, fils de Jacov Stambul (Bessarabien), membre de la MOI et du groupe Manouchian ("triangle" de Boczor). Arrêté en novembre 1943. Torturé par la police française (simulacre d'exécution). Déporté à Buchenwald, libéré en mai 1945. Décédé en 1989. Et fils de Dvoira Vainberg (Bessarabienne), membre de la MOI à Paris, décédée en 1997.

Patrick Feldstein, fils de Mordechaï Feldstein né à Paris en 1927 décédé en 1993 et petit fils de Pinkus Feldstein connu dans le réseau sous le nom de Louis Lefèvre, né à Ploeisti en 1895 en Roumanie, décédé en 1971, tous les deux résistants à Lyon dans le réseau FTP M.O.I Carmagnole et plus tard à l'UJRE en 1943. Pinkus Feldstein ancien du bataillon Fraenkel de la brigade Dombrowski jusqu'en 1937 pendant la guerre d'Espagne. Tous les deux ont refusé toutes les médailles et tous les honneurs que la France leur proposait.

Posté par Adriana Evangelizt

Mardi 11 Mars 2008

ADRESSE AU GOUVERNEMENT FRANÇAIS :
HALTE AU MASSACRE A GAZA !
NE RIEN FAIRE, C’EST ETRE COMPLICE !



Le gouvernement israélien prépare ouvertement l’opinion mondiale à l’invasion de la bande de Gaza. Cette invasion a déjà commencé avec plus de 60 civils tués pendant la seule journée du 1er mars.

Depuis des mois, la bande de Gaza, décrétée « entité hostile » est soumise à un blocus ignoble. Le gouvernement israélien s’arroge le droit d’affamer un million et demi de personnes. On manque de tout à Gaza : de vivres, d’eau, d’électricité, de médicaments, de cahiers …
Un pas supplémentaire vient d’être franchi. Les morts que l’occupant appelle pudiquement « terroristes », « assassinats ciblés » ou « dommages collatéraux » sont des citoyens ordinaires, des civils qui ne demandent qu’à vivre normalement.

Par son silence, par son refus de condamner les auteurs de ces crimes contre l’humanité, la communauté internationale est COMPLICE.
Nous demandons que le gouvernement français

-- Condamne avec la plus grande clarté les crimes commis à Gaza par l’armée israélienne ainsi que le siège de la bande de Gaza mis en place par le gouvernement israélien.
-- Qu’il fasse condamner l’Etat d’Israël par le Conseil de Sécurité pour les crimes commis à Gaza et EXIGE l’arrêt immédiat de ces violences.
-- Qu’il pèse sur l’Union Européenne pour qu’elle condamne immédiatement cette violence inacceptable et mette en place les sanctions qui s’imposent contre Israël : suspension de toutes les coopérations économiques, politiques et culturelles.
-- Qu’il cesse de faire un parallèle entre l’occupant et ses victimes et propose le blocus d’Israël tant que durera le blocus de Gaza.
-- Qu’il mette fin à l’impunité des dirigeants israéliens coupables de crimes de guerre et exige l’application de toutes les lois internationales violées par Israël.

Le bureau national de
L’Union Juive Française pour la Paix

Sources Adriana Evangelizt

Mardi 11 Mars 2008

L'Union Juive Française pour la Paix au Salon du Livre

Le Salon du Livre a choisi de faire d'Israël son invité d'honneur pour les 60 ans de la naissance de cet Etat. Nous avons d'emblée dénoncé ce choix au moment où cet Etat viole systématiquement le droit international, nie les droits du peuple palestinien, multiplie les crimes de guerre. Mais cela ne nous paraissait pas suffisant.

Depuis des mois, l’UJFP travaille donc avec les Editions la Fabrique -auxquelles elle est associée par l'intermédiaire de sa revue « de l’autre côté » - à contrer cette opération sur le terrain du salon du Livre -qui appartient à tout le monde et non à Israël- en créant un pôle avec ceux pour qui ce sont les 60 ans de la Naqba qu'il faut rappeler, ceux pour qui c'est Israël qui doit être sanctionné et boycotté tant qu'il mène cette politique criminelle. Pour cela nous avons invité plusieurs auteurs connus pour leur travail et leur lutte, ceux qu'avec « La Fabrique » nous faisons connaître car ils combattent l'occupation. Les menaces, nous en avons déjà reçues, notre stand fait scandale en tant que tel. Des auteurs tels que Amira Hass, Michel Warschawski, Ilan Pappe, Eyal Weizman, Jamal Zahalka (député du front national démocratique en Israël et auteur d articles), Yael Lerer (directrice des éditions Andalous qui traduisent la littérature arabe en hébreu pour faire connaître la culture arabe) sont invités à prendre la parole dans différents débats à l'intérieur du salon sur notre stand, ou sur une aire de débat indépendante à l'extérieur du salon, à Sciences Po et Reid Hall .

La situation terrible faite à Gaza par les gouvernements israéliens successifs depuis plusieurs mois, plusieurs années, s'aggrave encore. On en est aujourd'hui à de véritables massacres de populations civiles. Que cela rende furieux et révèle cruellement notre impuissance est un fait que nous ne pouvons que partager. Que cela serve de prétexte à détruire un travail construit dans la plus grande transparence et lisibilité pour lutter contre la place d’honneur attribuée a Israël serait stupide et sans objet.
Aujourd'hui, Aaron Shabtai, invité de la délégation israélienne, refuse de mettre les pieds au salon du livre, c'est bien sûr tout a son honneur. Qu'Ilan Pappe, invité par Fayard pour la sortie de son dernier ouvrage, et par nous pour porter cette parole, préfère le boycott pur et simple, nous le comprenons. Que l’on exige de nous ou des écrivains que nous invitons qu’ils se retirent et ne fassent pas le travail politique que nous comptons faire ensemble serait pure réaction irrationnelle et contre productive. Cela ne servirait qu’à réjouir ceux qu’il s’agit de contrer. Quant à nous, partisans du boycott et de sanctions contre l'Etat israélien en raison de ses crimes, nous y serons et nous y ferons le travail que nous nous sommes promis d y faire : diffuser d'autres idées et d'autres points de vue sur Israël aux 200 000 visiteurs qui viendront comme chaque année parcourir les allées du salon.

Boycotter Israël, ce n'est pas boycotter les Israéliens qui en Israël même se battent contre les crimes de leur gouvernement et de leur armée. Quand nous avons boycotté l'Afrique du Sud, nous n'avons pas boycotté l'ANC ni les écrivains blancs anti apartheid.

Nous ne laisserons pas Israël occuper le salon du livre et prendre en otage les deux cent mille visiteurs du salon sans contradiction.

Posté par Adriana Evangelizt

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