S'il ne tenait qu'aux citoyens ordinaires, Cher Tutu, il y a longtemps qu'aurait pris fin ce qui règne en Palestine. Effectivement si plus de six milliards de personnes se mettaient en branle vers là-bas, ça ferait du bruit. Et beaucoup de boulot pour Tsahal. Mais voilà... ce que pensent les citoyens ordinaires n'est pas pris en compte par la poignée d'individus lâches et complices des crimes sionistes. Aucun n'a le courage de dire "Il faut que cela cesse !". Aucun. Et si vous croyez que c'est à cause du remords de l'holocauste, vous vous trompez. Ils ont tout simplement peur des représailles.
Tutu : Le monde ne critique pas Israël à cause de l'holocauste
Par Reuters
Le lauréat du prix Nobel de la Paix sud-africain, l'Archevêque Desmond Tutu, a accusé jeudi l'Occident de complicité dans la souffrance des Palestiniens par son silence, en suggérant qu'il ne voulait pas critiquer Israël à cause de l'Holocauste.
Tutu s’est exprimé ainsi après avoir remis un rapport à l'ONU au sujet du bombardement israélien mortel sur la ville de Beit Hanoun dans la bande de Gaza en Novembre 2006 qui, selon lui, pourrait constituer un crime de guerre.
Il a critiqué la communauté internationale qui ne s’élève pas contre la souffrance dans la bande de Gaza, où vivent 1,5 millions de Palestiniens sous blocus israélien.
"Ce silence engendre la complicité», a t-il déclaré au Conseil des Droits de l’Homme de l'ONU.
Tutu a déclaré plus tard dans une conférence de presse: «Je pense que l'Occident se sent, à juste titre, contrit, pénitent, pour sa terrible connivence dans l'Holocauste."
«La pénitence est payée par les Palestiniens. J'espère juste qu’encore une fois les citoyens ordinaires en Occident se réveilleront et diront : «Nous refusons de participer à cela"", a t-il ajouté.
Le Conseil des droits de l'homme basé à Genève, qui avait demandé une enquête indépendante sur la frappe israélienne qui a tué 19 Palestiniens d’une même famille sauf un, a discuté jeudi du rapport sur sa mission d'enquête effectuée en mai dernier.
Après avoir effectuée sa propre enquête, l'armée israélienne avait déclaré en Février qu'elle avait dirigé ses tirs d'artillerie sur une zone de Beit Hanoun le 8 novembre 2006, en se basant sur des renseignements indiquant que des militants préparaient des attaques à la roquette.
L’ambassadeur d'Israël, Aharon Leshno Yaar, a déclaré jeudi au Conseil : "Une enquête interne approfondie a été menée et les résultats de cette enquête ont été présentés aux Nations Unies. Ca ne sert à rien de ressasser cette affaire maintenant."
Mais Tutu, qui a remporté en 1985 le Prix Nobel de la Paix pour sa lutte non violente contre l'apartheid dans son pays d'origine, a déclaré que sa mission n'a jamais eu accès au rapport interne des Israéliens.
Il est regrettable qu'Israël n’ait pas coopéré avec son équipe, même s’il a admis la responsabilité de la frappe.
"Aucune explication vérifiable l’a été proposée, aucune enquête indépendante, impartiale et transparente n’a eu lieu, personne n'a été tenu pour responsable", a dit Tutu.
Au cours de ses entretiens avec de hauts responsables du Hamas, Tutu dit qu'il a demandé qu'il soit mis fin aux tirs de roquettes sur Israël, en disant que le Hamas avait l'obligation de respecter le droit international humanitaire.
"Les familles vivant à Sderot ont le droit de vivre sans la peur des roquettes, même rudimentaires, qui tombent du ciel. ».
L’an dernier, Israël et l'Occident ont renforcé les restrictions imposées à la bande de Gaza pour tenter d'isoler le Hamas après que ses combattants aient pris le contrôle du territoire. Le groupe islamiste s’est opposé aux négociations de paix avec Israël du Président palestinien Mahmoud Abbas.
L’ambassadeur palestinien, Mohammad Abu-Koash, a déclaré que le rapport de Tutu devrait être porté à l'attention aussi bien de la Cour internationale de Justice que de la Cour pénale internationale.
"Les bombardements israéliens sur des civils à Beit Hanoun qui dormaient dans leurs maisons et la prise pour cible de ceux qui fuyaient est un crime de guerre et ses auteurs doivent être traduits devant la justice internationale», a t-il dit dans un discours.
SourcesISM
Posté par Adriana Evangelizt
Un petit résumé du livre d'Idith Zertal, La nation et la Mort, par Capjo-Palestine
La Nation et la Mort
par Idith Zertal

Dominique Vidal salue à juste titre, dans le Monde Diplomatique, la parution du livre d’Idith Zertal, « La Nation et la Mort » (Editions La Découverte) en le présentant comme « engagé et nuancé » et en faisant au passage un coup de pied de l’âne à Norman Finkelstein, auteur de « L’industrie de l’Holocauste », dont il écrit : « on est loin des simplifications d’un Norman Finkelstein ». Pourtant, Edith Zertal vient au contraire illustrer, avec davantage d’exemples et d’arguments, les propos de Norman Finkielstein sur l’instrumentalisation de la Shoah. Là où le pamphlétaire américain mettait principalement en accusation le comportement du lobby juif américain, l’historienne israélienne vise l’Etat d’Israël et ne mâche pas ses mots pour dénoncer la manière dont « Auschwitz est régulièrement évoqué et invoqué chaque fois que l’Etat d’Israël se trouve confronté à un problème politique ».
« La Shoah, écrit-elle, est devenue une éventualité permanente et une idéologie à tout faire ».(Pas très "nuancé », n’en déplaise à Monsieur Vidal).
Idith Zertal, dénonce ainsi la manière dont l’Etat d’Israël « s’est approprié le ghetto de Varsovie comme représentatif de l’héroïsme des pionniers sionistes et non de la diaspora », allant même jusqu’à faire croire que les insurgés avaient un projet sioniste, ce qui est faux , la plupart d’entre eux étant non sionistes, voire antisionistes, comme le rappelle l’auteur. Après la guerre, les dirigeants israéliens refusèrent même de publier en hébreu le récit de Marek Edelman, l’un des leaders de l’insurrection de Varsovie, parce qu’il avait refusé d’émigrer en Israël et qu’il présentait une version des faits qui ne plaisait pas aux sionistes.
L’historienne s’indigne aussi de la différenciation constamment opérée par les dirigeants israéliens entre la mort de l’immense majorité des juifs persécutés, présentés comme une masse passive se laissant conduire à l’abattoir et « la belle mort » des rebelles, qu’ils n’ont jamais considérés comme une émanation de la diaspora, ce qu’ils étaient pourtant. De quel droit, écrit-elle la communauté juive de Palestine, à l’abri de la domination nazie, se permettait-elle de juger le comportement de la diaspora, présentée comme une « masse obscure et implorante de populations aveugles » ? Ce qui est d’autant plus inadmissible, souligne-t-elle, que « les sionistes de Palestine ne firent pas tout ce qu’ils pouvaient pour sauver leurs coreligionnaires européens de la destruction ». « Pendant toute la durée de la guerre, les ghettos de Pologne ne reçurent pas un seul envoyé de Palestine ». A aucun moment, souligne Idith Zertal, ils n’ont encouragé d’autres soulèvements dans d’autres ghettos, ni la constitution de groupes de partisans dans les forêts de Pologne. Pour Ben Gourion, explique-t-elle, consacrer de l’énergie à des tentatives de sauvetage ne présentait pas d’intérêt, et il estimait que la construction d’un Etat Israélien fort était autrement plus importante. Ce qui ne l’a pas empêché, dénonce l’auteur, de traduire en justice après la guerre des « collaborateurs » juifs dans les camps de concentration, qui « s’étaient retrouvés dans des situations de survie inimaginables ». « Des juifs qui n’avaient pas vécu dans l’Europe occupée, traînaient en justice des juifs qui en venaient et qui avaient subi les rafles et les persécutions »
De même, l’historienne expose « la manipulation des rescapés » du génocide par Israël dans l’affaire d’Exodus en 1947, son « mépris pour les vies humaines » qui entraîna la mort de bébés de trois mois à bord du bateau que les dirigeants israéliens ne voulaient pas voir accoster ailleurs qu’en Israël, malgré les propositions de Léon Blum et du gouvernement danois. Et quel sort réserva le gouvernement
Posté par Adriana Evangelizt
Critique du livre d'Idit Zertal qui met le doigt sur l'instrumentalisation des rescapés de la Shoah par le Sionisme et par ses cyniques dirigeants...
Des rescapés pour un État.
La politique sioniste d ’immigration clandestine en Palestine 1945-1948
d'Idit Zertal
Paris, Calmann-Lévy,2000,388 p.
par Jacques Ehrenfreund.
Réfléchir sur le sionisme constitue encore aujourd’hui (au lendemain de la conférence de Durban qui a voulu l’assimiler à une forme racisme) une gageure pour l’historien. Entre l'apologie et le discrédit, entre l'adhésion sans distance et l’opposition aveugle voire la démonisation, ce sujet suscite d’intarissables passions. Depuis une dizaine d ’années, à la suite de la décrispation idéologique consécutive à l'ouverture d’un ialogue israélo-palestinien (on peut se demander si la «nouvelle histoire résistera à la mort du processus d’Oslo) une autre histoire d’Israël a vu le jour, sous la plume d’une nouvelle génération d’historiens israéliens qui s’est attaquée systématiquement aux «mythes fondateurs » de leur pays. Le livre d’I. Zertal s’inscrit dans cette ligne historiographique de «réévaluation des mythes des origines » (p.11). Il traite de la difficile question du rapport entre le judéocide européen et la création de l ’État juif, il se penche plus précisément sur le sort des rescapés et leur instrumentalisation par le mouvement sioniste. Pour comprendre en quoi il est en rupture par rapport à l'historiographie traditionnelle, il est utile de rappeler que pour celle-ci, l’intégration des rescapés de la Shoah était la raison d’être de l’État des juifs, ce dernier ayant donc tout fait ou presque, pour accueillir et intégrer cette population.
À travers la question des rescapés, c’est donc un nœud gordien de l ’histoire du sionisme qui est abordé, celui de son rapport à la diaspora, à laquelle dans un mouvement dialectique il entendait se substituer. Le nationalisme juif, comme nous le rappelle justement l’auteur, ne visait pas uniquement à trouver une solution politique à la «question juive », il se voulait comme tant d’autres mouvements politiques contemporains l’inventeur d’un «homme nouveau ». Le «juif nouveau » devait être exempt des nombreuses «tares » et déformations héritées de l l’exil ; si le juif exilique était effarouché, peureux, incapable de résistance physique, le juif nouveau serait guerrier et combatif. Le juif ancien s ’était laissé mener comme «du bétail à l l’abattoir », le sabra serait l’incarnation du courage et de la résistance. La rencontre entre les militants sionistes issus du judaïsme européen, mais en rupture de ban avec lui, relève donc bien d’un «[…]face-à-face à la fois social, culturel, psychologique et d’une rare portée politique.»(p.16). Cette rencontre résume les impossibles retrouvailles entre les sabras et cette partie d’eux-mêmes –leur passé – qu’ils souhaitaient oublier et à laquelle le présent les renvoyait avec violence. Un peu à la manière de Tom Segev ans Le septième million, I.Z. tente une présentation de l’incompréhension, voire de l ’indifférence du Yishouv face au drame juif européen.
On le voit, le projet est ambitieux ; pour le mener à bien l’Auteur s ’est penchée sur les archives laissées par l’organisation en charge de l ’immigration illégale, le Mossad le Alyah Bet. Structuré en trois parties d’inégale importance, le livre commence par décrire les opérations menées par le Mossad ans trois pays européens. Ainsi sont passées en revue les principales actions d ’éclat, I.Z.s ’arrêtant bien sûr longuement sur l’épisode de l’Exodus devenu depuis le film d’Otto Preminger, le symbole de cette lutte pour les rescapés. L ’Auteur déconstruit cette histoire, en mettant en évidence l’indigence des moyens et en conséquence l’utilisation des médias comme alliées de poids dans la lutte contre la puissance mandataire anglaise. Tout au long de cette partie, elle insiste sur le fait, qu ’en définitive, les rescapés étaient un instrument efficace pour l ’exécutif sioniste qui visait «en s ’appuyant sur l’exceptionnel levier que constituait la détresse des rescapés, [à atteindre ] l’objectif suprême de la direction sioniste : la création d’un État souverain en Palestine » (p.11). Dans un deuxième temps, l ’Auteur propose une prosopographie des hommes du Mossad, ainsi qu ’une présentation des débats au sujet des rescapés au sein de l ’organisation sioniste. Là encore, I. Zertal désenchante le récit mythique pour confronter le lecteur à une réalité souvent mesquine, faite de luttes de pouvoir et de personnes.
La troisième partie du livre est d’une autre nature. Plus courte que les deux autres, elle s s’intitule «les mentalités collectives » et cherche à présenter les débats au sein de l ’exécutif sioniste concernant les rescapés. En ligne de mire de l ’historienne, David Ben Gourion, le chef charismatique et incontesté du mouvement sioniste apparaît comme l’homme de toutes les manipulations. «De façon immédiate et concrète, elle [la question des rescapés ] fournit à Ben Gourion la matière première dont il avait besoin pour mettre véritablement en œuvre sa stratégie, exploiter la tragédie juive. Il voyait dans la création d’un État hébreu sur les ruines de la diaspora une sorte de rédemption profane du peuple juif » (p.239). Peu de mentalités dans cette partie en réalité, mais un réquisitoire contre un homme que son idéologie aurait rendu aveugle, insensible à la souffrance des siens.
En guise de conclusion, l’historienne cède la place à la critique littéraire ; elle présente et analyse en effet deux textes de leurs auteurs centraux de la jeune littérature sioniste : Y.Sadeh et N. Altermann. En se fondant sur ces seuls textes, elle réaffirme la violence du sentiment antidiasporique de ces deux auteurs et à travers eux de la jeune génération du Yishouv . Elle revient sur ce qui semble constituer l’épicentre de ce qu ’elle veut nous dire : le sionisme s’est construit sur une négation radicale et sans nuance de la Galout . «C ’est le sionisme comme discours organisé de la virilité et de la force qui se construit sur et naît de la catastrophe du génocide.» (p.292)
Pourtant, est-il possible de traiter de cette importante et difficile question de la négation de la Galout à travers l’action d’une organisation secrète telle que le Mossad ? N ’y a t-il pas inadéquation entre la question posée et les moyens mis en œuvre pour y répondre ?
Plus encore, l’Auteur procède minutieusement tout au long du livre à une mise en accusation du sionisme : celui-ci a procédé, on l’aura compris, à une instrumentalisation infâme, il a utilisé la souffrance d’une population que tout à la fois il niait et affirmait représenter. Pourtant dans ce long travail, l’historienne ne procède-t-elle pas elle-même à une instrumentali-
sation de même ordre que celle qu ’elle dénonce ? Tout au long de sa réflexion, il n ’est à aucun moment question des rescapés eux-mêmes, dont pourtant les témoignages abondent et qu'elle aurait pu interviewer. I. Zertal ne se pose jamais la question de la volonté des rescapés eux-mêmes, de leur volonté politique, ces derniers sont les grands absents de ce livre, dans lequel il n ’ont pas le droit de cité.
En réifiant son sujet d ’étude, ne tombe-t-elle pas dans le même travers que le sionisme qu’elle critique ? La nouvelle histoire d ’Israël, qu’une nouvelle génération d’historiens essaie de brosser, se fonde sur une louable volonté de démystification, de dépassement des mythes. Mais en procédant à une simple inversion des thèses sionistes, ne prend-elle pas le risque de faire passer à la trappe la vérité historique ? Si dans cette dialectique de l’histoire nous en sommes maintenant au stade de l ’antithèse, il faudra sans doute attendre encore une génération avant qu ’une synthèse soit réalisée.
Sources ASSR
Posté par Adriana Evangelizt



